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Les gros porteurs interdits à Ben Gurion pour réduire le bruit et la pollution

La réforme devrait entrer en vigueur en 2023, et ne concernera que les transporteurs de fret, les compagnies transportant des passagers n’utilisant plus ce type d’avion à Tel Aviv

Un Boeing 747 d'El Al. Illustration. (Crédit : Yossi Zeliger/Flash90)
Un Boeing 747 d'El Al. Illustration. (Crédit : Yossi Zeliger/Flash90)

L’Autorité aéroportuaire israélienne (IAA) a déclaré qu’elle comptait réduire le bruit et la pollution atmosphérique à l’aéroport Ben Gurion en interdisant les avions civils quadrimoteurs, y compris les Boeing 747 et autres gros porteurs, à partir de l’année prochaine.

Cette mesure, annoncée jeudi, n’affectera probablement pas les grandes compagnies aériennes desservant le principal aéroport international d’Israël, la plupart d’entre elles ayant déjà abandonné les quadrimoteurs au profit d’avions bimoteurs, mais elle pourrait avoir un impact sur les transporteurs de fret qui continuent à utiliser ces avions pour le courrier et d’autres marchandises.

L’IAA a déclaré qu’elle avait commencé à informer les transporteurs de la réforme, qui devrait entrer en vigueur fin mars 2023, afin de leur donner le temps de s’y préparer.

Le chef de l’IAA, Hagai Topolansky, a déclaré que l’interdiction était « la première étape d’un plan plus large actuellement en cours d’élaboration », car Israël cherche à moderniser ses aéroports pour répondre à la demande croissante tout en relevant les défis environnementaux.

« J’ai donné des instructions aux instances concernées de l’autorité pour lancer des mesures visant à réduire le niveau de bruit à l’aéroport afin de limiter les menaces pour l’environnement et d’améliorer la situation des villes environnantes touchées par l’activité de l’aéroport Ben Gurion », a déclaré Topolansky, un général des forces de défense israéliennes à la retraite qui a pris ses fonctions en juin.

Le communiqué précise que certaines exceptions à cette mesure seront autorisées, comme l’arrivée d’un président américain en Israël à bord d’un avion Air Force One, qui est actuellement un Boeing 747-200 quadrimoteur.

Air Force One, transportant le président américain Joe Biden, atterrit à l’aéroport Ben Gurion près de Tel Aviv, en Israël, le 13 juillet 2022 (Crédit : Ariel Schalit/AP)

La plupart des compagnies aériennes sont déjà passées au cours des dernières années à des avions bimoteurs, la technologie des moteurs s’étant améliorée, les bimoteurs offrent aujourd’hui de meilleures performances à un moindre coût.

La compagnie nationale El Al a fait voler son dernier gros porteur, un 747-400, en 2019. Delta, qui a un temps desservi Israël avec un 747-400, a mis l’avion hors service en 2018.

Si certaines compagnies aériennes qui desservent Tel Aviv continuent d’utiliser l’Airbus A340 et l’A380 – le plus grand avion de passagers au monde – aucune ne les utilise pour des vols vers Israël.

Toutefois, un certain nombre de transporteurs de fret, notamment CAL Cargo Airlines, basé en Israël, continuent d’utiliser des 747 pour expédier du fret vers et depuis Israël.

Un Airbus A380 de Lufthansa atterrit à Francfort, en Allemagne, le jeudi 14 février 2019. (Crédit : Michael Probst/AP)

Il s’agit de la deuxième déclaration importante faite par l’IAA en l’espace de deux semaines.

Le mois dernier, l’Autorité avait annoncé que Topolansky avait alloué plus de 50 millions de shekels pour le projet de transformation numérique de l’aéroport Ben Gurion, qui permettra de réduire considérablement les temps d’attente en contournant les procédures fastidieuses.

Selon ce projet, qui devrait être opérationnel d’ici le début de l’année prochaine, les passagers en partance pourront peser leurs bagages eux-mêmes et payer pour un poids supplémentaire si nécessaire nécessaire grâce aux nouvelles bornes de service baptisées « Touch-and-Play » par l’IAA.

Les passagers pourront également y imprimer des étiquettes à bagages et envoyer eux-mêmes leurs bagages à l’avion, ce qui rendra obsolètes les premières files d’enregistrement à l’aéroport.

Des passagers faisant la queue pour l’enregistrement à l’aéroport Ben Gurion, le 25 septembre 2020. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

Ofer Lapler, porte-parole de l’Autorité aéroportuaire israélienne, a déclaré en juin que le nombre de passagers et de vols avait augmenté de 340 % à l’aéroport Ben Gurion depuis mars et que l’aéroport devait faire face à un manque de 1 400 travailleurs, une situation similaire à celle des aéroports à travers le monde.

Selon l’autorité de l’aviation civile israélienne, l’aéroport Ben Gurion atteindra sa capacité de 40 millions de passagers et de 250 000 vols par an d’ici 2029.

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