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Les immigrants ukrainiens en Israël seront reconnus comme réfugiés

Ces immigrants juifs, qui arrivent des zones de guerre, obtiendront une aide financière de l'État ; le nombre de visas de travail distribués aux réfugiés va être débattu

Des réfugiés israéliens et ukrainiens arrivent grâce à un vol de secours à l'aéroport international Ben Gurion, près de Tel Aviv, le 3 mars 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)
Des réfugiés israéliens et ukrainiens arrivent grâce à un vol de secours à l'aéroport international Ben Gurion, près de Tel Aviv, le 3 mars 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Les Ukrainiens qui viennent en Israël dans le cadre du conflit actuellement en cours seront reconnus comme des immigrants fuyant une zone de guerre et ils obtiendront un soutien financier de l’État.

Le ministère de l’Immigration et de l’Intégration a annoncé que les nouveaux immigrants d’Ukraine bénéficieront d’un statut particulier qui leur permettra de recevoir une allocation unique de la part de l’État d’environ 6 000 shekels par immigrant, de 11 000 shekels par couple et de 15 000 shekels par famille.

Ceci vient s’ajouter aux avantages offerts par le ministère suivant les six premiers mois de l’arrivée au sein de l’État juif – des avantages qui correspondent approximativement à 19 000 shekels pour une personne seule et à 36 000 shekels pour une famille.

Au mois de juin 2021, un peu plus de 3 100 personnes avaient immigré au sein de l’État juif depuis l’Ukraine, mais les responsables s’attendent à l’arrivée de dizaines de milliers de personnes en provenance du pays ravagé par la guerre cette année.

La ministre de l’Intérieur Ayelet Shaked a déclaré, la semaine dernière, que l’État juif devait se préparer à accueillir « des dizaines de milliers, voire des centaines de milliers d’immigrants » depuis l’Ukraine, la Russie et les pays de l’ex-Union soviétique.

Il y a, en Ukraine, environ 43 300 personnes qui s’identifient comme juives et environ 200 000 personnes qui sont éligibles à l’immigration en Israël en vertu des dispositions de la Loi du retour, selon une étude démographique de la communauté juive européenne qui avait été réalisée en 2020.

Des étudiants israéliens de retour d’Ukraine grâce à un vol de secours sont accueillis par leurs familles à l’aéroport international Ben Gurion, près de Tel Aviv, le 1er mars 2022. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Trois vols transportant des nouveaux immigrants – des Ukrainiens de Pologne, de Moldavie et de Roumanie – doivent atterrir dimanche en Israël.

La ministre de l’Immigration et de l’Intégration, Pnina Tamano-Shata, a dit lors d’une audience qui a eu lieu la semaine dernière que des milliers d’Ukrainiens étaient entrés en contact avec l’Agence juive pour Israël pour se renseigner sur l’immigration au sein de l’État juif.

Des réfugiés ukrainiens dans un refuge d’urgence à Chisinau, en Moldavie, le 5 mars 2022. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

En raison du conflit, Shaked a annoncé qu’elle dispensait, pour les trois prochains mois, les nouveaux immigrants d’Ukraine ou de Russie, de fournir un document officiel prouvant qu’ils n’ont pas de casier judiciaire dans leur pays d’origine.

Shaked et le ministre de la Diaspora Nachman Shai doivent participer à une audience de la Knesset, dimanche matin, consacrée aux moyens à mettre en place par l’État pour intégrer cette nouvelle vague de migrants.

La ministre de l’Intérieur a signalé, dimanche matin, que l’Etat juif pourrait chercher à limiter le nombre de réfugiés ukrainiens accueillis dans le pays.

Shaked a déclaré que sur les 2 034 Ukrainiens qui sont arrivés depuis le début de la guerre, environ 10 % étaient éligibles à la citoyenneté israéliennes, selon les dispositions de la Loi du retour. Elle a prédit qu’au rythme actuel, il y aurait 15 000 personnes qui viendraient d’Ukraine d’ici la fin du mois.

« Il est impossible de continuer à ce rythme. Nous devons décider d’une politique. Relativement à sa taille, l’État juif a fait venir plus d’Ukrainiens que n’importe quel État d’Europe – exception faite des pays frontaliers d’Ukraine », a-t-elle ajouté, selon le site d’information Walla.

De plus, les responsables du gouvernement devraient discuter, dimanche, de l’accueil d’un plus grand nombre de réfugiés non-juifs d’Ukraine, qui ne sont pas éligibles à l’immigration en Israël.

Les ministres devrait débattre d’un plan à plus long terme qui comprendra l’octroi de visas de travail pour un nombre donné de réfugiés ukrainiens qui ne sont pas éligibles à l’immigration au sein de l’État juif. Selon les médias israéliens, Shaked et le ministre des Affaires étrangères Yair Lapid seraient en désaccord sur le nombre de visas à distribuer.

Un centre pour les personnes déplacées d’Ukraine à la frontière entre la Pologne et l’Ukraine à Korczowa, en Pologne, le 5 mars 2022. (Crédit : Olivier Douliery, Pool Photo via AP)

L’Autorité de la population et de l’immigration a expliqué, dimanche matin, que 2 034 Ukrainiens étaient arrivés au sein de l’État juif depuis le début de l’invasion russe. L’entrée dans le pays a été refusée à 112 d’entre eux.

Les Ukrainiens qui n’ont pas de parent au premier degré en Israël doivent faire un dépôt de 10 000 shekels à leur arrivée dans le pays.

Shai a demandé la levée de cette exigence, disant qu’elle est à la fois « illogique et inhumaine ».

« Les réfugiés ukrainiens arrivent et continueront d’arriver », a écrit Shai sur Twitter. « Nous devons immédiatement supprimer la demande illogique et inhumaine d’une caution de 10 000 shekels pour les réfugiés entrant en Israël à partir de maintenant. »

Cette caution est considérée comme une garantie que les Ukrainiens finiront par quitter Israël, car le pays accorde rarement le statut de réfugié aux non-Juifs et leur permet plutôt d’entrer temporairement en tant que touristes.

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