Les incidents antisémites ont plus que doublé en 2 ans aux Etats-Unis – rapport
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Les incidents antisémites ont plus que doublé en 2 ans aux Etats-Unis – rapport

L'ADL a cité Charlottesville comme étant l'un des facteurs de cette hausse inédite des actes antisémites et a mis en cause Trump, incapable de condamner rapidement ces incidents

Des centaines de suprématistes, de néonazis et de membres de l'extrême-droite américaine à Charlottesville, en Virginie, le 12 août 2017. (Crédit : Chip Somodevilla/Getty Images/AFP)
Des centaines de suprématistes, de néonazis et de membres de l'extrême-droite américaine à Charlottesville, en Virginie, le 12 août 2017. (Crédit : Chip Somodevilla/Getty Images/AFP)

Le nombre d’incidents antisémites aux Etats-Unis a flambé en 2017, selon un nouveau rapport établi par l’ADL (Anti-Defamation League), qui a partiellement attribué la responsabilité de cet état de fait au président américain Donald Trump en raison de « la dimension clivante de notre discours national ».

Il y a eu 1 986 actes d’antisémitisme aux Etats-Unis l’année dernière, selon un audit réalisé par l’ADL et rendu public mardi. C’est plus que le double du total des actes antisémites enregistrés en 2015, année où leur nombre s’était élevé à 942.

C’est également une augmentation de 57 % par rapport à 2016, où le pays avait connu 1267 actes antisémites. Selon le rapport, cette hausse est due en partie à une augmentation du nombre de personnes rapportant les incidents de type antisémites.

Ce bilan représente le deuxième nombre le plus élevé enregistré par l’ADL depuis que l’organisation a commencé à recenser les actes antisémites il y a presque quatre décennies, et l’augmentation est la plus importante d’une année à l’autre.

Le chiffre révélé en 2017 comprend plus de 160 alertes à la bombe envoyées à des centres communautaires juifs et autres institutions au début de l’année. Un adolescent juif israélien a été arrêté pour avoir été à l’origine d’une majorité de ces alertes, qui n’étaient pas toutes crédibles.

Jonathan Greenblatt, directeur exécutif de l’ADL. (Crédit : autorisation)

Mais même en faisant le décompte des alertes à la bombe auprès des centres communautaires, les incidents rapportés augmentent encore de 43 % par rapport à 2016. Les incidents antisémites dans les écoles et sur les campus ont également été multipliés par deux en 2017 pour la deuxième année consécutive. Les écoles primaires et les lycées ont affiché 457 incidents antisémites, contre 235 en 2016 et 114 en 2015.

Presque tous ces incidents ont concerné du harcèlement – notamment avec les alertes à la bombe – ou des actes de vandalisme, avec notamment sept exemples de profanation de cimetières. Il y a eu aussi 19 agressions physiques antisémites, ce qui représente une baisse de 47 % par rapport à 2016.

« Une confluence d’événements en 2017 ont mené à une recrudescence des attaques contre notre communauté – alertes à la bombe, profanation de cimetières, marche de suprématistes blancs à Charlottesville, et des enfants qui ont harcelé d’autres enfants dans les écoles », a estimé Jonathan Greenblatt, directeur-général et directeur national de l’ADL, dans un communiqué.

« Ces incidents sont survenus à un moment où nous avons assisté à un climat d’incivilités en hausse, à des encouragements adressés aux groupes de haine et à l’élargissement des divisions au sein de la société ».

Une grande partie de la nation avait été choquée, l’été dernier, de voir le niveau d’antisémitisme et de racisme vitriolés lors d’un rassemblement de suprématistes blancs qui avait entraîné des violences à Charlottesville, en Virginie.

Les personnes présentes à ce rassemblement, qui s’étaient décrites comme appartenant au mouvement de « l’alt-right », avaient défilé dans les rues de cette ville bucolique en brandissant des drapeaux nazis et confédérés. Certaines arboraient des vêtements du Ku Klux Klan. Lors de cette journée, un sympathisant nazi avait projeté son véhicule contre un groupe de contre-manifestants, faisant un mort et de nombreux blessés.

« Nous n’avons jamais connu un moment comme celui-là », avait déclaré Greenblatt, des propos repris par le Los Angeles Times. « Nous n’avons jamais assisté à tant d’intolérance s’introduisant ainsi dans le public ».

Le président américain Donald Trump à Cincinnati, dans l’Ohio, le 7 juin 2017. (Crédit: Nicholas Kamm/AFP)

Greenblatt a souligné que Trump aura toujours tardé à condamner les discours et la rhétorique antisémites – comme cela a été le cas lors du défilé de Charlottesville et des alertes à la bombe dans les centres communautaires – et qu’il a retweeté à plusieurs reprises des groupes suprématistes blancs, utilisant des « imageries antisémites » sur les réseaux sociaux.

Après les violences de Charlottesville, Trump avait attribué la responsabilité de ce qui avait eu lieu aux « deux parties », ajoutant qu’il y avait « de nombreuses personnes très bien » dans le défilé des néo-nazis. A l’époque, le membre juif du congrès Jamie Raskin avait indiqué au Times of Israel que ce genre de réponse entraînerait « la répétition d’autres actions ».

Trump avait rejeté de telles critiques dans le passé en citant les membres juifs de sa famille, notamment sa fille Ivanka et son gendre Jared Kushner, et s’était décrit comme étant « la personnalité la moins antisémite qu’il vous sera donner de rencontrer dans toute votre vie ».

Les états qui ont connu le nombre le plus élevé d’incidents antisémites sont ceux qui ont les populations juives les plus importantes : Il y a eu 380 incidents de type à New York, 268 en Californie et 208 dans le New Jersey.

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