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« Les institutions n’ont pas su protéger » Samuel Paty – avocate de la famille

Un rapport de l'inspection générale de l'Education évoque "la maladresse" de l'enseignant qui a proposé "aux élèves musulmans de quitter la salle s'ils craignaient d'être choqués"

Des manifestants tenant une pancarte indiquant « J'enseigne donc je suis » et un portrait du professeur d'histoire Samuel Paty alors qu'ils se rassemblent place de la République à Paris, le 18 octobre 2020, deux jours après que l'homme a été décapité par un terroriste abattu par les policiers. (Crédit : Bertrand Guay/AFP)
Des manifestants tenant une pancarte indiquant « J'enseigne donc je suis » et un portrait du professeur d'histoire Samuel Paty alors qu'ils se rassemblent place de la République à Paris, le 18 octobre 2020, deux jours après que l'homme a été décapité par un terroriste abattu par les policiers. (Crédit : Bertrand Guay/AFP)

« Les institutions n’ont pas su protéger », malgré de multiples alertes, Samuel Paty, l’enseignant assassiné mi-octobre à Conflans par un Tchétchène radicalisé, estime dans un entretien au Monde l’avocate de la famille Me Virginie Le Roy.

Ce professeur d’histoire-géographie de 47 ans avait montré à ses élèves des caricatures du prophète Mahomet, lors d’un cours sur la laïcité, qui avait créé la polémique auprès de certains parents. Dix jours plus tard, il a été assassiné par un Tchétchène radicalisé, à la veille des vacances.

L’avocate décrit tout une série de manquements : de la part de l’Education nationale, tout d’abord.

Un rapport de l’inspection générale de l’Education publié début décembre évoque notamment « la maladresse que (Samuel Paty) avait pu commettre en croyant bien faire de proposer aux élèves musulmans de quitter la salle s’ils craignaient d’être choqués ».

L’avocate de la famille juge qu' »alimenter une telle polémique » est « indécent » : « les récits sur le fameux cours sont divergents » mais ce rapport, critique-t-elle, « se permet de conclure aussi radicalement qu’il a désigné les élèves musulmans alors que ce n’est pas le cas. »

Côté renseignements, Me Le Roy estime aussi qu’il « y a eu une erreur grave et manifeste d’appréciation de la situation » alors que « tous les marqueurs étaient au rouge ».

Une note du renseignement territorial des Yvelines du 12 octobre « explique en outre qu’après la gradation de la première semaine, les choses se calment. Or c’est faux, il se passe des choses structurantes la deuxième semaine » avant l’assassinat, souligne-t-elle.

« Partir du postulat que cet attentat ne pouvait pas être prévu ferme des portes qui peuvent être très dérangeantes (…). Est-ce que Samuel Paty a été protégé ? Non. Est-ce qu’il aurait dû l’être ? Sans aucun doute, oui. Samuel Paty n’aurait pas dû mourir », insiste-t-elle.

Sur l’enchainement des événements avant la mort de Samuel Paty, l’avocate rappelle que « toute cette histoire est bâtie sur un mensonge ».

Abdelhakim Sefrioui, président du collectif Cheikh Yassine, lors de son arrestation par des CRS après une manifestation pro-palestinienne non autorisée à Paris, le 29 décembre 2012. (Miguel MEDINA / AFP)

Il s’agit « d’une manipulation opérée par le père de famille Brahim Chnina et par l’agitateur islamiste Abelhakim Sefrioui ». Les deux hommes ont été mis en examen pour « complicité d’assassinat terroriste ».

Dans une lettre ouverte adressée en novembre au chef de l’Etat et à divers responsables politiques et judiciaires, Me Antoine Alexiev a de son côté affirmé que son client, M. Sefrioui, avait été « choqué par cet « effroyable acte de barbarie », « acte impensable qu’il n’a jamais souhaité ».

L’avocat s’indignait également du « viol » de la présomption d’innocence de son client, « stigmatisé » et « désigné sans nuance ni réserve comme l’un des instigateurs de l’assassinat » alors que sa vidéo « n’avait suscité aucune réaction après avoir été postée et qu’elle était connue de tous ».

Dans ce dossier, quatorze personnes font déjà l’objet de poursuites, dont six collégiens. Et depuis lundi matin, cinq hommes sont en garde à vue.

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