Les Juifs lituaniens accusent Poutine de « falsifier » l’Histoire
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Les Juifs lituaniens accusent Poutine de « falsifier » l’Histoire

Tout en rendant hommage à ceux qui ont péri en combattant les nazis, la communauté juive a rejeté la tentative du dirigeant russe de minimiser les crimes soviétiques

Des résidents applaudissent et saluent tandis qu'une colonne de véhicules armés transportant d'anciennes troupes soviétiques quitte Vilnius, le 3 mars 1992. (Crédit : Mendaugus Kublis / AP)
Des résidents applaudissent et saluent tandis qu'une colonne de véhicules armés transportant d'anciennes troupes soviétiques quitte Vilnius, le 3 mars 1992. (Crédit : Mendaugus Kublis / AP)

Les dirigeants de la communauté juive lituanienne ont accusé mardi le président russe Vladimir Poutine, qui a défendu l’annexion soviétique des États baltes pendant la Seconde Guerre mondiale, de « falsifier » l’histoire.

Tout en rendant hommage à ceux qui ont péri en combattant les nazis, la communauté juive a rejeté la tentative du dirigeant russe de minimiser les crimes soviétiques en Lituanie, en Lettonie et en Estonie.

« Nous, les descendants des Juifs de Lituanie, nous nous opposons à cette falsification de l’histoire de l’esclavage de notre Lituanie indépendante », ont déclaré la cheffe de la communauté Faina Kukliansky et le député Emanuelis Zingeris dans une déclaration conjointe.

Cette déclaration a été publiée dans le magazine américain The National Interest, où le président russe a publié en juin un article dans lequel il décrivait l’annexion des États baltes comme une « incorporation ».

« Leur adhésion à l’URSS a été mise en œuvre sur une base contractuelle, avec le consentement des autorités élues », avait écrit M. Poutine, affirmant qu’elle était « conforme au droit international et national de l’époque ».

Le président russe Vladimir Poutine, à droite, allume une bougie avec le ministre russe de la Défense Sergei Shoigu en arrière-plan, à la cathédrale des forces armées russes, le 22 juin 2020. (Crédit : Alexei Nikolsky, Spoutnik, Kremlin Pool Photo via AP)

Dans les Pays baltes, qui étaient des États indépendants après la Première Guerre mondiale, la prise de contrôle soviétique a marqué le début de décennies d’occupation souvent brutale.

« Les Juifs lituaniens (…) sont devenus le groupe ethnique le plus persécuté par les occupants soviétiques », ont déclaré les dirigeants juifs. « La majorité des Juifs de Lituanie ne voulaient pas de gouvernement soviétique. »

Les Soviétiques ont envahi les États baltes en 1940 dans le cadre du pacte dit Molotov-Ribbentrop, signé avec l’Allemagne nazie. Un an plus tard, en juin, ils ont déporté quelque 43 000 citoyens baltes, dont des milliers de Juifs, avant d’en être chassés par les Allemands.

Pendant la guerre, presque tous les Juifs de la région ont été tués, alors que la présence soviétique plus tard a eu pour effet des déportations renouvelées de centaines de milliers de personnes et provoqué une résistance armée qui n’a pris fin qu’en 1953.

Les trois Pays baltes sont redevenus indépendants dans les années 1990-1991. En 2004, ils sont devenus membres de l’Union européenne et de l’Otan.

Moscou, qui refuse de reconnaître la prise de contrôle soviétique des Pays baltes comme une occupation, n’a jamais présenté d’excuses ni offert de réparations.

Le dirigeant russe a accusé à maintes reprises l’Occident de minimiser la contribution soviétique à la défaite nazie.

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