Les Juifs polonais prêts à coopérer avec le nouveau président
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Les Juifs polonais prêts à coopérer avec le nouveau président

A la différence de son prédécesseur, Andrzej Duda a refusé de s'excuser pour le rôle les Polonais durant la Shoah

Andrzej Duda célébrant sa victoire à l'élection présidentielle polonaise (Photo extraite de sa page Facebook)
Andrzej Duda célébrant sa victoire à l'élection présidentielle polonaise (Photo extraite de sa page Facebook)

Les dirigeants de la communauté juive de Pologne ont déclaré être prêts à coopérer avec le nouveau président de droite du pays, qui avait critiqué les excuses de son prédécesseur envers les Juifs à propos de la Shoah.

Andrzej Duda a remporté dimanche l’élection présidentielle en Pologne. Duda, dont le beau-père, Julian Kornhauser, est un poète polonais juif bien connu, a recueilli 52 % des voix, selon les résultats officiels confirmés dimanche soir. Son adversaire, le président sortant Bronislaw Komorowski, a obtenu 48 % des suffrages.

Duda, un politicien conservateur, avait critiqué les excuses présentées au cours des dernières années par Komorowski pour le massacre que des agriculteurs polonais avaient perpétré contre leurs voisins juifs à Jedwabne. Le pogrom de Jedwabne, en 1941, au cours duquel des dizaines de Juifs avaient été brûlés vifs par des villageois qui les avaient enfermés à l’intérieur d’une grange, a été dévoilée au début des années 2000 par l’historien Jan Gross. La révélation avait déclenché des réactions furieuses des nationalistes polonais qui avaient affirmé alors qu’il y avait trop peu de preuves pour soutenir ces allégations, qui, selon eux, dépeignaient faussement la Pologne comme une nation coupable plutôt que comme une victime de l’occupation nazie.

Komorwski a affirmé au cours d’un débat de la campagne, à propos de Jedwabne, que « la nation de victimes a également été la nation de coupables ».

Duda a qualifié les excuses de Komorowski de « tentative de détruire la réputation de la Pologne ». Selon Duda, toute la nation polonaise ne peut pas être accusée de crimes de guerre, comme les excuses de Komorowski semblaient l’indiquer.

Le président polonais, Bronislaw Komorowski (au centre) et des survivants d'Auschwitz déposent une gerbe au mur de la mort de l'ancien camp de concentration d'Auschwitz le 27 janvier 2015 au mémorial d'Auschwitz-Birkenau à Oswiecim, Pologne. (Crédit : AFP PHOTO / ODD ANDERSEN)
Le président polonais, Bronislaw Komorowski (au centre) et des survivants d’Auschwitz déposent une gerbe au mur de la mort de l’ancien camp de concentration d’Auschwitz, le 27 janvier 2015. (Crédit : AFP PHOTO / ODD ANDERSEN)

Duda est un membre du parti de droite Loi et Justice. Il a annoncé lundi qu’il démissionnerait du parti afin d’être un président indépendant.

« Je souhaite que le nouveau président aille dans le sens de l’un de ses prédécesseurs, Lech Kaczynski, avec qui j’ai eu la chance de collaborer à de nombreuses reprises et que je considérais comme un ami des Juifs polonais », a déclaré à JTA Piotr Kadlcik, militant juif et membre du conseil d’administration de la communauté juive de Varsovie.

Leslaw Piszewski, le président de l’Union des communautés religieuses juives en Pologne, a également appelé au dialogue.

« Je souhaite qu’après sa prise de fonction présidentielle, nous assisterons à un temps de réflexion et de dialogue réfléchi avec la communauté juive, qui est partie intégrante de l’Etat polonais », a dit Piszewski. « Les questions importantes pour nous, telles que la mémoire historique commune, la restitution et la protection des monuments de la culture juive, seront perçues, discutées et soutenues par le président, comme il se doit dans tout Etat démocratique. »

Duda, un avocat de 43 ans, prendra ses fonctions en août pour un mandat de cinq ans.

« Peu importe qu’ils aient voté pour moi ou non, je voudrais que les Polonais disent après ce quinquennat que j’ai vraiment essayé d’être le président de tous les Polonais, que j’ai essayé de répondre à leurs besoins, que je suis une telle personne », a-t-il déclaré.

Le président de la Pologne dispose de pouvoirs limités, mais est à la tête des forces armées et peut proposer des lois ou exercer son droit de veto. Sur les questions de politique étrangère, le rôle du président est essentiellement symbolique.

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