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Les lettres d’internés de la Shoah, en exposition à Drancy jusqu’à la fin de l’année

L’exposition "C’est demain que nous partons" Lettres d’internés, du Vel d’Hiv à Auschwitz ouvrira le 27 mars

Zalma Wojakowski écrivant une lettre devant la photo de sa femme et de ses enfants, camp de Beaune-la-Rolande (Loiret, France), le 20 mai 1942. (Crédit : Mémorial de la Shoah/collection Régine Betts)
Zalma Wojakowski écrivant une lettre devant la photo de sa femme et de ses enfants, camp de Beaune-la-Rolande (Loiret, France), le 20 mai 1942. (Crédit : Mémorial de la Shoah/collection Régine Betts)

Le Mémorial de la Shoah de Drancy présentera du 27 mars au 22 décembre 2022 une grande sélection de lettres d’internés des camps de Drancy et du Loiret, dans sa nouvelle exposition : « C’est demain que nous partons » Lettres d’internés, du Vel d’Hiv à Auschwitz.

L’évènement, dont le titre fort est issu de l’une des lettres présentées, sera organisé dans le cadre de la 80e commémoration de la Rafle du Vel d’Hiv (16 et 17 juillet 1942).

« Trésors des familles qui les ont confiés au Mémorial, ces lettres sont le témoignage bouleversant de l’humanité derrière les noms et les nombres », indique le Mémorial. « Écrites au Vel d’Hiv, à Drancy, dans le Loiret et dans d’autres camps d’internement, ces lettres reviennent, 80 ans plus tard, sur ces lieux de mémoire, pour témoigner, à travers leurs auteurs, de la Shoah en France. »

Cette correspondance était alors le seul lien que les internés pouvaient avoir avec l’extérieur, quand ils parvenaient à faire sortir leurs lettres. Il s’agit aussi de la dernière trace que certains ont pu laisser avant leur déportation.

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« Envoyées depuis les camps d’internement, depuis Drancy ou jetées des trains, ces billets et cartes postales sont les derniers mots des victimes de la Shoah parvenus à ceux qu’ils aimaient », écrit le Mémorial.

Traduits, retranscrits, les originaux et fac-similés seront étayés de photographies et d’objets liés à la correspondance. Des éléments historiques permettront de mettre en lumière l’importance de la correspondance dans la Shoah, pendant et après la guerre, et son rôle essentiel dans la transmission de la mémoire et de l’histoire du génocide des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Les lettres recouvrent ainsi l’intégralité de l’histoire de la Shoah.

Tandis que certaines lettres sollicitent une libération auprès des autorités administratives ou par le biais de proches, d’autres sont marquées par un sentiment d’adieu, à mesure que le départ approche. Après la guerre, la lettre administrative fait son retour, sous la plume des rescapés qui tentent de retrouver la trace des membres de leur famille disparus.

« Pour les internés, dont le quotidien est marqué par l’incertitude, la lettre a un double rôle. Contrôlée, elle est l’unique moyen de se procurer des vêtements et de la nourriture. Censurée, elle sert à la fois à rassurer ses proches et à les avertir du danger. Brutalement coupé du monde extérieur, l’interné n’a que l’écriture pour tenter de répondre à l’incertitude réciproque quant au devenir de l’autre. Ecrites à Drancy la veille du départ ou jetées du train, elles sont, parfois consciemment, un adieu définitif », écrit le Mémorial.

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L’exposition vise aussi à répondre à certains questions au sujet des lettres : quels moyens étaient utilisés pour se procurer du papier, alors que c’était une denrée rare dans les camps d’internement, et encore plus à Auschwitz ? Quels étaient les autres supports utilisés ? Comment le courrier était-il acheminé, dans les circuits légaux et de manière clandestine ?

L’exposition est dirigée par Karen Taieb, responsable des archives du Mémorial de la Shoah, et Tal Bruttmann, historien.

« Ces lettres sont le témoignage sur le vif de la réalité vécue par les personnes arrêtées, internées, avec pour seul filtre les précautions que l’on prend quand on s’adresse aux gens qui nous sont chers, pour ne pas les blesser, les inquiéter davantage », expliquent les deux commissaires de l’exposition. « Leur contenu est parfois très pragmatique, terre à terre, avec des conseils sur la conduite à tenir, ou des demandes d’approvisionnement en tout genre. Parfois, elles sont pleines de réflexion sur le passé ou sur l’avenir, sur la foi ou les rapports entre les êtres humains. Chaque courrier est un instantané, pris sur le vif, qui renseigne précisément sur ce que les déportés savaient de la ‘destination inconnue’ où on les envoyait. »

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« Leur conservation est indispensable pour rappeler l’histoire et la mémoire des personnes qui les ont écrites, elles sont la voix des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants qui ont disparu dans la Shoah. Mais elles sont aussi de véritables documents d’archives, nécessaires aux historiens pour écrire l’histoire. »

L’exposition, gratuite, sera ouverte au Mémorial de Drancy du dimanche au jeudi, de 10h à 18h.

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