Les liens financiers de Kushner avec Israël posent problème
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Les liens financiers de Kushner avec Israël posent problème

Le gendre de Trump, chargé de superviser les efforts de paix, continue de bénéficier d'accords conclus avec des entreprises israéliennes, selon le New York Times

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Jared Kushner devant la Maison Blanche, le 27 avril 2017. (Crédit : Brendan Smialowski/AFP)
Jared Kushner devant la Maison Blanche, le 27 avril 2017. (Crédit : Brendan Smialowski/AFP)

Le conseiller principal de la Maison Blanche, Jared Kushner, maintient des liens financiers importants avec Israël, selon un rapport publié dimanche, soulevant des questions quant à savoir s’il peut être considéré comme un médiateur impartial dans les pourparlers de paix israélo-palestiniens.

Kushner, qui est le gendre du président américain Donald Trump, a démissionné de son poste de directeur général des sociétés Kushner de sa famille en janvier 2017 avant d’entrer à la Maison Blanche. Mais il bénéficie toujours de diverses fiducies, d’une valeur de quelque 761 millions de dollars selon le New York Times, qui sont en rapport avec des propriétés et autres investissements, dont beaucoup sont en lien avec Israël.

En mai 2017, Kushner accompagnait Trump lors de la visite officielle du président en Israël. Peu de temps auparavant, la société immobilière familiale a reçu un investissement de 30 millions de dollars de la compagnie d’assurance israélienne Menora Mivtachim, a déclaré un dirigeant de Menora au New York Times.

L’argent a été investi dans 10 complexes d’appartements du Maryland contrôlés par l’entreprise Kushner.

D’autres transactions concernent une société en avril 2017 dans laquelle Kushner a travaillé avec la famille Steinmetz d’Israël pour acheter 200 millions de dollars d’immeubles d’appartements locatifs à Manhattan. Kushner a également contracté au moins quatre prêts auprès de la Bank Hapoalim, la plus grande banque d’Israël.

Et la Kushner Companies a acheté des parts de l’ancien bâtiment du New York Times à Manhattan, à Lev Leviev, l’oligarque et philanthrope israélo-russe. La fondation de la famille Kushner a également fait des dons à l’implantation de Beit El, en Cisjordanie, avec laquelle l’ambassadeur des Etats-Unis en Israël, David Friedman, a également des liens, a indiqué le rapport.

Jared Kushner, à gauche, conseiller du américain Donald Trump, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Tel Aviv, le 24 août 2017. (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)

Selon le rapport, plusieurs experts se sont demandé si les transactions financières de Kushner affecteraient la façon dont il est perçu au Moyen-Orient, alors qu’il fait déjà face à un leadership palestinien irrité par la reconnaissance de Trump de Jérusalem en tant que capitale d’Israël.

Jared Kushner, à gauche, conseiller à la Maison Blanche, et Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne, à Ramallah, le 24 août 2017. (Crédit : WAFA)

Les responsables de l’Autorité palestinienne ont initié un boycott des officiels américains, y compris Kushner, et les liens entre Ramallah et Washington se sont rapidement détériorés depuis l’annonce sur Jérusalem faite le 6 décembre par Trump. Selon certains rapports, Kushner a été à l’initiative de nombreuses positions de l’administration Trump sur Israël.

Les Etats-Unis « nomment un envoyé spécial qui s’est déjà personnellement identifié davantage avec les vues bellicistes … [qui] reçoit de l’argent de riches citoyens et d’entreprises d’un certain pays », a déclaré au journal Richard W. Painter, qui était l’avocat en éthique de la Maison Blanche pour George W. Bush.

Cependant, les fonctionnaires de l’administration entre autres ont déclaré que les transactions de Kushner ne violaient aucune règle d’éthique et qu’il n’était personnellement impliqué dans aucune des transactions.

« Jared Kushner n’a pas été impliqué, ni parlé des activités ou du projet des entreprises Kushner, juste avant sa nomination. Il a un accord d’éthique, supervisé par des avocats, avec lequel il est en pleine conformité. Etablir un lien entre ses voyages très médiatisés au Moyen-Orient avec tout ce qui concerne les sociétés Kushner ou ses entreprises est absurde et c’est un tour de force que d’inventer une histoire là où il n’en existe pas », a déclaré l’avocat de Kushner, Abe Lowell, au New York Times.

Robert Weissman, le président de Public Citizen, un groupe d’éthique gouvernemental à but non-lucratif, indique que les activités de Kushner relèvent des règles de l’éthique simplement parce que « Les lois sur l’éthique n’ont pas été conçues par des gens qui avaient la clairvoyance d’imaginer un Donald Trump ou un Jared Kushner ».

« Personne ne pouvait imaginer ce niveau d’intérêts commerciaux en cours, pas ceux d’une ferme locale de cacahuètes ou d’une quincaillerie, mais dans des entreprises mondiales tentaculaires qui donnent au président et à son plus proche conseiller des enjeux économiques personnels dans un nombre incroyable d’intérêts politiques », a déclaré Weissman au journal.

Le président américain Donald Trump aux côtés de son conseiller Jared Kushner, à gauche, au cours d’une réunion à la Maison Blanche, le 13 février 2017. (Crédit : Saul Loeb/AFP)

Ran Markman, responsable de l’immobilier à Menora, a déclaré qu’il n’avait pas rencontré Kushner et que les négociations pour l’accord avec le Maryland avaient été menées avec Laurent Morali, président des sociétés Kushner.

Cela n’a pas été fait à cause des soi-disant connexions de Jared Kushner ou de Donald Trump, a déclaré Markman.

« Le lien avec le président n’était pas un problème. Ça ne nous a pas fait faire l’affaire, ça ne nous a pas fait faire l’affaire. »

Un porte-parole de Kushner Companies a déclaré qu’il ne faisait pas affaire avec « des souverains ou des gouvernements étrangers, et qu’il n’était pas interdit de faire affaire avec une entreprise étrangère simplement parce que Jared travaille au gouvernement ».

Un porte-parole adjoint de la Maison Blanche a déclaré que l’administration Trump avait « une confiance totale dans le travail de Jared qui dirige nos efforts de paix, et prend les règles d’éthique très au sérieux et ne se compromettrait jamais ni lui ni l’administration ».

Le Times of Israel a contribué à cet article.

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