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Les liens sécuritaires entre la ville de Nice et Israël

Les journalistes Christian Chesnot et Georges Malbrunot consacrent un chapitre de leur nouveau livre à ce thème, s'inquiétant des "dérives" que ces relations pourraient engendrer

Le maire de Nice Christian Estrosi rencontre le Premier ministre Benjamin Netanyahu en Israël en décembre 2016. (Crédit : Christian Estrosi/Twitter)
Le maire de Nice Christian Estrosi rencontre le Premier ministre Benjamin Netanyahu en Israël en décembre 2016. (Crédit : Christian Estrosi/Twitter)

La municipalité de Nice et Israël sont de très proches alliés en matière de sécurité et de cyber-surveillance, rappellent les journalistes Christian Chesnot et Georges Malbrunot.

Dans leur nouvel ouvrage, Le déclassement français. Elysée, quai d’Orsay, DGSE : Les secrets d’une guerre d’influence stratégique (Michel Lafon), le journaliste au service international de Radio France et le grand reporter au Figaro consacrent tout un chapitre à ce thème.

Ils évoquent ainsi la « fascination du maire de Nice », Christian Estrosi, pour les technologies de cybersécurité israéliennes.

Selon eux, cette fascination pourrait s’expliquer en partie par les attentats de Nice.

« Il y a eu l’application Reporty, développée par la start-up de l’ancien Premier ministre Ehoud Barak testée en 2018 à Nice. L’objectif était pour les utilisateurs témoins d’incivilités de filmer la scène, et d’envoyer les images au centre de supervision urbain », a expliqué Christian Chesnot au micro de France bleu.

Après avoir été épinglée par la Commission informatique et liberté (CNIL), la municipalité s’est ensuite tournée vers « l’expérimentation de la reconnaissance faciale lors du Carnaval 2019, avec la technologie israélienne Anyvision », a indiqué le journaliste.

Ils rappellent également les liens entre la ville et le groupe de pression pro-israélien Elnet, chargé notamment de faire du lobbying auprès de députés. « Le conseil municipal de Nice a subventionné pour près de 100 000 euros ce groupe de pression », ont-ils expliqué sur France bleu.

Face à ces liens, tout à fait légaux, les deux journalistes s’inquiètent du fait que les images de Nice prises par caméras pourraient tomber entre les mains du gouvernement israélien, et des « dérives » que cela pourrait engendrer.

« Le service de renseignement israélien disposerait en direct s’il le souhaite des images de ce qui se passe à Nice comme il a pu accéder aux écoutes du logiciel espion israélien Pegasus », expliquent-ils.

La municipalité de Nice répond qu’elle travaille également avec des sociétés françaises comme Thalès pour la sécurité des Niçois.

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