Les manifestations ne renverseront pas le régime iranien, selon le Mossad
Rechercher
'Nous avons des yeux, des oreilles et plus, même en Iran'

Les manifestations ne renverseront pas le régime iranien, selon le Mossad

Yossi Cohen explique que la république islamique consacre plus de liquidités à la sécurité, aux renseignements et à "galoper sans entraves dans tout le Moyen Orient"

Le chef du Mossad Yossi Cohen lors d'un événement en l'honneur des agents de sécurité, le 2 octobre 2017. (Crédit: Government Press Office/YouTube)
Le chef du Mossad Yossi Cohen lors d'un événement en l'honneur des agents de sécurité, le 2 octobre 2017. (Crédit: Government Press Office/YouTube)

Le chef de l’agence israélienne de renseignement a estimé mardi que les manifestations actuelles en Iran ne renverseront probablement pas le régime. Il a par ailleurs averti que les forces massives appuyées par l’Iran « galopent sans entraves dans le Moyen-Orient » pour propager la vision de l’Islam de la république islamique.

« Nous avons des yeux, des oreilles et plus, même en Iran », a déclaré le chef du Mossad, Yossi Cohen, lors d’une convention du ministère des Finances à Jérusalem.

« Les citoyens iraniens sont sortis manifester en raison de la situation économique et de cette attente que le président Hassan Rouhani améliorerait l’économie », a-t-il expliqué. « C’est ce qui les a fait descendre dans les rues. Il n’y a rien à attendre de formidable, même si je serais très heureux d’assister à une révolution sociale en Iran. Peut-être cela arrivera-t-il à l’avenir ».

Cohen a ensuite indiqué que l’approvisionnement par l’Iran d’organisations chiites en armes de précision, à l’intérieur comme à l’extérieur de la république, est « une inquiétude croissante pour le bien-être de tout le Moyen-Orient » et que cette préoccupation ne cesse de croître parmi les leaders chiites, comme c’est le cas également en Israël.

L’économie iranienne est croissante, a-t-il dit, et des rapports financiers intérieurs montrent une hausse des dépenses en liquidités dans les secteurs de la sécurité, des renseignements et en faveur de l’expansion de Téhéran « au Moyen Orient et au-delà ».

La pénétration par l’Iran de la région consiste à créer un « couloir aérien et terrestre virtuel, qui puisse permettre de déployer des combattants dans la zone pour mettre en pratique la vision [du régime iranien] ».

Ali Khamenei s’exprimant à Téhéran le 18 juillet 2015 (Capture écran d’Iran Press TV)

Cohen a ajouté que des forces importantes se tenaient contre ceux qui tentent de défier le régime iranien.

« Nous en avons fait l’expérience lors de la révolution verte qui s’est éteinte en 2009 et nous constatons la même chose aujourd’hui », a-t-il dit.

Mardi, le chef suprême iranien Ali Khamenei a écrit sur Twitter que « ceux qui cherchent à renverser la république islamique de l’Iran depuis l’étranger » ont « échoué et échoueront également à l’avenir ».

Ces propos ont suivi une annonce faite dimanche par les gardiens de la révolution iranienne que la nation et ses forces de sécurité avaient mis un terme à la vague d’agitations liées aux manifestations contre le gouvernement qui ont éclaté le mois dernier.

Dans une déclaration faite sur leur site internet, les gardiens de la révolution ont attribué la responsabilité des troubles aux Etats-Unis, à Israël et à l’Arabie saoudite, ainsi qu’à un groupe d’opposition en exil appelé Mujahedeen-e-Khalq et aux partisans de la monarchie destituée lors de la révolution islamique de 1979.

Un député réformiste iranien a fait savoir mardi qu’environ 3 700 personnes ont été arrêtées durant la période de manifestations et d’agitations – un nombre largement supérieur à celui annoncé antérieurement par les autorités.

Au moins 21 personnes ont été tuées lors des troubles qui ont entouré ces mouvements de protestation.

Selon le site d’information officiel du parlement iranien, icana.ir, Mahmoud Sadeghi de Téhéran aurait dit que les forces de sécurité et de renseignement avaient placé les manifestants en détention, ce qui rend difficile leur recensement. Il n’a pas donné d’autres détails ni précisé où il avait obtenu ce chiffre.

Le ministre de l’Intérieur Abdolreza Rahmani Fazli a déclaré qu’environ 42 000 personnes avaient participé à cette semaine de manifestations.

Le chiffre avancé par Sadeghi de personnes arrêtées signifierait que plus de 10 % des manifestants ont été placés en détention.

Les autorités iraniennes avaient déclaré que le mouvement de protestation déclinait. Ces derniers jours, des partisans du gouvernement ont organisé plusieurs rassemblements de masse à travers tout le pays pour dénoncer les manifestations.

Les Etats-Unis et Israël ont exprimé leur soutien aux manifestations, qui avaient commencé le 28 décembre dans la deuxième plus grande ville du pays, à Mashhad, mais ils ont nié les affirmations faites par le gouvernement iranien qu’ils en auraient été à l’origine.

Ces manifestations ont été les plus importantes en Iran depuis l’élection présidentielle controversée en 2009 et certains protestataires ont appelé au renversement du gouvernement.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...