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« Les médias juifs m’ont bloqué », nouveau dérapage antisémite de Kanye West

La star controversée affirme que les "Juifs sionistes" sont à l'origine de la médiatisation des détails sur la relation entre son ex-femme, Kim Kardashian, et Pete Davidson

Kanye West sur le podcast "Drink Champs", le 16 octobre 2022. (Crédit : Youtube)
Kanye West sur le podcast "Drink Champs", le 16 octobre 2022. (Crédit : Youtube)

Kanye West s’est fendu d’une nouvelle diatribe anti-juive pendant un podcast, dans la journée de dimanche, après que ses activités sur les plateformes majeures de réseau social ont été restreintes suite à des propos antisémites.

La star du hip-hop, dorénavant connue sous le nom de Ye, s’est exprimée sur le plateau du podcast « Drink Champs » de la chaîne Revolt TV, accueilli par le rappeur N.O.R.E. et le DJ EFN, se laissant aller à de nouvelles affirmations antisémites concernant les liens entretenus par les Juifs avec les médias et avec la richesse de manière générale.

« On s’habitue aux paparazzi qui prennent des photos de vous et on n’en sortira aucun argent. On s’habitue à se faire défoncer par les médias juifs, c’est tout », a dit West, visiblement en colère, avant d’ajouter que « les médias juifs m’ont bloqué. »

« Les Juifs possèdent la parole des Afro-américains. Que ce soit parce qu’on porte un tee-shirt Ralph Lauren, ou parce qu’on signe tous avec un label de production de disque, qu’on a un manager juif, ou qu’on signe avec une équipe de basket juive, ou qu’on fait un film avec une plateforme juive comme Disney », a-t-il continué.

Il a répété – comme il l’avait déjà écrit dans un post Instagram – qu’il ne pouvait pas être antisémite dans la mesure où les Afro-américains étaient des descendants des Juifs parce qu’ils avaient « le sang du Christ » – en écho à des affirmations faites par les Hébreux noirs, qui sont considérés comme un groupe de haine par le Southern Poverty Law Center.

« Nous Juifs [sic] donc je ne peux pas être antisémite », a-t-il affirmé.

Pendant le podcast, West a blâmé les « Juifs sionistes » qui, selon lui, ont médiatisé la relation entretenue par son ex-épouse, Kim Kardashian, et son ancien petit ami, le comédien Pete Davidson, révélant que le couple avait eu des relations sexuelles devant une cheminée.

« Les Juifs sionistes vivent comme ça. Tout ça, c’est pour faire parler de cette chrétienne qui a eu quatre enfants afro-américains, pour faire passer un message », a-t-il accusé.

Autre affirmation sur les Juifs et les richesses, West a indiqué que les catholiques refusaient les dossiers de divorce « de manière à ce que les avocats juifs puissent se présenter parce qu’ils veulent bien, eux, faire divorcer les couples. C’est comme ça qu’ils sont devenus riches ».

Répondant à l’appel lancé par le créateur de mode de Los Angeles Dov Charney, qui lui demandait d’aller visiter le musée américain de commémoration de la Shoah, le rappeur a répondu que Charney se devait d’aller visiter le Planning Familial, qualifiant ce dernier de « notre musée de la Shoah » en référence à des propos qu’il avait tenus sur l’avortement.

Charney avait imprimé les tee-shirts controversés de West sur lesquels était écrit « White Lives Matter », refusant de les mettre à la vente suite aux tweets antisémites écrits la semaine dernière, dans lesquels West avait menacé les Juifs, disant qu’ils « allaient subir la ‘Death con 3 ».

L’expression « Death con 3 » avait semblé être une utilisation erronée du niveau d’alerte élevé DEFCON 3 de l’armée américaine.

Avant sa diatribe sur Twitter, West avait publié un certain nombre de captures d’écran sur Instagram révélant le contenu d’une dispute avec la star du hip-hop Sean Combs, connue également sous le nom de Puff Daddy ou Diddy. Cette querelle avait éclaté après que West s’est présenté, lors d’un défilé de mode à Paris, avec un tee-shirt arborant le slogan « White Lives Matter ». Combs l’avait alors interpellé.

Dans l’un des messages adressés à Combs, West disait : « Je vais t’utiliser comme exemple pour rappeler au peuple juif, qui t’a dit de me contacter, que personne ne peut me menacer ou m’influencer ». West avait légendé son post Instagram « Jésus est Juif ».

Les comptes de West ont été restreints sur Instagram et sur Twitter suite aux écrits qu’il avait postés et qui ont été considérées comme fanatiques et haineux.

La communauté juive américaine a condamné, sur Twitter, l’accueil réservé à West par Revolt TV, qui n’a à aucun moment remis ses idées en doute pendant l’émission.

« Ce choix de permettre à Kanye de vomir sa haine antisémite, même après ses menaces proférées à l’encontre de tous les Juifs, est méprisable. Ça suffit ! », a écrit l’American Jewish Community (AJC).

Depuis qu’il a été bloqué sur les réseaux sociaux mainstream, West s’est proposé comme acquéreur d’une plateforme de réseau social prisée par les extrémistes de droite, Parler.

Cette acquisition lui donnerait le contrôle d’un réseau social tout entier et lui offrirait une nouvelle tribune pour faire part de ses opinions sans aucun contrôle.

Mais même dans la nouvelle génération des réseaux sociaux – largement de droite – qui prétendent soutenir la liberté d’expression avec des règles plus souples et une modération moins présente, la base d’abonnés de Parler reste minuscule.

Parlement Technologies, propriétaire de la plateforme, et West ont indiqué que l’achat de la plateforme devrait être finalisé lors du troisième trimestre. Les détails de la transaction – tels que le prix payé par le rappeur – n’ont pas été révélés.

Selon Parlement Technologies, l’accord inclut l’usage de services privés de cloud via le cloud privé de Parlement et l’infrastructure d’un centre de données.

Le site internet de la plateforme de réseau social Parler à Berlin, le 10 janvier 2021. (Crédit : Christophe Gateau/dpa via AP)

« Dans un monde où les opinions conservatrices sont considérées comme controversées, nous devons nous assurer que nous avons bien le droit de nous exprimer librement », a dit Ye dans une déclaration qui avait été préparée.

Cette acquisition pourrait aussi donner un second souffle à Parler, qui lutte dans un contexte de concurrence avec d’autres plateformes conservatrices – comme Truth Social, un réseau qui a été lancé par l’ancien président Donald Trump. Parler avait une moyenne relativement basse de 983 000 usagers actifs au premier trimestre de cette année, selon Data.ai, qui suit les utilisateurs d’applications mobiles.

De son côté, Truth Social comptait 2,4 millions d’utilisateurs mensuels pendant la même période malgré son lancement qui a eu lieu au mois de février seulement et malgré le fait que la plateforme n’est disponible que sur les appareils Apple, selon Data.ai. La firme de recherche a noté qu’une autre plateforme de droite, Gettr, lancée en juillet 2021, devançait Parler et Truth Social avec environ 3,8 millions d’usagers actifs.

Mais aucune ne se rapproche même de loin de Twitter, qui a fait savoir qu’il avait une moyenne quotidienne de 27,8 millions d’usagers actifs environ au cours du dernier trimestre. Un grand nombre de ces plateformes de droite ont émergé en raison de l’opposition de certains internautes aux restrictions induites par la modération des contenus sur les grands réseaux sociaux comme Twitter et Facebook, même si le milliardaire Elon Musk a promis, de son côté, d’assouplir les limitations sur la liberté d’expression imposées sur Twitter s’il devait tenir sa promesse d’acquérir la firme de San Francisco, à la fin du mois, pour la somme de 44 milliards de dollars.

Parler, une application lancée au mois d’août 2018, n’a commencé à prendre réellement de l’élan qu’en 2020.

La plateforme avait été fermée suite à la prise d’assaut du Capitole par des soutiens de Trump, le 6 janvier 2021. Un mois après l’attaque, Parler avait annoncé sa reprise. L’application est à nouveau disponible sur Google Store depuis le mois dernier.

« Cet accord changera le monde et changera la manière dont le monde envisage la liberté d’expression », a dit le directeur-général de Parlement Technologies, George Farmer, dans un communiqué.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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