Des ministres du Likud mettent en garde l’Iran et interpellent Biden
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Des ministres du Likud mettent en garde l’Iran et interpellent Biden

Tzachi Hanegbi a notamment mis en garde la prochaine administration américaine contre d'éventuelles tentatives "d'apaisement" à l'égard de Téhéran

Le ministre de la Coopération régionale, Tzachi Hanegbi, prend la parole à la Conférence des présidents des principales organisations juives américaines, à l'hôtel Inbal de Jérusalem, le 19 février 2018 (Yonatan Sindel/Flash90).
Le ministre de la Coopération régionale, Tzachi Hanegbi, prend la parole à la Conférence des présidents des principales organisations juives américaines, à l'hôtel Inbal de Jérusalem, le 19 février 2018 (Yonatan Sindel/Flash90).

Si les ministres du Likud n’ont pas confirmé qu’Israël était bien à l’origine d’un raid meurtrier qui a eu lieu cette nuit en Syrie, ils ont averti l’Iran, mercredi, que l’Etat juif ne tolérerait pas la présence militaire de la république islamique sur un territoire voisin, ni le développement d’une arme nucléaire.

« Nous ne revendiquons pas cette attaque ou une autre », a déclaré lors d’un entretien accordé à la chaîne publique Kan Tzachi Hanegbi, du parti au pouvoir.

« Les Iraniens veulent obtenir la permission d’Assad pour pouvoir agir à leur guise en Syrie, ils veulent transformer le pays sur le modèle du Hezbollah [le groupe terroriste chiite soutenu par l’Iran au Liban]. Tout cela ne va pas nous dissuader de passer à l’acte contre son programme nucléaire ».

Hanegbi a aussi mis en garde la prochaine administration Biden contre d’éventuelles tentatives « d’apaisement » à l’égard de Téhéran.

« Le plus important, c’est de convaincre la prochaine administration américaine de ne pas répéter les erreurs de l’administration Obama – Apaiser les Iraniens. Cela ne fera que renforcer leurs agressions et leur défiance. Ils ont considéré cette tentative d’apaisement comme une marque de faiblesse », a ajouté Hanegbi.

Le ministre du Likud Yuval Steinitz, dans un entretien accordé à la radio militaire, a expliqué qu’Israël se livrait à « des efforts énormes contre l’Iran et contre ses initiatives visant à se doter de l’arme nucléaire et de s’établir militairement en Syrie ».

Au moins 57 soldats et combattants pro-régime ont été tués dans des frappes aériennes attribuées à Israël visant dans la nuit de mardi à mercredi des positions militaires dans l’est de la Syrie, selon un nouveau bilan fourni par une ONG.

Les raids ont tué 14 membres des forces du régime et 43 combattants rattachés à des milices pro-Iran, parmi lesquels 16 Irakiens, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), précisant qu’il s’agissait des frappes « les plus meurtrières » jamais menées par Israël dans une Syrie en guerre depuis 2011.

Depuis le début de la guerre en Syrie en 2011, l’Etat hébreu a mené des centaines de frappes contre les effectifs de ses ennemis jurés, ciblant les troupes gouvernementales, les forces alliées iraniennes et les combattants du Hezbollah libanais.

Ces dernières semaines, les bombardements imputés à Israël se sont intensifiés dans l’est de la Syrie, où des milices de combattants étrangers parrainées par l’Iran sont déployées dans la province de Deir Ezzor, frontalière de l’Irak.

Le secteur accueille des combattants du Hezbollah et de la Brigade des Fatimides, rassemblant des combattants afghans pro-Iran, d’après l’OSDH.

Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo s’exprime lors d’un compte-rendu sécuritaire sur le mont Bental, sur le plateau du Golan, à proximité de la frontière israélo-syrienne, le 19 novembre 2020. (Crédit : AP Photo/Patrick Semansky, Pool)

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo avait accusé mardi l’Iran d’être la « nouvelle base » du réseau jihadiste Al-Qaïda, « pire » que l’Afghanistan au moment des attentats du 11 septembre 2001.

Dans un discours à Washington huit jours avant la fin du mandat du président Donald Trump, il a également confirmé pour la première fois officiellement la mort en août dans les rues de Téhéran du numéro deux d’Al-Qaïda Abdullah Ahmed Abdullah, alias Abou Mohammed al-Masri. Le New York Times avait rapporté en novembre qu’il avait été abattu par des agents israéliens lors d’une mission secrète commanditée par les Etats-Unis.

Le secrétaire d’Etat n’a pas évoqué les circonstances du décès ni confirmé l’implication israélienne et américaine. Mais il a utilisé cet événement récent pour appuyer ses accusations de liens entre l’Iran chiite et la nébuleuse islamiste sunnite fondée par Oussama ben Laden, souvent contestées ou minimisées par plusieurs spécialistes.

« Al-Qaïda a une nouvelle base: c’est la République islamique d’Iran », a-t-il martelé devant le National Press Club.

« Le résultat, c’est que la création diabolique de Ben Laden est en passe de se renforcer et d’accroître ses moyens d’action. Si nous ignorons cet axe Iran/Al-Qaïda, c’est à nos risques et périls. Nous devons le reconnaître. Nous devons l’affronter. Nous devons le vaincre », a-t-il martelé.

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