Les Netanyahu soupçonnés d’avoir demandé à un milliardaire des manteaux — médias
Rechercher

Les Netanyahu soupçonnés d’avoir demandé à un milliardaire des manteaux — médias

Selon des sources policières, les recommandations de mise en examen devraient être retardées de plusieurs semaines, les policiers enquêtant sur de nouveaux éléments

Benjamin Netanyahu et sa famille sous la neige (Crédit : Bureau de Presse du Gouvernement)
Benjamin Netanyahu et sa famille sous la neige (Crédit : Bureau de Presse du Gouvernement)

La police, qui s’apprête d’ici quelques semaines à recommander la mise en examen du Premier ministre Benjamin Netanyahu, soupçonnerait que sa femme, Sara, ait demandé au milliardaire hollywoodien Arnon Milchan de lui acheter des manteaux valant des milliers de shekels.

Elle se serait adressée à Hadas Klein, qui a été une collaboratrice de Milchan il y a deux ans et demi, pour commander des manteaux pour toute la famille, a annoncé jeudi la Dixième chaîne.

Les manteaux, selon la chaîne de télévision, ont été achetés en Israël, mais Klein a dû en rendre une partie parce que Sara Netanyahu lui aurait dit qu’ils étaient défectueux et a refusé de les accepter. La police soupçonne que deux ou trois des manteaux qu’elle a acceptés étaient destinés au Premier ministre.

Il est probable que les enquêteurs repoussent la date à laquelle ils présenteront leurs recommandations dans les deux affaires de corruption qui pèsent contre Netanyahu d’au moins six semaines, a annoncé jeudi Hadashot, citant des sources policières.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, son épouse Sara (au centre) et leur fils Yair aux côtés de l’actrice Kate Hudson lors d’un événement organisé au domicile du producteur Arnon Milchan (à droite), le 6 mars 2014 (Crédit : Avi Ohayon/GPO/Flash90)

La chaîne avait indiqué la semaine dernière que la recommandation de mise en examen serait faite dans les deux à trois prochaines semaines. Jeudi, des sources policières ont expliqué que le retard était dû à de nouveaux éléments et à la possibilité que Netanyahu soit interrogé une huitième fois.

La semaine dernière, une source policière a confirmé au Times of Israel que les policiers avaient terminé les deux enquêtes et travaillaient maintenant à la préparation de leurs recommandations de mise en examen.

Dans son reportage de jeudi, Hadashot a précisé que l’enquête sur les soupçons de pots-de-vin perçus par le Premier ministre était plus étendue qu’on ne le pensait auparavant et plus importants que ne le prétendaient ses partisans.

Le procureur général Avichai Mandelblit n’aurait pas approuvé une enquête de près de deux ans, qui inclut de multiples dépositions prises à l’étranger, si l’affaire ne tournait autour que d’une poignée de cigares et de quelques bouteilles de vin, ont rapporté des sources policières à la chaîne d’information. Cela faisait référence à des fuites précédentes relatives à l’enquête, qui indiquaient que Milchan avait fourni pendant des années aux Netanyahu du champagne et des cigares dont la valeur était estimée à des centaines de milliers de shekels.

Mercredi, Hadashot a indiqué que Milchan avait offert des bijoux d’une valeur pouvant aller jusqu’à 8 700 shekels à Sara Netanyahu. Selon la chaîne, Milchan a expliqué à la police qu’elle avait demandé ce cadeau pour son anniversaire.

Milchan avait précisé que cela l’avait mis mal à l’aise d’offrir les bijoux parce qu’il craignait que cela ne contrevienne aux normes légales et éthiques, selon le reportage. Mais les Netanyahu ont insisté, et il a finalement été rassuré par le Premier ministre qui lui affirmé que cela était légal, selon la chaîne.

Ce même reportage a également indiqué que Milchan avait déclaré à la police qu’il avait donné à Netanyahu les cigares afin de rester dans une position influente sur les questions affectant Israël, et donné du champagne à Sara pour qu’elle reste « calme » et afin de donner au Premier ministre « un peu de calme ».

Netanyahu lui-même semble s’attendre à ce que la police recommande son inculpation, et mardi dernier il a porté un coup aux forces de l’ordre de manière préventive. Dans une allocution à un rassemblement des membres du Likud, le Premier ministre a tenté de minimiser les futures recommandations de mise en examen de la police, en les qualifiant d’insignifiantes.

« S’il y a des recommandations [pour une mise en examen] – et alors ? » a déclaré Netanyahu aux militants du Likud. « Voici un élément que la population ignore peut-être : la grande majorité des recommandations de la police n’aboutit pas. Plus de 60 % des recommandations de la police sont rejetées. », c’est-à-dire qu’elles n’entraînent pas le dépôt d’un acte d’accusation par les procureurs de l’État.

Benjamin Netanyahu s’adressant à ses partisans lors d’un rassemblement à Tel Avi, le 19 décembre 2018 (Crédit : Flash 90)

Netanyahu s’est attaqué aux forces de l’ordre, faisant allusion à un traitement injuste de la part de la police.

« Dès janvier 2017, il y a presque un an, un article de presse a fuité comme par miracle : la police va recommander une mise en examen contre Netanyahu. Ils le savaient il y a un an, même avant l’enquête », a-t-il accusé. « Pourquoi est-ce que cela a pris un an. Un gâchis de temps et d’argent public. Et ensuite il y aura des recommandations ».

Netanyahu est suspecté dans deux enquêtes de corruption, connues comme l’affaire 1 000 et 2 000.

Dans la première affaire, Netanyahu et son épouse Sara sont soupçonnés d’avoir reçu des cadeaux illicites de la part de bienfaiteurs milliardaires.

L’Affaire 2000 implique un accord de compromis présumé passé entre Netanyahu et le directeur de la publication du journal Yedioth Ahronoth, Arnon Mozes, qui aurait vu le Premier ministre affaiblir un quotidien rival, Israel Hayom, propriété de Sheldon Adelson, en échange d’une couverture plus favorable à son égard.

Marissa Newman a contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...