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Les nouvelles maisons israéliennes devront avoir un label d’efficacité énergétique

La commission de la Knesset a approuvé la mise en place d'un système de classement pour les nouveaux logements afin de réduire les émissions de carbone

Vue du projet "Halutziot", qui comprend la construction d'une centrale solaire de 55 mégawatts en tant que co-entreprise des communautés de la nouvelle région pionnière, dans le sud d'Israël. Le 16 novembre 2017. (Crédit: Moshe Shai/Flash90)
Vue du projet "Halutziot", qui comprend la construction d'une centrale solaire de 55 mégawatts en tant que co-entreprise des communautés de la nouvelle région pionnière, dans le sud d'Israël. Le 16 novembre 2017. (Crédit: Moshe Shai/Flash90)

Israël exigera désormais que toutes les nouvelles habitations portent un label d’efficacité énergétique, a annoncé le gouvernement jeudi, dans une démarche visant à aider le pays à atteindre ses objectifs de réduction des émissions de carbone.

Environ 30 % de la consommation totale d’électricité d’Israël provient des bâtiments résidentiels, et l’approbation cette semaine de l’obligation par la commission des Affaires économiques de la Knesset fera désormais partie de la loi sur la vente, qui s’appliquera à toutes les nouvelles unités de logement. L’obligation devrait entrer en vigueur immédiatement.

Israël s’est engagé à réduire les émissions de gaz à effet de serre de 27 % d’ici 2030 – en comparaison avec les chiffres qui avaient été enregistrés en 2015 – et à atteindre un niveau « zéro émission » à l’horizon 2050, comme le prévoit le plan national d’efficacité énergétique mis en place en octobre dernier. Jusqu’à présent, la pression en faveur d’une construction économe en énergie provenait principalement des multinationales qui utilisaient un modèle global pour tous leurs bureaux et qui donnaient la priorité à l’efficacité énergétique.

Désormais, le ministère de l’Énergie, en collaboration avec le ministère du Logement et plusieurs statisticiens, envisage un système permettant de fournir davantage d’informations aux acheteurs et de faire pression sur les constructeurs de bâtiments résidentiels pour que l’énergie utilisée lors de la construction des maisons en amont et celle utilisée pour y vivre en aval, soit également revue à la baisse.

Les promoteurs devront fournir un classement énergétique de A+ à F pour toutes les nouvelles maisons, avant l’achat, selon le cadre établi par le gouvernement. Les propriétaires potentiels pourront vérifier la consommation d’énergie prévue dans le nouvel appartement, comparer les coûts d’exploitation d’un appartement par rapport à un autre et examiner les coûts d’exploitation énergétiques globaux futurs dans le cadre de leur décision d’achat.

Le processus de construction est également un facteur important d’émissions de carbone. En raison des méthodes traditionnelles de construction, des matériaux utilisés et de la quantité de déchets générés, le secteur est responsable d’environ 40 % des émissions totales de carbone, dont 8 % pour le béton uniquement.

Un chantier de construction d’un nouveau quartier résidentiel à Kfar-Yona dans la région du Sharon, le 8 août 2019. (Crédit: Gili Yaari/Flash90)

Pour devenir économe en énergie, il faut repenser la façon dont les bâtiments sont construits et se tourner vers de nouvelles conceptions et de nouveaux matériaux plus locaux et plus avancés sur le plan technologique. Avant 2018, Israël comptait environ 50 start-ups dans le domaine de la construction écologique, mais Naor Caspi, qui dirige l’innovation pour la plus grande société privée de construction et d’immobilier d’Israël, Tidhar, affirme qu’il y en a désormais près de 300.

Ces nouvelles entreprises de technologie de la construction passent tout en revue : du béton et des carreaux plus respectueux de l’environnement (par exemple, ECOncrete et Criaterra) ainsi que des moyens d’évaluer les économies d’énergie tout au long du processus de construction (par exemple, Viridian).

Au niveau mondial, 530 millions de dollars ont été investis dans ce sous-secteur en 2021, selon Deloitte Israël. De nombreuses grandes entreprises de construction israéliennes collaborent déjà avec des innovateurs afin d’explorer différentes méthodes qui permettront de réaliser les économies d’énergie souhaitées.

Étiquette de classement énergétique pour les nouvelles maisons, approuvée le 23 juin 2022. (Crédit: Ministère de l’Énergie)

Pour réduire de manière significative les émissions de carbone, il ne suffit pas d’installer des éclairages à basse tension et des panneaux solaires, même si ces mesures peuvent également jouer un rôle. Les bâtiments doivent être conçus dès le départ pour interagir efficacement avec les conditions climatiques qui les entourent, par exemple en utilisant la taille des fenêtres et le type de verre pour favoriser la circulation de l’air et l’isolation, plutôt que d’amplifier le besoin de climatisation.

La nouvelle législation exigera un classement énergétique avant l’achat de chaque nouvel appartement. À l’instar de l’échelle déjà introduite pour les produits électriques, le classement ira de A+ à F, les notes les plus élevées permettant aux résidents de réaliser les plus grandes économies d’énergie et d’argent – potentiellement jusqu’à 30 %. Un système similaire est déjà en place dans l’Union européenne.

Ziv Shor, directeur pour Israël de la société mondiale de services immobiliers commerciaux JLL et professeur d’immobilier à l’université Reichman, estime que « l’efficacité énergétique et la durabilité deviennent la priorité numéro un des consommateurs. C’est également une exigence fondamentale pour les investisseurs, et il deviendra bientôt très difficile de financer des projets s’ils ne sont pas durables. »

Shor reconnaît que les projets résidentiels présentent des défis différents de ceux de la construction commerciale, mais il estime que « la combinaison de la législation, de la pression des occupants et des coûts de la construction à l’ancienne et de l’importation de matériaux imposera des changements au secteur. »

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