Les Palestiniens accusent le Giro de se rendre « complice » d’Israël
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Les Palestiniens accusent le Giro de se rendre « complice » d’Israël

"Nous pressons Giro d’Italia de cesser de faire plaisir à Israël aux dépens de nos libertés et de nos droits humains fondamentaux, et de faire courir la compétition hors d'Israël", a exigé Hanan Ashrawi

Hanan Ashrawi, membre du comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine, pendant une conférence de presse à Ramallah, en Cisjordanie, le 24 février 2015. (Crédit : Abbas Momani/AFP)
Hanan Ashrawi, membre du comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine, pendant une conférence de presse à Ramallah, en Cisjordanie, le 24 février 2015. (Crédit : Abbas Momani/AFP)

Les Palestiniens ont accusé vendredi les organisateurs du Tour d’Italie cycliste de se rendre « complices de violations » du droit international commises par Israël, en faisant partir de Jérusalem l’édition 2018 de la compétition.

« En organisant un tel évènement, Giro d’Italia se rend complice de l’occupation militaire israélienne et de violations flagrantes des lois, des accords et du consensus internationaux », a dit dans un communiqué Hanan Ashrawi, une dirigeante de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).

« Nous pressons Giro d’Italia de cesser de faire plaisir à Israël aux dépens de nos libertés et de nos droits humains fondamentaux, et de faire courir la compétition hors d’Israël », a-t-elle dit.

Le 101e Tour d’Italie prendra son départ pour la première fois hors d’Europe, avec un prologue prévu le 4 mai 2018 dans les rues de la partie ouest de Jérusalem.

A plusieurs mois de l’échéance, les organisateurs se retrouvent déjà confrontés aux réalités et aux complexités politiques locales, avec le conflit israélo-palestinien persistant en toile de fond.

Le gouvernement israélien s’était indigné mercredi que les organisateurs du Giro, dans leur présentation du parcours de la course, fassent référence à Jérusalem-Ouest, et non pas à Jérusalem tout court. Ils avaient menacé de rompre le partenariat avec le Giro.

Les dirigeants israéliens estiment que parler de Jérusalem-Ouest implique une coupure entre « ouest » et « est » alors que, selon eux, la ville forme un tout depuis qu’elle a été « réunifiée » avec l’annexion de Jérusalem-Est en 1980.

La communauté internationale n’a jamais reconnu cette annexion. L’ONU parle de Jérusalem-Est, partie palestinienne de la ville, comme d’un territoire occupé. Pour elle, le statut final de Jérusalem doit être négocié. Les Palestiniens revendiquent Jérusalem-Est comme la capitale de leur futur Etat.

Jeudi matin, la page d’accueil du site du Giro avait remplacé « Jérusalem-Ouest » par Jérusalem.

Ashrawi a accusé le Giro de « plier sous les pressions » israéliennes en « présentant Jérusalem comme une ville unifiée sous souveraineté israélienne ».

Le Tour d’Italie « ne servira qu’à légitimer l’annexion de Jérusalem et à déformer l’authenticité et le caractère de la ville », a-t-elle dit.

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