Les Palestiniens attendent leurs premiers vaccins entre janvier et mars
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Les Palestiniens attendent leurs premiers vaccins entre janvier et mars

La ministre de la Santé de l'AP a déclaré que le vaccin de Pfizer n'était pas envisageable en raison de ses besoins de stockage et que la vaccination dépendra surtout de l'ONU

La ministre de la Santé de l'Autorité palestinienne, Mai al-Kaila, devant les journalistes à Ramallah, le mercredi 10 décembre 2020. (Capture d'écran : Palestine TV)
La ministre de la Santé de l'Autorité palestinienne, Mai al-Kaila, devant les journalistes à Ramallah, le mercredi 10 décembre 2020. (Capture d'écran : Palestine TV)

Alors qu’Israël devrait commencer à vacciner sa population d’ici la fin du mois de décembre, les Palestiniens pourraient ne pas démarrer avant mars, a déclaré mercredi la ministre de la Santé de l’Autorité palestinienne (AP), Mai al-Kaila, lors d’une conférence de presse à Ramallah.

« Nous prévoyons que la première vaccination aura lieu vers la fin janvier, début février ; elle aura eu lieu d’ici mars », a déclaré al-Kaila aux journalistes.

Israël a commencé à réceptionner des doses du vaccin Pfizer. Les inoculations devraient démarrer d’ici fin décembre.

Al-Kaila a expliqué que les autorités sanitaires de Cisjordanie avaient déterminé que les exigences rigoureuses en matière de stockage et de transport des vaccins Pfizer en faisaient un mauvais choix pour les Palestiniens.

Les doses de Pfizer doivent être conservées à -70°C et être utilisées dans les cinq jours après leur sortie de la chambre froide. Le vaccin AstraZeneca – candidat préféré des pays plus pauvres à travers le monde et l’un des vaccins que les Palestiniens sont les plus susceptibles d’obtenir – peut être conservé à des températures normales de réfrigération.

« Le vaccin Pfizer nécessite des facteurs logistiques, comme la congélation dans un espace entre -75 et -80 degrés. Nous n’avons qu’un seul congélateur comme celui-ci en Palestine pour le stockage. Et il ne contiendra pas de grandes quantités. Nous aurions également besoin de congélateurs plus petits pour déplacer les doses entre les différentes provinces », a déclaré al-Kaila.

« Ce n’est pas possible pour nous, donc nous avons écarté cette option », a conclu al-Kaila.

Pour s’assurer que l’Autorité palestinienne reçoive sa part de vaccins contre le coronavirus, l’Autorité palestinienne a déposé une demande dans le cadre de l’initiative Covax, un programme soutenu par l’ONU qui espère fournir gratuitement jusqu’à 20 % des vaccins contre le coronavirus dans les pays pauvres.

La distribution par Covax pourrait prendre du temps, car les vaccins seront livrés de façon proportionnelle aux 92 entités participant au programme à mesure que les produits seront disponibles. Chaque pays recevra des expéditions par tranches : d’abord 3 % des vaccins, à inoculer aux premiers intervenants, suivis d’étapes supplémentaires à mesure que tous les pays progressent ensemble vers la limite de 20 %.

Un homme marche devant l’église de la Nativité, traditionnellement considérée comme le lieu de naissance de Jésus-Christ, dans la ville de Bethléem, en Cisjordanie, le 23 novembre 2020. (Crédit : AP / Majdi Mohammed)

Il n’y aura plus de livraisons gratuites après l’inoculation d’un cinquième de la population. Les pays pourront acheter des doses supplémentaires subventionnées dans le cadre du programme, en fonction du nombre de doses disponibles.

Selon al-Kaila, les intervenants médicaux auront un accès prioritaire au vaccin, suivis des membres des services de sécurité palestiniens et des citoyens considérés comme à risque.

« Selon les directives de Covax, la première priorité devrait être les intervenants médicaux. Nous leur avons dit que nous voulions également donner la priorité aux services de sécurité qui travaillent à nos côtés sur le terrain, ainsi qu’aux personnes âgées, aux femmes enceintes et à ceux touchés par des malades chroniques », a déclaré mardi al-Kaila.

Elle a suggéré que l’Autorité palestinienne puisse continuer à acheter des vaccins subventionnés auprès de Covax au-delà de ceux gratuits qu’elle espérait recevoir, mais que cela n’avait pas encore été finalisé avec l’organisation internationale.

Elle a également déclaré que les responsables palestiniens avaient rencontré mercredi des représentants d’AstraZenaca ainsi que l’ambassadeur de Russie pour échanger au sujet de leurs vaccins. Une réunion a également été organisée mardi avec des représentants de la société pharmaceutique Moderna.

Un médecin arabe israélien accueille des patients palestiniens à Gaza dans le cadre d’une délégation de médecins israéliens dans l’enclave côtière, le jeudi 3 décembre 2020. (Crédit : Mu’ataz Azayza)

L’épidémie de coronavirus chez les Palestiniens a atteint de nouveaux sommets ces dernières semaines. La Cisjordanie et Gaza ont chacune connu une augmentation quotidienne record des infections, et on compte actuellement 15 003 infections actives en Cisjordanie et 10 206 dans la bande de Gaza, selon les chiffres du ministère de la Santé de l’Autorité palestinienne.

En Cisjordanie, environ 15 % des tests de coronavirus se sont révélés positifs en moyenne, ce qui indique que le virus pourrait se propager largement sans être détecté. Dans quatre gouvernorats de l’Autorité palestinienne – Hébron, Tulkarem, Naplouse et Bethléem – plus de 30 % des personnes testées ont été confirmées porteuses du coronavirus, a déclaré al-Kaila mercredi.

Les responsables de la santé ont fait part de craintes que le secteur médical ne s’effondre dans les deux zones palestiniennes. Il n’y a que 240 respirateurs en Cisjordanie, dont 80 % sont déjà utilisés, a déclaré mercredi Kamal al-Shakhra, porte-parole du ministère de la Santé de l’Autorité palestinienne.

Un confinement total d’une semaine devrait démarrer dans les quatre provinces « rouges » à partir de jeudi soir, et les déplacements entre les gouvernorats ont été interdits, a déclaré lundi Mohammad Shtayyeh, Premier ministre de l’Autorité palestinienne.

La décision de réimposer un confinement a suscité des critiques et des centaines de manifestants se sont rassemblés dans la ville cisjordanienne de Hébron ces deux dernières soirées pour protester contre l’impact économique de cette mesure.

#صور | من الوقفة الإحتجاجية على دوار إبن رشد، وسط مدينة الخليل، التي نظمها التجار ضد قرار الإغلاق.تصوير الصحافي : يسري الجمل#هوانا_سوشال #الاعلام_الجديد #الخليل

Posted by ‎إذاعة وتلفزيون هوانا سوشال – Hawana Social Radio&TV‎ on Tuesday, December 8, 2020

Le maire de Hébron, Tayseer Abu Sneineh, a déclaré mardi à l’agence de presse Ma’an que le confinement aurait « des dimensions énormes et destructrices. Cela aura des répercussions sociales. Cela pourrait même compromettre la paix civique ».

En réponse aux critiques, al-Kaila a déclaré mercredi que le confinement était destiné à « gagner du temps » jusqu’à ce que les Palestiniens commencent à recevoir des vaccins contre le coronavirus.

Depuis la semaine dernière dans la bande de Gaza, les mosquées, écoles, universités et crèches sont toutes fermées et un couvre-feu a été imposé à partir de 18 heures. 37,4 % des tests au coronavirus sont revenus positifs au cours des dernières 24 heures.

Les responsables de la santé du Hamas ont averti que le système de santé fragile de Gaza était à son maximum et qu’il ne pourrait pas résister à davantage de tensions.

Le groupe terroriste palestinien, qui a juré de détruire Israël, dirige l’enclave côtière depuis 2007.

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