Les Palestiniens entrent enfin en contact avec l’administration Trump
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Les Palestiniens entrent enfin en contact avec l’administration Trump

Le chef des renseignements palestiniens rencontre des responsables américains de la sécurité et du renseignement à Washington après une plainte de Ramallah

Le premier ministre Benjamin Netanyahu et le négociateur palestinien en chef Saeb Erekat à Jérusalem, en avril 2012. (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO/Flash90)
Le premier ministre Benjamin Netanyahu et le négociateur palestinien en chef Saeb Erekat à Jérusalem, en avril 2012. (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO/Flash90)

Le chef des services des renseignements palestiniens s’est entretenu avec des responsables de la sécurité américaine. Cela représentait le premier contact entre les Palestiniens et l’administration Trump, a signalé jeudi l’agence de presse AP citant un responsable anonyme.

Le responsable a déclaré que Majed Faraj a rencontré des responsables américains de la sécurité et des renseignements à Washington au cours des deux derniers jours.

Le fonctionnaire a fait ses déclarations sous couvert d’anonymat conformément au protocole.

La direction palestinienne a déclaré qu’elle avait essayé sans succès de tenter de joindre le président Donald Trump depuis son élection en novembre et craignait la possibilité d’être marginalisée alors que l’administration accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui se rendra à la Maison Blanche la semaine prochaine.

En décembre, l’équipe de transition de Trump a refusé de rencontrer des responsables palestiniens en visite à Washington, repoussant la rencontre à après la cérémonie d’investiture qui s’était déroulée le 20 janvier, selon Saeb Erekat, le responsable qui rentre en contact avec les responsables des États-Unis.

D’autres conseillers révèlent qu’Abbas a essayé d’organiser un appel téléphonique avec Trump après les élections de novembre et de nouveau après l’inauguration, mais n’a reçu aucune réponse à ses demandes. La Maison Blanche n’a pas répondu à une lettre rédigée en janvier dans laquelle Abbas a exprimé des inquiétudes au sujet du déménagement éventuel de l’ambassade américaine à Jérusalem.

La semaine dernière, Erekat a déclaré que la Maison Blanche avait repoussé toutes leurs tentatives de joindre la nouvelle administration.

« Nous leur avons envoyé des lettres, des messages écrits, ils ne se donnent même pas la peine de nous répondre », avait-il dénoncé dans Newsweek.

Une solide relation avec les États-Unis a été la clé de la stratégie palestinienne pour obtenir un État. Les États-Unis ont servi de négociateur principal en deux décennies de pourparlers intermittents entre Israël et les Palestiniens.

Trump a déclaré qu’il voulait négocier un accord de paix, mais beaucoup voient la position de son administration comme étant favorable à Israël. Après l’investiture, Israël a approuvé quelque 6 000 nouveaux logements en Cisjordanie et à Jérusalem-Est. La Maison Blanche est restée silencieuse sur la question avant de publier un communiqué dans lequel il émet une critique selon laquelle l’expansion des implantations « pourrait ne pas être utile ».

L’administration Trump a également gardé le silence sur une loi controversée adoptée plus tôt cette semaine légalisant des milliers de maisons construites sur des terres privées palestiniennes, et qui, selon les Palestiniens, reviendrait à « légaliser le vol ».

Mais les Palestiniens ont pris soin de ne pas s’opposer à Trump avec des déclarations publiques et se sont contentés de lui demander de freiner les ardeurs d’Israël. Ils espèrent qu’il finira par entrer en contact, arguant que Trump doit les impliquer s’il est sérieux au sujet de la négociation d’un accord de paix au Moyen-Orient.

« La politique étrangère de l’administration américaine n’est pas encore claire, en dehors de son soutien clair à Israël, mais l’administration sait que rien ne peut être fait sans les Palestiniens », a déclaré le conseiller d’Abbas, Mohammed Ishtayeh.

Au cours de sa campagne, Trump avait également promis de déplacer l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem, une déclaration que certains membres du gouvernement israélien ont accueillie chaleureusement alors que les Palestiniens et les Jordaniens ont mis en garde Washington contre une telle action. Depuis son investiture le 20 janvier, il a été plus vague au sujet de cet engagement.

Plus tôt jeudi, le New York Times a informé que, pour faire avancer le processus de paix entre les Israéliens et les Palestiniens, Trump réfléchissait à l’idée de faire participer les États arabes et d’adopter l’approche « de l’extérieur » favorisée par Netanyahu.

L’article ajoute que Trump et son gendre juif Jared Kushner – qui a été désigné comme l’homme pour le processus de paix au Moyen-Orient – ont trouvé cette idée attrayante après avoir rencontré un certain nombre de dirigeants arabes depuis que le président est entré en fonction en janvier.

Le président américain Barack Obama et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas en réunion à la Maison Blanche à Washington (Crédit : Saul Loeb/AFP)
Le président américain Barack Obama et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas en réunion à la Maison Blanche à Washington (Crédit : Saul Loeb/AFP)

Le département d’Etat a déclaré le mois dernier qu’il examinait une décision de dernière minute prise par l’ancien secrétaire d’Etat John Kerry d’envoyer 221 millions de dollars aux Palestiniens malgré les objections des républicains du Congrès.

Le ministère a déclaré mardi qu’il examinerait le transfert d’argent et pourrait faire des ajustements pour s’assurer qu’il corresponde aux priorités de l’administration Trump.

L’administration Obama a depuis un certain temps fait pression pour que l’argent, qui provient de l’Agence américaine pour le développement international, soit utilisé pour financer l’aide humanitaire en Cisjordanie et à Gaza, soutenir les réformes politiques et sécuritaire et pour aider à préparer la bonne gouvernance et la primauté du droit dans un futur État palestinien, selon la notification envoyée au Congrès.

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