Les Palestiniens ont versé un milliard de dollars aux terroristes en 4 ans, selon un panel de la Knesset
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Les Palestiniens ont versé un milliard de dollars aux terroristes en 4 ans, selon un panel de la Knesset

Vingt-quatre heures après que des informations ont circulé faisant état de réprimandes de la part de Trump envers Abbas concernant les incitations, un ancien haut-responsable de l'AP rejette l'idée de paiements à vocation sociale, disant qu'ils sont présentés comme 'salaires' dans les documents budgétaires palestiniens

Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne, pendant son discours devant le 7e congrès du Fatah, réuni à la Mouqataa, le siège de l'Autorité à Ramallah, en Cisjordanie, le 30 novembre 2016. (Crédit : Abbas Momani/AFP)
Mahmoud Abbas, président de l'Autorité palestinienne, pendant son discours devant le 7e congrès du Fatah, réuni à la Mouqataa, le siège de l'Autorité à Ramallah, en Cisjordanie, le 30 novembre 2016. (Crédit : Abbas Momani/AFP)

L’Autorité palestinienne a versé 4 milliards de shekels au cours de ces quatre dernières années aux terroristes et à leurs familles, a indiqué un ancien directeur du ministère des Affaires stratégiques et ex-chef de la division des renseignements militaires et de la recherche à un groupe de hauts responsables de la Knesset lundi.

Révélant les chiffres, Yossi Kuperwasser a indiqué à la Commission des Affaires étrangères et de la Défense que plus la période d’incarcération d’un prisonnier sécuritaire palestinien est longue, « plus élevé est le salaire… Tous ceux qui restent en prison plus de 30 ans obtiennent 12 000 shekels », a expliqué Kuperwasser.

« Quand ils sont libérés, ils obtiennent une indemnité et il leur est promis un emploi au sein de l’Autorité palestinienne. Ils obtiennent un grade militaire qui est déterminé en fonction du nombre d’années qu’ils ont passé en prison ».

Kuperwasser a également déclaré à la Commission que les allégations de l’AP prétendant que les paiements réalisés auprès des familles de terroristes sont des allocations sociales versées aux nécessiteux sont mensongères. Les propres documents budgétaires des Palestiniens, a-t-il affirmé, « établissent clairement qu’il s’agit de salaires et non d’allocations ».

Kuperwasser est intervenu auprès des législateurs quelques jours après la visite effectuée par Donald Trump en Israël, au cours de laquelle il s’était entretenu avec le président de l’AP Mahmoud Abbas à Bethléem. Lors de ce qui était apparu comme une réprimande publique adressée à Abbas au sujet des paiements, Trump avait déclaré lors de la conférence de presse conjointe des deux leaders que « la paix ne peut jamais s’enraciner dans un environnement où la violence est tolérée, financée ou récompensée ».

Yossi Kuperwasser (Crédit : Flash 90)
Yossi Kuperwasser (Crédit : Flash 90)

La Deuxième chaîne israélienne a annoncé dimanche soir que, à huis-clos, à Bethléem, Trump s’était emporté contre Abbas qu’il avait accusé de lui mentir. « Vous m’avez piégé à Washington ! Vous m’avez parlé là-bas de votre engagement en faveur de la paix, mais les Israéliens ont montré votre implication dans les incitations [contre Israël] », aurait crié Trump à Abbas, choqué.

Le reportage télévisuel a fait savoir que cet éclat de colère avait été suivi de quelques minutes de silence de la part des Palestiniens et que la réunion avait connu une forte tension avant de pouvoir reprendre son cours.

Des sources palestiniennes ont démenti cette information, attestant que la réunion s’était bien passée. Et l’agence Maan palestinienne a cité un responsable de l’AP, lundi, qui a accusé les médias israéliens de « mentir » au sujet de ce qu’il s’était passé au cours de cette rencontre afin de torpiller le retour à la table des négociations « parce que les Israéliens ne veulent pas conclure la paix ».

Le président américain Donald Trump, à gauche, et le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, au palais présidentiel de Bethléem, en Cisjordanie, le 23 mai 2017. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)
Le président américain Donald Trump, à gauche, et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, au palais présidentiel de Bethléem, en Cisjordanie, le 23 mai 2017. (Crédit : Mandel Ngan/AFP)

La quotidien Israel Hayom a cité lundi un responsable palestinien non-identifié qui a offert davantage de détails sur la confrontation orageuse présumée. L’homme a expliqué que les entretiens « avaient commencé sur une note positive » mais que la réunion s’était détériorée « après que Trump a accusé Abbas de soutenir les incitations et le terrorisme avec les salaires payés aux prisonniers ».

Selon des informations, « Trump a clairement dit à Abbas qu’il devait réduire les incitations anti-israéliennes dans le système éducatif palestinien », disant qu’Abbas ne pouvait pas détourner le regard des incitations palestiniennes et payer des salaires aux familles des terroristes tout en imposant des conditions qui entravent tout progrès dans les négociations de paix ».

Abbas aurait répondu que dans le passé, il y avait une Commission conjointe israélo-palestinienne qui oeuvrait à gérer les incitations des deux côtés, mais qu’elle ne s’est pas réunie depuis des années et que « concernant les versements faits aux prisonniers, ils sont payés par l’Autorité des prisonniers de l’OLP, pas par le gouvernement palestinien ».

A ce moment-là, selon l’article paru dans Israel Hayom, « Trump a perdu patience et a interrompu Abbas, frappant du poing sur la table et le sermonnant en disant : ‘Vous pouvez toujours dire combien vous voulez la paix, mais ce sont des paroles vides de sens' ».

Lors de la réunion de lundi à la Knesset, Kuperwasser a déclaré que depuis de nombreuses années, les Etats-Unis et Israël avaient ignoré la signification des paiements et que cette question n’était devenue problématique qu’au cours des six derniers mois. Maintenant que l’attention s’est portée sur le sujet et que le Congrès américain tente de faire avancer une législation punitive – le Taylor Force Act — l’AP verse les paiements via un fonds non-gouvernemental, mais ils continuent toutefois à être versés, a-t-il affirmé.

« Il y a une volonté de croire les mensonges qui disent qu’il s’agirait d’une aide sociale. En pratique, aucune démarche n’a été faite pour changer la situation et dans le même temps, les Palestiniens tentent de se dépeindre comme soutenant la paix, et ce alors qu’ils versent encore de l’argent aux familles des terroristes », a dit Kuperwasser.

« L’assurance de percevoir des liquidités pour des actes terroristes est un encouragement apporté au terrorisme, et cela va à l’encontre de la loi internationale, des conventions internationales, des accords d’Oslo, et d’autres accords qu’ils ont eux-mêmes signé ».

Avi Dichter pendant une réunion de la Knesset, le 19 novembre 2015. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Avi Dichter pendant une réunion de la Knesset, le 19 novembre 2015. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Le président de la Commission, Avi Dichter, issu du Likud, a indiqué qu’il programmerait une session avec des responsables politiques et sécuritaires de référence pour déterminer quelle action devrait mener Israël pour répondre à ce qu’il a qualifié d’incitations au terrorisme continues du côté palestinien.

Dichter, ancien directeur des services de sécurité du Shin Bet, a déclaré que « l’état d’Israël ne peut s’impliquer dans un processus politique de paix lorsque ceux qui sont supposés être nos partenaires incitent [au terrorisme]. Depuis des années, non seulement [les incitations] n’ont pas diminué mais elles ont augmenté ».

Cela fait longtemps qu’Israël accuse les Palestiniens, dont le parti du Fatah d’Abbas, de nourrir la haine sur les réseaux sociaux et d’appeler à la violence contre les Israéliens.

Selon la loi appliquée par l’AP, les prisonniers sécuritaires palestiniens détenus dans les prisons israéliennes et les familles des terroristes tués en commettant des attentats contre les Israéliens sont éligibles à un salaire et à d’autres avantages.

Selon l’Institut de recherche des médias du Moyen-Orient, les allocations vont de 1 500 shekels par mois pour une peine allant jusqu’à trois ans d’incarcération jusqu’à 13 000 shekels pour une condamnation à trente ans de prison et plus. Il y a un supplément mensuel pour les terroristes de Jérusalem (78 dollars) et un supplément de 130 dollars pour les terroristes arabes israéliens.

Dore Gold, ALORS directeur général du ministère des Affaires étrangères,pendant la commission des Affaires étrangères et de la Défense, le 21 juillet 2015. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Dore Gold, ALORS directeur général du ministère des Affaires étrangères,pendant la commission des Affaires étrangères et de la Défense, le 21 juillet 2015. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Lors de la réunion de la Commission à la Knesset, lundi, Dore Gold, ancien directeur-général du ministère des Affaires étrangères, a expliqué que l’opposition israélienne aux paiements des terroristes n’avait pas été suffisamment clairement établie depuis qu’il avait quitté son poste au mois d’octobre 2016.

« L’idée qu’une instance comme l’Autorité palestinienne offre de l’argent en indemnisation aux familles qui ont perdu leurs fils qui s’étaient engagés dans des actes terroristes est inacceptable et elle contrevient au bon sens. L’ancien secrétaire d’état américain Colin Powell appelait cela ‘fournir une incitation au terrorisme' », a-t-il rappelé.

Haim Jelin, du parti Yesh Atid, a critiqué le gouvernement en déclarant : « Il y a un manque de volonté pour prendre des initiatives contre l’Autorité palestinienne. On a peur de l’escalade, ou que l’AP ne s’effondre, ou que cela ne plaise pas aux communautés musulmanes du monde entier. »

Moti Yogev, du parti HaBayit HaYehudi, a affirmé qu’Hitler et l’ancien homme fort de l’Irak, Saddam Hussein, étaient érigés en modèles dans le système éducatif palestinien et que « les petites filles au jardin d’enfants déclarent que les Juifs sont pires que des porcs, qu’ils ont violé leurs mères et assassiné leurs pères à coups de hache ».

Trump, lors de sa conférence de presse aux côtés d’Abbas, n’a pas seulement critiqué l’AP. Il a également salué le président des Palestiniens pour « son engagement à adopter des mesures fermes mais nécessaires pour lutter contre le terrorisme et affronter son idéologie haineuse ».

Le 3 mai à Washington, lors de la première rencontre entre les deux hommes, Trump avait vivement recommandé à Abbas de mettre un terme aux incitations, de réprimer le terrorisme et de « résoudre » sa politique gouvernementale de paiement de salaires aux terroristes et à leurs familles.

Abbas, pour sa part, avait dit à Trump lors de leur conférence de presse conjointe à la Maison Blanche que « nous élevons nos jeunes nos enfants, nos petits enfants dans une culture de paix ».

Le président américain Donald Trump et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, avant leur conférence de presse, à Jérusalem, le 22 mai 2017. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)
Le président américain Donald Trump et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, avant leur conférence de presse, à Jérusalem, le 22 mai 2017. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

Suite à cette déclaration, le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait dénoncé les propos d’Abbas, disant que ce n’était « malheureusement pas vrai ». Netanyahu avait accusé l’AP, « de nommer ses écoles avec le nom des assassins des Israéliens et de rémunérer les terroristes ».

Un rapport rendu public le mois dernier par le groupe de contrôle de la paix et de la tolérance culturelle dans l’éducation scolaire (IMPACT-se) révèle que les livres scolaires de l’AP, de la première à la quatrième année, diabolisent Israël et glorifient le « martyre ». Le document note également une « détérioration alarmante » depuis l’étude précédente.

Le problème a pris encore davantage de signification dernièrement, les membres du Congrès ayant menacé de réduire l’aide américaine aux Palestiniens si les incitations parrainées par l’AP ne baissent pas en virulence.

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