Les partis religieux de droite soutiendront Netanyahu comme Premier ministre
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Les partis religieux de droite soutiendront Netanyahu comme Premier ministre

Yamina, Shas, Yahadout HaTorah réaffirment leur soutien au leader du Likud pour l'après élection de mars ; Kakhol lavan prédit que ce pacte conduira à des élections pour la 4e fois

Le ministre de la Défense Naftali Bennett, (à droite), s'entretient avec le ministre de l'Intérieur Aryeh Deri lors d'une réunion avec des partis de droite à la Knesset à Jérusalem, le 18 novembre 2019. (Hadas Parush/Flash90)
Le ministre de la Défense Naftali Bennett, (à droite), s'entretient avec le ministre de l'Intérieur Aryeh Deri lors d'une réunion avec des partis de droite à la Knesset à Jérusalem, le 18 novembre 2019. (Hadas Parush/Flash90)

Les partis religieux de droite alliés au Likud ont de nouveau déclaré dimanche leur loyauté au Premier ministre Benjamin Netanyahu, en signant un document dans lequel ils s’engagent à le soutenir dans ses fonctions de Premier ministre après les élections nationales du mois prochain.

La lettre a été signée par les partis Yamina, Yahadout HaTorah et Shas. Elle a été initiée par le ministre de l’intérieur Aryeh Deri, le chef du Shas.

« Nous ne soutiendrons que Netanyahu. Nous sommes convaincus que le bloc de droite réussira à obtenir 61 sièges lors des élections et à mettre en place un gouvernement nationaliste fort pour le peuple d’Israël », indique la lettre.

Netanyahu a applaudi cette initiative, disant qu’elle était « le clou dans le cercueil du bluff de [Benny] Gantz », en référence aux perspectives de son rival, le chef du parti Kakhol lavan, de former une coalition gouvernementale.

Kakhol lavan, quant à lui, a déclaré que le pacte de droite conduirait Israël à un tour de scrutin supplémentaire après le vote du 2 mars – qui serait le quatrième depuis avril 2019.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu présente le plan économique du Likud, lors d’un événement du parti à Tel Aviv, le 16 février 2020. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Après les élections de septembre, les trois partis de droite et religieux ainsi que le Likud ont convenu de fonctionner comme un seul bloc de 55 députés dirigé par Netanyahu dans le cadre des pourparlers de coalition. Ce bloc est devenu un obstacle majeur dans les négociations avec le parti centriste Kakhol lavan, qui avait fait campagne pour former un gouvernement d’unité avec le Likud, sans les partis religieux.

Les sondages prévoient régulièrement que les partis de droite n’obtiendront pas la majorité (61 sièges) lors des prochaines élections de mars, ce qui laisse présager une nouvelle impasse politique.

Il est également peu probable que Kakhol lavan puisse former une coalition sans le Likud, mais il a exclu un partenariat avec le Premier ministre, qui est sous le coup d’une accusation pénale pour corruption, fraude et abus de confiance.

Malgré les accusations, les alliés de droite de Netanyahu ne l’ont pas abandonné et les députés du Likud n’ont rien entrepris pour remplacer leur chef de longue date.

L’alliance de droite renouvelée a été condamnée par Kakhol lavan dimanche.

« Le bloc conduira à un nouveau tour d’élections… Netanyahu n’a pas de gouvernement, tout comme il n’en a pas eu après les deux élections dans lesquelles il a entraîné Israël, au coût de 8 milliards de shekels, simplement pour échapper aux poursuites », a déclaré le parti.

Gantz, prenant la parole lors d’un rassemblement politique dimanche soir, a déclaré que la promesse de fidélité « ne vaut pas le papier sur lequel elle est écrite ».

« Si Kakhol lavan gagne avec une forte marge de sièges, le bloc de glace fondra entre ses doigts [à Netanyahu] », a déclaré M. Gantz lors d’un événement de campagne au kibboutz Evron.

Le leader d’Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, a déclaré samedi qu’il s’attendait à ce que Netanyahu démissionne après l’élection du 2 mars, ajoutant : « Tout le monde se prépare à ce qui se passera après le départ de Netanyahu. »

Lors d’une conférence à Shoham, à l’est de Tel Aviv, M. Liberman a répété son affirmation selon laquelle « l’ère Netanyahu est terminée » et a déclaré que le Premier ministre était « dans le déni ». « Il viendra un jour où lui aussi réalisera qu’il est temps de raccrocher », a-t-il ajouté.

Il a affirmé que même les leaders du parti Yamina, Naftali Bennett et Ayelet Shaked, qui « disent qu’ils ne rejoindront qu’un gouvernement Netanyahu… la seule chose dont ils rêvent est de former un gouvernement sans lui ».

Liberman, dont l’absence de soutien inconditionnel à Netanyahu ou à son rival Gantz a été le facteur décisif de l’échec des efforts pour construire une coalition après les élections d’avril et de septembre, et qui devrait rester le faiseur de rois potentiel après la réédition de mars, a déclaré que les partis ultra-orthodoxes étaient désormais également ouverts à un partenariat avec Kakhol lavan. (Les deux partis ultra-orthodoxes l’ont démenti à plusieurs reprises.)

Le président du parti Kakhol lavan, le député Benny Gantz, (à droite) et le président du parti Yisrael Beytenu Avigdor Liberman font une déclaration commune aux médias après une réunion pour les négociations de coalition à l’hôtel Kfar Maccabia à Ramat Gan, le 14 novembre 2019. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

« J’ai entendu Uri Maklev [de Yahadout HaTorah] dire qu’il n’y a pas de problème avec Kakhol lavan. Vous pouvez demander à [Aryeh, leader du Shas] Deri combien de fois il s’est assis avec Gabi Ashkenazi [de Kakhol lavan] récemment. »

Dans un communiqué, le Likud a déclaré : « Les masques tombent. Liberman tourne à gauche avec Gantz et Ahmad Tibi. »

Liberman a exclu à plusieurs reprises de rejoindre une coalition avec la Liste arabe unie à prédominance arabe.

Jeudi, Liberman a déclaré qu’il n’excluait pas de siéger dans un gouvernement avec l’alliance majoritairement de gauche Travailliste-Gesher-Meretz après les prochaines élections et a semblé abandonner sa précédente demande pour un gouvernement d’unité des partis Likud et Kakhol lavan.

Samedi, il a ajouté que le parti Meretz de gauche dure « n’existait plus » en tant qu’entité propre. « Cela rend les choses beaucoup plus faciles. »

Liberman, dont le parti devrait remporter sept à huit sièges lors des élections du 2 mars selon les sondages, ce qui le placerait probablement à nouveau en position de faiseur de rois, a également déclaré qu’il était prêt à rejoindre une coalition dirigée par le rival de Netanyahu, Benny Gantz.

« Tout dépend de la base de référence », a-t-il déclaré en se référant à ses demandes de droits accrus pour la communauté laïque dans un pays où les actes de mariage, de divorce et de conversion sont contrôlés par les partis orthodoxes.

Naftali Bennett et Ayelet Shaked lors d’une conférence de presse à Ramat Gan, le 21 juillet 2019. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

Yisrael Beytenu comptait assez de sièges pour permettre à Netanyahu de dépasser le minimum de 61 sièges dont il avait besoin en avril et en septembre, mais Liberman a préféré insister uniquement sur un gouvernement d’unité formé du Likud, de Kakhol lavan, et de son parti Yisrael Beytenu.

Netanyahu et Gantz, qui ont tous deux tenté de former un gouvernement en septembre, n’ont pas réussi à se mettre d’accord sur un gouvernement d’union.

Toutefois, M. Liberman a indiqué jeudi qu’il ne posera plus cette exigence après les prochaines élections.

« Il est clair qu’un gouvernement d’union ne sera pas formé. Cela ne s’est pas produit les deux fois précédentes », a-t-il déclaré.

Même avec le soutien de Liberman, Gantz aurait probablement besoin de députés du bloc de droite pour former un gouvernement majoritaire ou du soutien extérieur de la Liste arabe unie à prédominance arabe pour un gouvernement minoritaire.

Malgré ce soutien de Liberman, le n°1 de Kakhol lavan ne semble pas en mesure de former un gouvernement, à moins que son parti ne fasse un bond spectaculaire dans les urnes le 2 mars, après que la Liste arabe unie a déclaré qu’elle ne le soutiendrait pas à moins qu’il ne rejette des éléments du plan de paix de l’administration Trump. Gantz, en début de semaine, a affirmé que son gouvernement n’inviterait pas la Liste arabe unie – qui n’a jamais siégé dans une coalition. L’alliance de partis arabes avait également exclu de gouverner avec Liberman, jugé trop à droite.

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