Rechercher

Les partisans pro-implantations harcèlent les agriculteurs, disent les Palestiniens

Un propriétaire palestinien affirme que 116 oliviers ont été détruits sur ses terres, près de Turmus Ayya; sur des images, de jeunes Israéliens raillent les fermiers

Des jeunes israéliens du mouvement pro-implantations face à un agriculteur palestinien dans une oliveraie palestinienne de Cisjordanie, près de Turmus Ayya, à proximité de Ramallah, le 7 novembre 2022. (Capture d'écran)
Des jeunes israéliens du mouvement pro-implantations face à un agriculteur palestinien dans une oliveraie palestinienne de Cisjordanie, près de Turmus Ayya, à proximité de Ramallah, le 7 novembre 2022. (Capture d'écran)

Les propriétaires terriens palestiniens d’un village situé aux abords de Ramallah ont expliqué qu’ils avaient trouvé des dizaines de leurs oliviers détruits dans la matinée de lundi et qu’ils ont été harcelés par des jeunes du mouvement pro-implantation, la même journée, alors qu’ils récoltaient leurs olives.

Des images de ces attaques qui ont eu lieu lundi montrent les jeunes perturbant le travail des agriculteurs palestiniens, tandis que les agents de la police des frontières et les soldats de Tsahal semblent tenter de faire respecter l’ordre.

Cet incident est le dernier d’une série d’autres perturbations de ce type de la récolte annuelle des olives du côté palestinien, les jeunes activistes radicaux du mouvement pro-implantation n’hésitant pas, par ailleurs, à utiliser la violence.

Said Hussein, qui habite la ville palestinienne de Turmus Ayya et qui possède des terres dans la zone, explique avoir découvert lundi matin, alors qu’il se rendait dans des oliveraies situées à l’Est de la localité en compagnie d’autres propriétaires terriens, que 116 oliviers avaient été détruits.

« Nous sommes allés sur nos parcelles en coordination avec le Bureau de coordination du district de Tsahal et en arrivant, nous avons trouvé un grand nombre d’oliviers qui avaient été coupés », raconte Hussein au Times of Israel, attribuant la responsabilité des dégâts aux partisans du mouvement pro-implantations.

Il ajoute que les arbres abattus étaient âgés de 40 à 50 ans.

Hussein explique que depuis 2003, lui et d’autres propriétaires terriens originaires de la ville n’ont pu accéder à leurs terres que quelques jours dans l’année – au printemps, pour s’occuper des arbres, et à l’automne, pour la récolte des olives – parce que le secteur a été déclaré zone militaire fermée par l’armée en raison de sa proximité avec les implantations environnantes.

Hussein ajoute que pour cette raison, il est incapable de déterminer exactement quand les arbres ont été coupés – peut-être il y a un mois ou deux, suppose-t-il.

Hussein précise que pendant le travail de la récolte, lundi matin, des jeunes du mouvement pro-implantations sont arrivés sur ses terres et qu’ils ont commencé à railler verbalement les agriculteurs et à prendre des photos d’eux.

Hussein a commencé lui-même à filmer les jeunes quand ils se sont approchés de lui, les uns après les autres. L’un d’entre eux a repoussé son téléphone alors qu’il était en train de tourner les images, note-t-il.

Les agents de la police des frontières arrivés sur les lieux apparaissent, dans la séquence, en train d’arrêter un jeune du mouvement pro-implantations qu’ils accusent d’être entré dans une zone militaire fermée, même si les autres sont vus en train de s’éloigner.

Plusieurs jeunes ont été placés en détention par les agents de la police des frontières. L’un d’entre eux, après un interrogatoire initial, sera une nouvelle fois interrogé.

Selon l’armée, les jeunes étaient en train de récolter des olives dans le secteur en coordination avec Tsahal mais ils ont commencé à harceler les agriculteurs palestiniens.

« Les personnels des services de sécurité qui se trouvaient là ont fait partir les jeunes », ont annoncé les militaires.

Hussein déclare qu’à chaque fois que les agriculteurs obtiennent l’autorisation de l’armée de se rendre sur leurs terres, ils rencontrent inévitablement un problème ou un autre.

Ainsi, pendant la récolte des olives, l’année dernière, les locaux avaient découvert qu’il n’y avait déjà plus d’olives sur de nombreux arbres, récoltées par d’autres. Une autre année, les arbres avaient été creusés et une substance toxique avait été injectée dans les troncs pour les tuer.

Hussein attribue la responsabilité de ces incidents aux partisans du mouvement pro-implantation de la région, précisant que les habitants de l’avant-poste illégal d’Adei Ad, situé à proximité de Turmus Ayya, posent particulièrement des problèmes.

Il y a eu plusieurs incidents de violences de ce type, ces dernières semaines, pendant cette période critique de la récolte des olives.

Jeudi dernier, un père palestinien et trois de ses fils ont fait savoir qu’ils avaient été violemment agressés par des partisans du mouvement pro-implantations alors qu’ils récoltaient leurs olives aux abords du village d’ash-Shuyukh, dans le sud de la Cisjordanie.

Ayad Hamid Halayka, 60 ans, et ses fils Muhammad, Hamid et Omar, ont été pris en charge à l’hôpital de Hébron, où une fracture du bras, des blessures à la tête nécessitant des points de suture et des blessures à l’œil ont notamment été diagnostiquées, selon le groupe de défense des droits de l’Homme BTselem.

Des images de l’incident ont montré des jeunes du mouvement pro-implantations, certains d’entre eux ayant le visage masqué, s’approcher avant d’agresser Halayka.

La production d’olives représente 4,8 % du PIB des Palestiniens en Cisjordanie, selon la Banque mondiale. Elle assure un revenu à environ 80 000 à 100 000 familles palestiniennes, selon le groupe Palestine Trade Center.

Jack Mukand a contribué à la rédaction de cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...