Les pêcheurs à la ligne épinglés dans la lutte contre la pêche illégale
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Les pêcheurs à la ligne épinglés dans la lutte contre la pêche illégale

Le partenariat avec la police des frontières contre la chasse et la pêche illégales a verbalisé plus de 3 000 personnes en 2018, selon l'Autorité de la nature et des parcs

Une photo illustrative de personnes pêchant légalement sur la plage d'Achziv, dans le nord d'Israël, le 3 juillet 2018. (David Cohen/Flash90)
Une photo illustrative de personnes pêchant légalement sur la plage d'Achziv, dans le nord d'Israël, le 3 juillet 2018. (David Cohen/Flash90)

L’année dernière, l’Autorité israélienne de la nature et des parcs a verbalisé 250 personnes pour pêche illégale dans les parcs maritimes nationaux, dans le cadre d’une répression nationale contre les activités illégales dans les parcs nationaux sur terre et en mer, a déclaré mardi le chef du service.

Pour la première fois, les inspecteurs des parcs ont imposé une interdiction de pêche dans les zones de conservation maritime, alors qu’auparavant, ils fermaient les yeux sur la question. Les pêcheurs amateurs en colère prétendent que l’Autorité des parcs est en train de détruire le patrimoine halieutique du pays.

La répression s’inscrit dans le cadre d’un effort de coopération avec la police des frontières qui a débuté cette année afin de mettre fin à la chasse et à la pêche illégales.

Entre 10 et 20 personnes par mois ont été prises en train de pêcher illégalement dans des zones protégées, a annoncé le directeur Shaul Goldstein lors d’une conférence de presse de fin d’année de l’Autorité de la nature et des parcs, qui s’est tenue mardi à la forteresse Migdal Tzedek, près de Rosh Haayin.

Il y a 20 agents de la police des frontières qui travaillent à plein temps pour l’Autorité israélienne de la nature et des parcs pour lutter contre les activités illégales dans les parcs nationaux.

Une photo illustrative de personnes pêchant légalement sur la plage d’Achziv, dans le nord d’Israël, le 3 juillet 2018. (David Cohen/Flash90)

Dans le passé, les inspecteurs de l’Autorité des parcs effectuaient des patrouilles nécessitant beaucoup de main-d’œuvre sur le terrain dans des endroits reculés afin de coincer les chasseurs illégaux, où ils couraient le risque de se faire tuer par ces chasseurs. La police des frontières dispose de meilleurs équipements de surveillance, en particulier des drones, qui peuvent recueillir des renseignements sur d’éventuelles activités illégales, ce qui permet aux inspecteurs d’agir plus efficacement, a expliqué Goldstein.

Pour la première fois, l’Autorité de la nature et des parcs applique également avec force les interdictions de pêche dans les zones de conservation qui se trouvent sur la côte méditerranéenne, après des années de laisser-faire qui ont permis aux pêcheurs de pratiquer librement leur activité.

Goldstein a dit que l’effondrement des populations de poissons les a forcés à prendre des mesures. Au cours du second semestre de 2017, ils ont émis des avertissements aux personnes qui pêchent illégalement, y compris dans des zones protégées ou sans les permis nécessaires. L’Autorité de la nature et des parcs a également organisé 20 réunions publiques avec les pêcheurs pour leur expliquer les lois et règlements et les a encouragés à demander des permis au ministère de l’Agriculture et du développement rural. Le ministère a délivré deux fois plus de permis de pêche aux pêcheurs sportifs en 2018 – plus de 150 permis, comparativement à 70 en 2017, a déclaré M. Goldstein.

Shaul Goldstein, directeur de l’Autorité israélienne de la nature et des parcs (Gershon Elinson/Flash90)

Depuis cette année, les inspecteurs ont commencé à imposer des amendes aux pêcheurs qui enfreignent la loi. « Notre problème est de protéger les frayères », a-t-il dit. « Une fois que les poissons sont matures et qu’ils vont dans les eaux libres, la pêche sportive est permise. Nous essayons de prendre soin des bébés poissons ».

Les amateurs de pêche sportive sont indignés par les amendes.

« En Israël, il existe depuis des milliers d’années une tradition de pêche côtière, qui est un élément essentiel de l’identité méditerranéenne, tout comme elle fait partie intégrante de l’identité et des traditions de tous les pêcheurs et des populations qui vivent le long de la côte », a déclaré Sami Eli, porte-parole de l’Association israélienne pour la pêche sportive. Eli a ajouté que les ports, les plages publiques et la pollution de la baie de Haïfa limitent déjà la zone disponible pour les pêcheurs à de minuscule zones de la côte.

L’application de l’interdiction de pêche dans les réserves naturelles maritimes a été « la goutte d’eau qui a fait déborder le vase », a-t-il dit, ajoutant que les amendes entraîneraient l’effondrement des traditions et des entreprises de pêche sportive à Haïfa et dans le nord du pays.

L’année dernière, l’Association de pêche sportive a demandé à la Cour suprême d’autoriser la pêche le long de la côte et en particulier dans la réserve maritime de Rosh Carmel. Le parc maritime national de Rosh Carmel est une réserve de 50 kilomètres carrés aux abords de Haïfa, où la chaîne de montagnes calcaires du Carmel se jette dans la mer, offrant des habitats maritimes uniques à une grande variété de la vie marine. L’Association de pêche sportive affirme que c’est l’endroit le plus fertile et le plus productif pour la pêche. En mai, la Cour suprême a statué que l’Autorité de la nature et des parcs pouvait continuer à imposer des amendes aux pêcheurs illégaux dans la région.

« Ce n’est qu’un groupe de 150 personnes qui font beaucoup de bruit ; la grande majorité de la population israélienne soutient la création d’aires de conservation maritime », a déclaré Goldstein, qui a rejeté l’idée que l’interdiction de la pêche allait détruire une partie essentielle de l’identité historique d’Israël.

Un banc de poissons. (iStock)

« Il y avait aussi une tradition de chasse en Israël », a-t-il dit. « Même les gens qui ont fondé l’Autorité de la nature et des parcs étaient de grands chasseurs, jusqu’à ce qu’ils comprennent qu’Israël est un petit pays et que nous ne pouvons chasser ici ».

« Les pêcheurs doivent aussi comprendre que ce sont eux qui en bénéficieront », a ajouté M. Goldstein. « Si [les populations de poissons dans] les zones maritimes protégées s’améliorent, alors les zones voisines se bonifieront elles aussi ».

Douze inspecteurs patrouillent en Méditerranée et trois en mer Rouge et en mer de Galilée.

L’application de la loi fait partie de la décision de l’Autorité de la nature et des parcs de sévir contre la chasse et la pêche illégales à l’échelle du pays. Cette année, en plus des 250 amendes imposées pour pêche illégale, 3 246 amendes ont été imposées pour la chasse illégale de perdrix, tortues, cerfs, hyènes, renards et loups. L’administration du parc a arrêté 32 personnes impliquées dans la vente d’animaux sauvages ou de leurs carcasses.

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