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Les plus pauvres ont deux fois plus de symptômes de COVID long – Étude israélienne

Une étude révèle que les Israéliens à faible revenu qui ont guéri d’un COVID grave ou aigu ont en moyenne 3,3 symptômes, là où les plus hauts revenus en ont 1,8

Illustration : Un patient (à gauche) et un médecin à Heiligendamm, dans le nord de l’Allemagne, dans l’une des nombreuses cliniques du monde qui se spécialisent dans les soins et la réadaptation des personnes atteintes de COVID long, le 14 avril 2021. (Crédit : AP Photo/Michael Sohn)
Illustration : Un patient (à gauche) et un médecin à Heiligendamm, dans le nord de l’Allemagne, dans l’une des nombreuses cliniques du monde qui se spécialisent dans les soins et la réadaptation des personnes atteintes de COVID long, le 14 avril 2021. (Crédit : AP Photo/Michael Sohn)

Le COVID long frappe davantage les pauvres que les riches, affirme une nouvelle étude israélienne.

Cette étude s’est penchée sur le nombre de symptômes de COVID long dont souffraient les personnes guéries d’une forme grave ou aiguë de la maladie. Les chercheurs ont constaté que les plus pauvres présentaient en moyenne deux fois plus de symptômes que les riches.

Les Israéliens à faible revenu guéris du COVID présentent en moyenne 3,3 symptômes, contre 1,8 pour les Israéliens à revenu élevé, conclut l’étude menée par des chercheurs des Universités Ben Gurion et Washington à Saint-Louis, aidés de plusieurs autres institutions.

L’étude ne dit rien de la gravité des symptômes, ce qui n’empêche pas les chercheurs d’estimer que la quantité de symptômes est un indicateur suffisant, en particulier compte tenu des grandes différences et de la signification statistique des résultats.

Les symptômes du COVID long couvrent un large spectre et comprennent la fatigue, des problèmes de concentration et de mémoire, des douleurs musculaires, problèmes de sommeil et de santé mentale.

Les chercheurs ont interrogé 2 200 Israéliens sur leur santé et observé une tendance nette en fonction du milieu socio-économique.

« On savait déjà que la maladie avait particulièrement touché les plus pauvres. Cette étude montre, en plus, que le COVID long les affecte également de manière disproportionnée, ce qui constitue une découverte importante », explique la Dre Stav Shapira, de l’Université des sciences de la santé Ben Gurion, au Times of Israel.

Illustration : Le personnel médical d’un service d’isolement COVID-19 du centre médical Barzilai, en Israël, dans la ville d’Ashkelon. (Crédit : Gil Cohen-Magen/AFP)

Elle ajoute que, depuis longtemps, on sait que le mode de vie des personnes les plus pauvres et l’environnement dans lequel elles évoluent sont mauvais pour leur santé. Cette nouvelle étude montre que cet effet s’applique également au COVID long. Elle précise : « Cela met en exergue l’importance des déterminants sociaux sur la santé. »

Le COVID long est un défi de taille à la fois pour les patients guéris et pour les systèmes de santé.

Une étude israélienne publiée récemment indique qu’un adulte guéri du COVID sur trois seulement parvient à recouvrer son état de santé d’avant l’infection, même plusieurs mois plus tard.

Une autre étude israélienne révèle que le COVID long altère grandement le bien-être de millions de personnes dans le monde.

Toutes ces études permettent aux médecins, infirmières et décideurs de comprendre dans quelle mesure les facteurs socio-économiques entrent en ligne de compte, pour les aider à déployer des ressources supplémentaires dans les quartiers et communautés qui en ont le plus besoin.

« Sur le plan politique, nos études montrent qu’il faut se concentrer sur certaines populations et construire des infrastructures pour faire face aux conséquences sur leur santé », ajoute Shapira.

« Les décideurs politiques devraient mettre l’accent sur certains groupes. En Israël, c’est par exemple le cas des régions périphériques comme la Galilée et le Neguev, où les revenus sont plus faibles. D’autres pays auront leurs priorités. »

Le Dr Oren Heller, chercheur basé en Israël pour l’Université de Washington à St. Louis et co-auteur de cette étude, pointe du doigt l’existence de plusieurs couches d’inégalité en matière de santé.

Le Dr. Oren Heller, chercheur basé en Israël pour l’Université de Washington. (Avec l’aimable autorisation du Dr Oren Heller)

« En général, les plus pauvres ont plus de problèmes de santé », explique-t-il au Times of Israel.

« Ce que nous voyons ici, c’est que les personnes à faible revenu ont pris la pandémie de plein fouet en moins bonne santé que les autres. Elle ont été davantage infectées et sont aujourd’hui confrontées à plus de problèmes liés au COVID long. »

Shapira, Heller et leurs collaborateurs ont publié leur article, évalué par des pairs, dans l’International Journal of Public Health. Ils ajoutent que le COVID long est très difficile à traiter car très répandu, « évolutif », avec des symptômes très variés et susceptible de « dégrader considérablement la qualité de vie et le bien-être ».

Les chercheurs estiment que la situation implique des défis à long terme pour les systèmes de santé, car « il y a de plus en plus de preuves que le COVID long s’accompagne de dommages aux organes principaux, comme les poumons, le cœur et le système cardiovasculaire, le foie, les reins ou encore le cerveau ».

Ils estiment qu’aujourd’hui que des millions de personnes sont touchées, dans un monde qui apprend à vivre avec le COVID, comprendre la forme longue de la maladie et les facteurs qui l’exacerbent « est un problème de santé publique des plus urgents ».

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