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Les priorités du candidat américain au poste d’ambassadeur en Israël

Tom Nides préconise une solution à deux États, déclare que Jérusalem est la capitale israélienne et veut tout faire pour contrer la Chine

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

L'ambassadeur du président américain Biden en Israël, Tom Nides, témoigne devant la Commission des affaires étrangères du Sénat le 22 septembre 2021. (Capture d'écran/Commission sénatoriale des affaires étrangères)
L'ambassadeur du président américain Biden en Israël, Tom Nides, témoigne devant la Commission des affaires étrangères du Sénat le 22 septembre 2021. (Capture d'écran/Commission sénatoriale des affaires étrangères)

Le candidat du président américain Biden au poste d’ambassadeur en Israël, Tom Nides, a déclaré mercredi, lors d’une audience de confirmation de la commission sénatoriale des Affaires étrangères, qu’il était favorable à l’octroi d’un milliard de dollars pour le système de défense antimissile israélien, un sujet brûlant à Washington après avoir été supprimé d’un projet de loi de financement essentiel le jour précédent.

M. Nides a également déclaré que, s’il était confirmé, ses principales priorités consisteraient à renforcer la sécurité d’Israël, à développer les relations économiques entre les États-Unis et Israël, à coopérer avec Israël en matière d’investissements étrangers pour contrer la Chine et à renforcer les accords d’Abraham.

Il a déclaré qu’il se réjouirait de vivre à Jérusalem, qu’il considère, conformément à la politique américaine, comme la capitale d’Israël.

Le financement du système israélien Dôme de fer a été soulevé à plusieurs reprises au cours de l’audition, un jour après que la direction démocrate de la Chambre des représentants a accepté de retirer – suite à la pression de l’aile dite progressiste du parti – un milliard de dollars de financement pour le système de défense antimissile d’un projet de loi visant à maintenir le financement du gouvernement des États-Unis. Les fonds devraient être approuvés séparément à une date ultérieure.

À la question de savoir s’il est favorable au réapprovisionnement du Dôme de fer, M. Nides a répondu sèchement : « Oui, monsieur ».

Il a également fait remarquer à la commission que le Dôme de fer, qui a été utilisé pour intercepter des milliers de roquettes tirées sur Israël par des groupes terroristes palestiniens dans la bande de Gaza, est un système strictement « défensif ».

« La défense de la sécurité d’Israël sert les intérêts de l’Amérique en matière de sécurité nationale et garantit que nous aurons toujours un partenaire solide, fiable et sûr », a déclaré M. Nides.

Le soutien sans réserve de M. Nides au financement du Dôme de fer pourrait le mettre en porte-à-faux avec un membre de la commission, le démocrate Chris Murphy.

Le sénateur Christopher Murphy, Démocrate du Connecticut, au Comité des Affaires Etrangères du Sénat à Capitol Hill à Washington, le mercredi 25 juillet 2018. (AP Photo/Susan Walsh)

Murphy a tweeté mardi que, bien qu’il soutienne également le financement du système et la nécessité pour Israël de pouvoir se défendre, « ce financement ne peut pas se faire au détriment de l’aide économique/humanitaire aux Palestiniens. Le financement du dôme de fer et l’aide aux Palestiniens doivent aller de pair. »

M. Nides a également exprimé ses préoccupations concernant le programme nucléaire iranien. Faire face au potentiel de l’Iran à obtenir des armes nucléaires est une préoccupation majeure, a-t-il averti.

« Israël est l’un de nos partenaires de sécurité les plus proches dans la lutte contre un grand nombre de menaces, dont la principale est la menace critique que représente l’Iran », a déclaré Nides. « Le président Biden a clairement exprimé son engagement à faire en sorte que l’Iran ne développe jamais d’arme nucléaire. »

Le système antimissile Dôme de Fer tire un missile d’interception sur des roquettes tirées depuis la bande de Gaza vers Ashkelon, le 19 mai 2021. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Les accords d’Abraham, dont la médiation a été assurée par la précédente administration Trump et qui ont normalisé les liens entre Israël et les Émirats arabes unis, Bahreïn, le Maroc et le Soudan « sont essentiels à la stabilité et à la prospérité de la région », a déclaré M. Nides.

Mais, reprenant un point de discussion fréquemment utilisé par l’administration Biden, il a souligné que « si nous soutenons la normalisation entre Israël et d’autres pays, elle ne se substitue pas à la paix israélo-palestinienne », qui repose sur la « vision d’une solution négociée à deux États. »

Interrogé sur les efforts de l’administration Biden pour promouvoir la paix entre les Israéliens et les Palestiniens, M. Nides a réitéré ce que le président américain a déclaré mardi lors de la réunion de l’Assemblée générale des Nations unies, à savoir que si une solution à deux États n’est peut-être pas réalisable dans un avenir immédiat, il est essentiel de garder ouverte la voie vers cette résolution.

Les États-Unis y parviendront, a déclaré M. Nides, en continuant à parler de l’importance d’une solution à deux États, en relançant leur aide financière aux Palestiniens à hauteur d’environ 400 millions de dollars, et aussi en « encourageant les Palestiniens et les Israéliens à ne pas prendre de mesures unilatérales qui rendraient impossible la voie vers une solution à deux États ».

Le président américain Joe Biden s’adresse à la 76e session de l’Assemblée générale des Nations unies, le 21 septembre 2021, au siège des Nations unies à New York. (Timothy A. Clary-Pool/Getty Images/AFP)

Les liens avec les Palestiniens, a déclaré Nides, sont également essentiels au rôle d’ambassadeur et il est « déterminé à faire [sa] part pour reconstruire le partenariat entre les peuples américain et palestinien. »

Le statut de Jérusalem – dont la partie orientale est souhaitée par les Palestiniens pour la capitale d’un futur État et qui a été reconnue par l’administration Trump comme capitale d’Israël en 2017 – a également été évoqué.

Jérusalem, a déclaré Nides, est la capitale d’Israël. « Si cela est confirmé, je vivrais à Jérusalem », a-t-il déclaré.

« C’est quelque chose que j’attends avec impatience », a déclaré Nides.

Il a poursuivi en soulignant que les efforts de l’administration Biden pour rouvrir le consulat américain à Jérusalem, qui a historiquement servi de mission de facto auprès des Palestiniens, « n’auront aucun impact sur le fait que la capitale d’Israël est Jérusalem ».

M. Nides a déclaré que la reprogrammation des élections, annulées pour une durée indéterminée au début de l’année par le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas, « serait une bonne chose pour les Palestiniens. »

M. Abbas avait prétexté que cette décision était due au refus d’Israël d’autoriser le vote à Jérusalem-Est. Israël a évité de commenter publiquement la question, alors qu’il était plutôt question de la crainte de voir le Hamas l’emporter.

« Je travaillerai avec le gouvernement israélien pour faire en sorte que cette question ne soit pas un obstacle à la réalisation des élections », a déclaré Nides.

Le sénateur républicain Jim Risch, qui est aussi le plus âgé au Sénat, a pressé Nides sur son point de vue concernant le programme d’aide sociale de l’Autorité palestinienne, qui comprend des paiements aux prisonniers de sécurité qui ont été condamnés pour avoir tué des Israéliens.

« Je partage votre inquiétude quant à ce comportement odieux », a-t-il déclaré, avant de poursuivre que, s’il est confirmé, il a la ferme intention de travailler avec les Palestiniens pour « essayer d’obtenir des progrès dans ce domaine ».

Risch a finalement débloqué une aide destinée aux Palestiniens. Une décision tardive car le sénateur craint que les fonds n’alimentent le terrorisme.

Le consulat des États-Unis dans la rue Agron à Jérusalem. (CC BY-SA, Magister / Wikimedia)

Dans l’arène mondiale, Nides a déclaré qu’il avait l’intention de travailler contre le mouvement de boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) visant Israël, qui est mené par des militants pro-palestiniens.

« Tout en respectant les droits de tous les Américains à la liberté d’expression, je poursuivrai le travail inlassable de cette administration pour rejeter fermement le mouvement BDS et les lois de boycott », a-t-il déclaré.

En ce qui concerne les liens économiques entre les États-Unis et Israël, M. Nides a déclaré que « la start-up nation d’Israël est accueillante pour les entreprises américaines » et que les entreprises américaines ont établi plus des deux tiers des plus de 300 centres d’investissement et de développement étrangers en Israël.

« La concurrence stratégique avec la République populaire de Chine est une caractéristique déterminante du 21e siècle », a déclaré M. Nides. « Les États-Unis considèrent qu’une coopération étroite avec Israël en matière d’investissements étrangers est essentielle pour notre sécurité et notre partenariat en matière de renseignement. »

Il a également noté l’engagement déclaré de M. Biden à travailler avec Israël pour que l’État juif soit ajouté au programme américain d’exemption de visa.

On ne s’attend pas à ce que M. Nides soit confronté à une opposition significative à sa confirmation et il a tenu des discussions avec des législateurs des deux côtés de l’allée en préparation de l’audition, ont déclaré des sources familières avec les procédures au Times of Israel.

Il ne devrait cependant pas se rendre en Israël avant novembre, et l’ancien consul général de Jérusalem, Michael Ratney, continuera à diriger la mission américaine en Israël entre-temps.

M. Nides est un ancien secrétaire d’État adjoint à la gestion et aux ressources, qui occupait jusqu’à présent les fonctions de directeur général et de vice-président de Morgan Stanley. Sa nomination a été annoncée en juin.

En tant que secrétaire d’État adjoint, M. Nides a établi des relations de travail efficaces avec plusieurs responsables israéliens et a joué un rôle clé dans l’approbation par l’administration Obama d’une prolongation des garanties de prêt pour Israël, d’une valeur de plusieurs milliards de dollars. Il a également aidé à mener à bien la politique d’Obama contre les efforts du Congrès visant à limiter le soutien américain à l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNWRA) et à l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO).

Né en 1961 dans une famille juive de Duluth, dans le Minnesota, M. Nides est cadre bancaire et, s’il est confirmé, il apportera à ce poste une expérience à la fois du secteur public et du secteur privé.

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