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Les procureurs font appel de l’acquittement des accusés du « mariage de la haine »

En s'opposant à la décision concernant 4 des 5 accusés dans la célébration du meurtre d'un bébé palestinien, l'Etat soutient que le juge a mal compris la nature des crimes

Des mariés israéliens d'extrême droite célèbrent le meurtre de la famille Dawabsha (Crédit : capture d'écran : la Dizième chaîne)
Des mariés israéliens d'extrême droite célèbrent le meurtre de la famille Dawabsha (Crédit : capture d'écran : la Dizième chaîne)

Les procureurs de l’État ont fait appel de la décision du tribunal de première instance de Jérusalem qui, le mois dernier, a innocenté quatre mineurs juifs d’incitation à la terreur pour leur participation à un mariage de 2015 où les fêtards ont célébré le meurtre d’un bébé palestinien.

Dans des documents déposés au tribunal de district de Jérusalem, les procureurs ont affirmé que la décision du magistrat était le résultat d’une « analyse erronée » des infractions d’incitation et « a de graves erreurs qui ont conduit à la décision d’acquitter les mineurs ».

Le mariage était « un cas unique par sa gravité, exceptionnel par son intensité » et « constitue clairement un délit d’incitation à la violence », ont écrit les procureurs dans l’appel déposé par l’avocat Oshrat Shoham.

Les procureurs ont déclaré à la cour que les suspects « ont salué avec des chansons et des danses le meurtre de la famille Dawabsha dans une attaque terroriste ».

L’État a demandé que les quatre suspects soient reconnus coupables des crimes dont ils ont été accusés et que la cour ordonne au tribunal de première instance de les condamner.

L’acquittement d’un cinquième mineur n’a pas été mentionné dans l’appel.

Des images de ce qui a été appelé « mariage de la haine » diffusées par la Dizième chaîne en 2015 montraient des dizaines d’invités d’extrême droite célébrant en se moquant d’une attaque meurtrière à la bombe incendiaire contre une famille palestinienne, brandissant des armes à feu, des couteaux et un cocktail Molotov factice.

On y voit des convives tenir et poignarder une photo d’Ali Dawabsha, 18 mois, qui a été brûlé à mort lors de l’attentat à la bombe incendiaire du 31 juillet dans la maison de sa famille dans le village de Douma, en Cisjordanie. Ses parents, Riham et Saad Dawabsha, ont succombé à leurs blessures à la suite de l’attaque. Son frère Ahmed est le seul survivant, mais il a été gravement blessé.

En déposant l’appel, les procureurs ont également rejeté l’accusation du juge de ce qu’il a considéré comme une application sélective par rapport à d’autres cas d’incitation où les individus n’ont pas été inculpés.

De telles affirmations, selon les procureurs, sont « pleines d’erreurs ». Ils ont maintenu que dans les cas de délits liés à l’expression, le ministère public et les forces de l’ordre agissent « de manière prudente et non discriminatoire », indépendamment de l’affiliation idéologique du suspect.

Le juge du tribunal pour mineurs Shimon Leibo a décidé le 1er septembre qu’il n’y avait pas de preuves suffisantes pour condamner les cinq suspects d’incitation à la terreur et à la violence, expliquant que « l’élément de conscience requis dans les délits d’incitation n’a pas été prouvé au-delà d’un doute raisonnable ».

Les noms des cinq personnes, qui étaient mineures au moment du délit présumé, ont été placés sous silence.

M. Leibo a déclaré que la participation des mineurs à la danse ne pouvait pas nécessairement être interprétée comme un soutien au préjudice causé à la famille Dawabsha. Il a également noté leur âge et le fait que certains d’entre eux étaient ivres.

La vidéo a suscité l’indignation générale lors de sa diffusion, et Leibo a indiqué que l’accusation avait été influencée par la couverture médiatique pour poursuivre l’affaire.

« Les considérations qui sont normalement utilisées pour clore d’autres affaires et même pour ne pas ouvrir une enquête n’ont pas été utilisées ici, même s’il y en avait un certain nombre », a-t-il écrit à l’époque.

« La principale considération contre les accusés est la considération médiatique », a écrit le juge.

Huit adultes ont été inculpés pour leur participation au mariage et l’affaire les concernant est toujours en cours.

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