Les propos d’Olmert « sont infondés », disent les procureurs général et d’Etat
Rechercher

Les propos d’Olmert « sont infondés », disent les procureurs général et d’Etat

Pour Mandelblit et Nitzan, les accusations de l’ex-Premier ministre contre les agences de l’application de la loi nuisent à la confiance placée dans la justice par l’opinion

Le procureur général Avichai Mendelblit (à gauche) et le procureur Shai Nitzan assistent à une conférence du ministère de la Justice à Tel-Aviv, le 21 décembre 2016. (Tomer Neuberg / Flash90)
Le procureur général Avichai Mendelblit (à gauche) et le procureur Shai Nitzan assistent à une conférence du ministère de la Justice à Tel-Aviv, le 21 décembre 2016. (Tomer Neuberg / Flash90)

Le procureur général et le procureur de l’Etat ont vivement critiqué lundi les propos tenus ce week-end par l’ancien Premier ministre Ehud Olmert, les qualifiant de « non-sens », « d’infondés » et aussi éloignés de la réalité que « l’est l’Est de l’Ouest ».

Dans sa première interview depuis sa sortie de prison en raison d’une condamnation pour pots-de-vin et entrave à la justice – une interview qui a été diffusée par Keshet TV samedi soir – Olmert a minimisé ses propres délits et a déploré une « persécution folle ».

Il a attaqué les responsables de l’application de la loi de l’époque, notamment le procureur général Menachem “Meni” Mazuz — devenu juge à la Cour suprême — ainsi que Moshe Lador, qui était procureur de l’Etat, et l’ancien contrôleur de l’Etat Lindenstrauss.

Continuant sur sa lancée avec un entretien accordé dimanche au quotidien Yedioth Ahronoth, Olmert a accusé Lador d’avoir « commis d’importants délits criminels ». Lador, a accusé l’ancien Premier ministre, l’avait traité, seulement après une heure d’interrogatoire, comme « un accusé qui devait prendre place sur le banc plutôt qu’un suspect qui bénéficie a priori de la présomption d’innocence ».

Tout en parlant de Mazuz, Olmert a évoqué ce qui, a-t-il affirmé, a été un « empressement excessif qui a mené les procureurs à prendre des décisions inappropriées », un fait qui « existe réellement, et cela a été absolument le cas dans mon affaire ».

Le juge de la Cour suprême Menachem (Meni) Mazuz, le 14 juillet 2016. (Photo : Flash90)

Ripostant lundi, le procureur-général Avichai Mandelblit a indiqué : « Il est impossible, à l’occasion de cette rencontre respectable de tous les responsables chargés de l’application de la loi, de ne pas évoquer les commentaires faits par le Premier ministre Ehud Olmert.”

« Ce sont des commentaires qui doivent être condamnés », a-t-il ajouté, s’exprimant lors d’une rencontre organisée pour le départ du chef des enquêtes et des renseignements de la police, Meni Yitzhaki. Les tribunaux, a-t-il continué, ont émis « des jugements factuels et légaux sans équivoque en ce qui concerne le comportement d’Olmert ».

« La distance existant entre les déclarations de M. Olmert sur la conduite du système chargé de l’application de la loi et sur la manière dont ont été gérés les dossiers le concernant au tribunal, et la façon dont les choses se sont déroulées en réalité, est aussi éloignée que l’est l’Est de l’Ouest », a dit Mandelblit. « Il aurait été préférable que ces propos infondés n’aient jamais été tenus ».

L’ancien Premier ministre Ehud Olmert dans une interview télévisée de Keshet diffusée le 17 mars 2018 (Capture d’écran de Keshet).

Shai Nitzan, le procureur de l’Etat, a estimé que « des enquêtes sont ouvertes au sein de l’Etat d’Israël dans la mesure où il y a des soupçons portant sur de potentiels actes criminels qui ont été commis. Cela a été le cas avec les enquêtes ouvertes en relation avec M. Olmert – quand l’ouverture des dossiers a été approuvée par le procureur général ou le procureur de l’Etat à l’époque, après qu’ils ont découvert qu’il y avait des raisons de croire qu’un crime avait été commis, et quand il s’est avéré que ces soupçons, au terme de l’enquête et des audiences judiciaires, étaient bien fondés au-delà du doute raisonnable ».

Les bureaux du procureur général, du procureur de l’Etat et de la police ont été dirigés par « une philosophie toute professionnelle d’application de la loi et de protection de l’intégrité de l’Etat », a continué Nitzan, qui a qualifié les commentaires d’Olmer de « non-fondés » et de « non-sens ».

« Comment se fait-il qu’Ehud Olmert, un criminel reconnu coupable de pots-de-vin et d’abus de confiance, qui vient tout juste de franchir les portes de sa prison, se permette ainsi de dénigrer et de calomnier de hauts-responsables honnêtes travaillant dans le système de l’application de la loi, sans aucune base, et nuisant ainsi à la confiance placée par l’opinion publique dans la justice ? »

Olmert, qui a été Premier ministre de 2006 à 2009 et qui a été libéré de prison l’été dernier après avoir purgé une peine de 16 mois pour avoir accepté des pots-de-vin et pour entrave à la justice, fait la promotion de sa nouvelle autobiographie.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...