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Les Québécois de moins en moins informés sur la Shoah

Près d’un tiers (32 %) des Québécois ont affirmé dans un sondage posséder une "connaissance insuffisante" de la Shoah, contre 21 % des Ontariens et 24 % des Canadiens

Des visiteurs, dans ce qui fut le camp de concentration nazi d’Auschwitz, suite à la marche annuelle des Vivants, à Oswiecim, en Pologne, le 28 avril 2022. (Crédit : Czarek Sokolowski/AP)
Des visiteurs, dans ce qui fut le camp de concentration nazi d’Auschwitz, suite à la marche annuelle des Vivants, à Oswiecim, en Pologne, le 28 avril 2022. (Crédit : Czarek Sokolowski/AP)

Selon un récent sondage, les Québécois ignoreraient bien plus l’histoire de la Shoah et des autres drames de la Seconde Guerre mondiale que le reste du Canada, a rapporté le média Le Devoir.

Près d’un tiers (32 %) des Québécois ont ainsi affirmé posséder une « connaissance insuffisante » de la Shoah, contre 21 % des Ontariens et 24 % des Canadiens.

L’écart se creuse quand l’on trie ces données en fonction de la langue maternelle des sondés : ainsi, 36 % des francophones avouent avoir peu de connaissances sur la Shoah, contrairement à 13 % des anglophones.

Le sondage a été réalisé auprès de 1 534 Canadiens par la firme de sondage Léger, missionnée par l’Association d’études canadiennes (AEC).

Selon le président de l’AEC, Jack Jedwab, la « modestie » des Québécois sur leurs propres connaissances justifierait en partie cette différence, mais aussi le manque d’attention portée à la Seconde Guerre mondiale dans les écoles québécoises.

« Si on traite moins la Seconde Guerre mondiale, on va porter moins d’attention à la Shoah », a-t-il expliqué au Devoir.

Selon 29 % des francophones canadiens, l’éducation au sujet de la guerre est « insuffisante », contre 21 % des anglophones.

Jack Jedwab, fils d’une survivante de la Shoah, explique que la disparition des derniers témoins rend la transmission de l’histoire encore plus compliquée.

« Les derniers survivants de cette époque ont plus de 90 ans en majorité. Après eux, le fardeau pour transmettre cette mémoire va être ailleurs », a-t-il déclaré.

La proportion de répondants affirmant connaître l’histoire de la Shoah s’étiole d’année en année au Canada, comme en Europe.

« Le risque, c’est avoir un certain détachement, et que les leçons de cette époque ne s’appliquent plus aujourd’hui », indique Jack Jedwab.

De nouveaux musées sont ainsi créés afin de poursuivre cette transmission et de perpétuer la mémoire des victimes des nazis.

Un nouveau musée de la Shoah doit ouvrir à Montréal en 2025, et un autre à Toronto en 2023.

Le sondage a été publié le 14 juin dernier, exactement 82 ans après la première déportation vers un camp de concentration de Pologne.

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