Les réflexions post-coronavirus d’un architecte en Chine, natif d’Israël
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Les réflexions post-coronavirus d’un architecte en Chine, natif d’Israël

Alors que Moshe Safdie assiste au lancement de la première phase de la vaste Raffles City à Chongqing, les travaux de ses projets à Singapour et aux États-Unis se poursuivent

Jessica Steinberg est responsable notre rubrique « Culture & Art de vivre »

Raffles City Chonqing, l'un des derniers projets de l'architecte Moshe Safdie, qui a entamé sa première phase en juin 2020. (Autorisation : Moshe Safdie Architects)
Raffles City Chonqing, l'un des derniers projets de l'architecte Moshe Safdie, qui a entamé sa première phase en juin 2020. (Autorisation : Moshe Safdie Architects)

Dix ans après que l’architecte Moshe Safdie a commencé à travailler sur Raffles City à Chongqing, en Chine, le pont aérien Crystal, qui relie quatre gratte-ciel de 250 mètres de haut, a été inauguré en juin, la première étape de ce vaste complexe.

Le reste de Raffles City Chongqing devrait être terminé d’ici la fin de l’année.

« Je pense à des projets comme celui-ci depuis 50 ans, mais la possibilité de réaliser des projets à grande échelle comme celui-ci a commencé à se présenter il y a 15 ans », explique Moshe Safdie, un Canadien né en Israël qui vit à Boston.

Raffles City Chongqing se trouve au confluent du Yangtsé et du Jialing dans le district de Yuzhong, et sera formé de huit gratte-ciel reliés par un podium de cinq étages.

La tour horizontale en porte-à-faux du projet Raffles de Moshe Safdie en Chine. (Autorisation : Moshe Safdie)

L’architecte indique qu’il « allait et venait » à Raffles depuis dix ans, voyageant en Chine en moyenne une fois tous les deux mois.

C’est un trajet qu’il ne fait pas ces derniers temps, en raison du coronavirus.

Le prochain projet de Moshe Safdie pour l’Asie prendra place à Singapour, à l’aéroport Jewel Changi, et consistera en un complexe similaire à une ville aéroportuaire, dit-il.

« Maintenant, nous leur devons un voyage avec des croquis », a-t-il dit, « et cela signifie être mis en quarantaine deux semaines là-bas et deux semaines à notre retour. »

D’après Moshe Safdie, qui a conçu de grandes structures architecturales dans le monde entier, les projets de cette envergure ont tendance à se produire le plus souvent en Asie.

Le Crystal, qui fait partie du projet Raffles conçu par l’architecte Moshe Safdie, est entouré d’une structure en verre et en acier qui apporte une lumière naturelle, des vues étendues et des jardins tout au long de l’année, un concept qui devient de plus en plus vital dans les projets urbains, selon M. Safdie, compte tenu des effets du coronavirus (Autorisation : Moshe Safdie Architects)

L’entrepreneur trouve que ses clients en Asie, qu’ils soient des gouvernements, des entreprises privées ou une combinaison des deux, ont des ambitions plurielles qui n’existent pas aux États-Unis.

« Ils ont aussi des ressources », dit-il. « Est-ce qu’on fait beaucoup ici avec les infrastructures aéroportuaires et autres ? ».

En Israël, Moshe Safdie a conçu de multiples projets, dont le complexe compliqué de Mamilla, l’aéroport international Ben Gourion réaménagé et Yad Vashem.

Pour l’instant, le coronavirus a fermé temporairement son agence, mais le travail s’est poursuivi sur d’autres projets. Il réfléchit à l’impact que le coronavirus aura sur son travail et sur l’architecture en général.

« Je pense que c’est dans l’espace de travail qu’il sera intéressant de voir l’impact », juge-t-il. « Personnellement, je ne crois pas que les gens travailleront chez eux. Je pense que beaucoup de gens ont découvert que s’ils sont célibataires ou avec des enfants, c’est plutôt infernal de travailler à la maison. Les gens ont besoin de parler ».

L’architecte Moshe Safdie. (Capture d’écran YouTube)

Le coronavirus soulève également des questions sur les problèmes urbains et la densité, commente Moshe Safdie, en mentionnant un ami qui s’est plaint à lui de vivre dans un immeuble de luxe à New York, qui n’a pas de balcon et dont les fenêtres ne peuvent pas s’ouvrir.

« Nous devons nous demander s’il est raisonnable de construire des appartements sans même un endroit où aller à l’extérieur », dit-il. « Je pense qu’il y aura beaucoup de réflexion à ce sujet. »

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