Les refuges pour animaux au bord de la faillite, car la COVID-19 tarit les dons
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Les refuges pour animaux au bord de la faillite, car la COVID-19 tarit les dons

Les animaux ont toujours besoin d'être nourris et soignés, disent les refuges à la commission de la Knesset, et les cas de maltraitance d'animaux se perdent dans la bureaucratie

  • Un âne sauvé par le refuge pour animaux "Starting Over" au Moshav Herut, dans le centre d'Israël. (Revital Topiol)
    Un âne sauvé par le refuge pour animaux "Starting Over" au Moshav Herut, dans le centre d'Israël. (Revital Topiol)
  • Un cheval blessé au refuge pour animaux "Starting Over" au Moshav Herut, dans le centre d'Israël. (Revital Topiol)
    Un cheval blessé au refuge pour animaux "Starting Over" au Moshav Herut, dans le centre d'Israël. (Revital Topiol)
  • Une chèvre sauvée au refuge pour animaux "Starting Over" au Moshav Herut, dans le centre d'Israël. (Revital Topiol)
    Une chèvre sauvée au refuge pour animaux "Starting Over" au Moshav Herut, dans le centre d'Israël. (Revital Topiol)
  • Danielle Meiri, responsable des soins aux animaux à Freedom Farm, s'occupe de Mandy, une poule sauvée de l'industrie des œufs qui a des problèmes chroniques avec son système immunitaire. (Sue Surkes/Times of Israel)
    Danielle Meiri, responsable des soins aux animaux à Freedom Farm, s'occupe de Mandy, une poule sauvée de l'industrie des œufs qui a des problèmes chroniques avec son système immunitaire. (Sue Surkes/Times of Israel)
  • Gali, un veau aveugle à Freedom Farm, dans le centre d'Israël. (Avec l'aimable autorisation de Freedom Farm)
    Gali, un veau aveugle à Freedom Farm, dans le centre d'Israël. (Avec l'aimable autorisation de Freedom Farm)
  • Un lapin à Freedom Farm subissant un traitement pour une infection oculaire contractée lors de son utilisation pour des expériences. (Sue Surkes/Times of Israel)
    Un lapin à Freedom Farm subissant un traitement pour une infection oculaire contractée lors de son utilisation pour des expériences. (Sue Surkes/Times of Israel)
  • L'activiste pour la défense des animaux Nora Lifschitz tient une chauve-souris frugivore blessée (Rousettus aegyptiacus) dans son nouveau refuge pour chauves-souris au centre d'Israël, dans la vallée d'Elah, le 22 juin 2016. (Crédit : AFP/Menahem Kahana)
    L'activiste pour la défense des animaux Nora Lifschitz tient une chauve-souris frugivore blessée (Rousettus aegyptiacus) dans son nouveau refuge pour chauves-souris au centre d'Israël, dans la vallée d'Elah, le 22 juin 2016. (Crédit : AFP/Menahem Kahana)
  • Sharon Cohen avec un ami bovin au refuge pour animaux "Starting Over" au Moshav Herut, dans le centre d'Israël. (Revital Topiol)
    Sharon Cohen avec un ami bovin au refuge pour animaux "Starting Over" au Moshav Herut, dans le centre d'Israël. (Revital Topiol)
  • En visite au refuge pour animaux "Starting Over" au Moshav Herut, dans le centre d'Israël. (Revital Topiol)
    En visite au refuge pour animaux "Starting Over" au Moshav Herut, dans le centre d'Israël. (Revital Topiol)
  • Un cheval à moitié affamé sauvé par le refuge pour animaux "Starting Over" au Moshav Herut, dans le centre d'Israël. (Revital Topiol)
    Un cheval à moitié affamé sauvé par le refuge pour animaux "Starting Over" au Moshav Herut, dans le centre d'Israël. (Revital Topiol)
  • Des amis à plume : Au refuge pour animaux "Starting Over" au Moshav Herut, dans le centre d'Israël. (Revital Topiol)
    Des amis à plume : Au refuge pour animaux "Starting Over" au Moshav Herut, dans le centre d'Israël. (Revital Topiol)

Les refuges pour animaux sont au bord de la faillite, les dons se tarissant tandis que les demandes d’aide continuent d’augmenter, a déclaré jeudi une commission de la Knesset avant la Journée internationale pour le droit des animaux.

Plusieurs organisations ont déclaré à la commission des Affaires intérieures et de l’Environnement, mardi, que la pandémie de coronavirus a interrompu les visites de leurs installations – une source de revenus essentielle – et que les supporters ont cessé de faire des dons ou ont annulé les versements mensuels d’un montant aussi faible que 10 NIS par mois, ce qui a eu un impact sur la capacité des refuges à nourrir et à soigner leurs animaux.

Sharon Cohen, fondatrice de « Starting Over » dans le centre d’Israël, qui compte 500 résidents animaliers, dont des chevaux, des vaches et 100 ânes, a décrit une nouvelle tendance qui voit des dizaines de propriétaires de chevaux et d’écuries renvoyer leurs chevaux parce qu’ils n’ont plus les moyens de les entretenir, et se tourner vers des refuges comme le sien, qui ne peuvent plus se permettre de les admettre. « Cela ne s’est jamais produit auparavant », a-t-elle déclaré.

« Certains de nos fournisseurs ont accepté de différer leurs factures », a-t-elle ajouté. « Nous ne pouvons pas payer nos employés ».

Keren Or Solomon avec l’un de ses nombreux sauvetages. (Capture d’écran de Ynet)

Keren Or Solomon, fondatrice de la Keren Or Farm, où plusieurs centaines d’animaux sont soignés avec l’aide de jeunes à risque, de personnes autistes, de survivants de la Shoah et de victimes d’abus sexuels, a déclaré que les inondations hivernales ont aggravé les problèmes liés au coronavirus.

Adit Romano de Freedom Farm, dont la plupart des animaux de ferme estropiés, aveugles, génétiquement modifiés ou autrement handicapés, proviennent principalement de l’industrie de l’élevage, a déclaré : « Lorsque les gens sont en difficulté, les dons pour les animaux passent en premier. Les travailleurs peuvent partir en vacances sans être payés, mais pas nos employés. Les animaux ne peuvent pas se passer de nourriture et de soins. Il n’y a tout simplement pas moyen de réduire les coûts ».

Une admiratrice fait un baiser à Yossi le cochon. (Autorisation : Ferme de la Liberté)

Le manque d’un budget d’Etat en raison de querelles politiques internes au gouvernement limite sérieusement la capacité du ministère de la Protection environnementale de venir en aide aux structures, explique une responsable du ministère, Gali Davidson, qui ajoute avoir « mal au cœur » lorsqu’elle pense au nombre croissant d’organisations à but non-lucratif qui prennent en charge de plus en plus d’animaux violentés et négligés.

Un agneau recueilli au refuge « Nouveau départ » du Moshav Herut, dans le centre d’Israël. (Crédit : Revital Topiol)

Pour l’année fiscale en cours, le ministère distribuera environ quatre millions de shekels à répartir entre 34 organisations, a-t-elle continué.

Netanel Asheri, qui travaille au Trésor et qui est responsable du financement accordé aux ONG pendant la crise du coronavirus, a précisé qu’une somme globale d’environ 250 millions de shekels environ avait été allouée aux organisations à but non-lucratif – mais il n’a pas été en mesure de dire la part du montant réservé aux associations animalières qui a été effectivement remise, pour le moment. Il a toutefois vivement recommandé aux refuges de faire connaître leurs commentaires sur une proposition de subvention d’un montant total de 100 millions de shekels pour tout le secteur, avant confirmation définitive de ses dispositions et avant le lancement des appels à candidature.

L’unité de Davidson avait été créée pour gérer un Fonds consacré au bien-être animal dans le cadre d’une loi sur les droits des animaux de 1994, pour recueillir des fonds pour l’éducation, la formation et le soutien d’ONG œuvrant dans le domaine de la défense animale et autres questions liées.

Ce Fonds devait initialement être financé par l’Etat, des dons et par les amendes imposées pour les violences exercées sur les animaux.

Les dossiers de violence sur les animaux clos pour manque de preuve, peu d’amendes distribuées aux contrevenants

Mais, comme l’ont révélé une séance de commission au mois d’octobre et une session de suivi organisée mardi, peu d’amendes sont distribuées en raison des nombreuses lois, des multiples organismes d’Etat et de la bureaucratie pesante qui sont impliqués dans ce processus.

Un rapport écrit par le département de recherche de la Knesset pour la commission a montré que la supervision du bien-être animal et l’application des lois étaient principalement divisées entre la police israélienne, le ministère de l’Agriculture et les autorités locales. Les procureurs sont responsables des cas impliquant des violences exercées sur les animaux « avec l’intention d’entraîner des lésions corporelles graves ».

Capture d’écran d’une vidéo d’un homme de Bat Yam maltraitant un chien. (Douzième chaîne)

Ni le ministère de l’Environnement – qui est responsable de l’administration du bien-être animal – ni l’Autorité israélienne de la nature et des parcs, dont le rôle comprend le contrôle des actes de cruauté, de la chasse illégale ou le commerce des animaux sauvages, ne sont toutefois autorisés à faire appliquer les lois sur la cruauté animale.

Le ministère de l’Agriculture, qui reçoit des plaintes concernant des violences faites sur les animaux via ses services vétérinaires et via son unité chargée de l’application de la loi et des enquêtes, compte 62 inspecteurs qui ont la responsabilité d’une large gamme de questions et notamment du bien-être animal. Toutefois, ils ne sont que six à travailler exclusivement sur le sujet.

Sur 300 vétérinaires ou plus dépendant des autorités locales, environ 90 ont suivi une formation, par le biais du ministère de l’Agriculture, sur l’application de la loi et 16 ont obtenu l’autorisation de faire appliquer les législations en vigueur et d’imposer des amendes. Mais en raison du manque de coordination entre les ministères de l’Agriculture et de l’Intérieur, aucun d’entre eux n’a reçu le sceau final d’approbation qui leur permettrait de passer de la théorie à la pratique.

Le département de la recherche a découvert que sur 1 982 dossiers impliquant des violences animales qui avaient été ouverts par la police entre 2015 et 2020, 82 % avaient dû être fermés en raison d’un manque de preuves.

Photo d’un abattoir à Haïfa (Crédit : Animals Now)

Le ministère de l’Agriculture a ouvert 523 dossiers entre 2015 et 2019. 162 ont été fermés. 58 mises en examen ont été décidées et une moyenne de 107 amendes par an ont été distribuées. Le ministère n’a pas été en mesure de dire combien d’amendes avaient été honorées.

Roy Kliger, à la tête de l’unité centrale chargée de l’application de la loi et des enquêtes, a indiqué que depuis la discussion du mois d’octobre, il s’était tourné vers la police, l’instance centralisant le paiement des amendes et même les autorités fiscales pour mieux organiser la coordination. L’Autorité fiscale s’intéresse par ailleurs aux élevages de chiots non-déclarés.

De son côté, le gouvernement prévoit de lancer une hotline pour toute information portant sur les violences animales, similaire à celles qui permettent d’appeler une ambulance ou les pompiers. Les plaignants devront remplir un formulaire standardisé sur internet et un numéro de dossier leur sera transmis, ce qui leur permettra de suivre la prise en charge de leur signalement. De son côté, le ministère de l’Agriculture va ouvrir un compte en banque spécial pour le paiement des amendes.

La députée et activiste des droits des animaux Miki Haimovich (Kakhol lavan) s’est exprimée mardi – à l’occasion de la Journée mondiale des droits des animaux – à la Knesset, disant que si ces derniers pouvaient prendre la parole devant le Parlement, ils demanderaient le respect de leurs droits et pas seulement pendant les 24 heures qui leur sont consacrées.

Miki Haimovich, présidente de la commission des affaires intérieures et de l’environnement de la Knesset, 8 septembre 2020, (Autorisation)

« Les animaux ont obtenu cette journée internationale parce qu’ils n’ont pas de droits. Trop d’années ont passé pendant lesquelles les cris des animaux ont échoué à pénétrer les murs de ce bâtiment, pendant lesquelles les oreilles ont été sourdes à la douleur et les yeux aveugles à la peur », a-t-elle dit.

Les êtres humains tuent un demi-milliard d’animaux tous les jours, sans compter les créatures marines qui sont tuées par tonnes, a-t-elle ajouté, et 10 000 espèces disparaissent tous les ans.

Elle a poursuivi en notant : « J’attends que ce jour soit effacé du calendrier parce qu’il n’aura plus de raison d’être ».

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