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Les réfugiés palestiniens du Liban s’enfoncent dans la pauvreté, selon l’ONU

Un responsable de l'UNRWA met en garde contre une "crise humanitaire dramatique" et indique que deux tiers des familles ont réduit le nombre de leurs repas quotidiens

Un travailleur palestinien de l'UNRWA (Agence de secours et de travaux des Nations unies) pulvérise une camionnette, transportant du pain, par précaution contre le coronavirus, à l'entrée fermée de Jalil, ou camp de réfugiés palestiniens de Galilée, à Baalbek, au Liban, le 24 avril 2020. (Crédit : AP Photo/Hussein Malla)
Un travailleur palestinien de l'UNRWA (Agence de secours et de travaux des Nations unies) pulvérise une camionnette, transportant du pain, par précaution contre le coronavirus, à l'entrée fermée de Jalil, ou camp de réfugiés palestiniens de Galilée, à Baalbek, au Liban, le 24 avril 2020. (Crédit : AP Photo/Hussein Malla)

L’ONU a averti mercredi que les réfugiés palestiniens du Liban traversaient une « crise humanitaire dramatique », le nombre de réfugiés palestiniens touchés par la pauvreté ayant fortement augmenté en 2022 dans le pays, plongé dans une effroyable crise économique.

Deux familles de réfugiés palestiniens sur trois ont réduit le nombre de repas qu’elles prennent chaque jour, a déclaré la commissaire générale adjointe de l’agence de l’ONU pour l’aide aux réfugiés Palestiniens (Unrwa), Leni Stenseth, lors d’une conférence de presse à Beyrouth.

La semaine dernière, l’Unrwa avait appelé les donateurs à fournir une aide d’urgence de 13 millions de dollars aux réfugiés palestiniens, afin de gérer les services de soins de santé primaires et maintenir les écoles ouvertes jusqu’à la fin de l’année.

Depuis 2019, le Liban connaît une des pires crises économiques de l’époque moderne, selon la Banque mondiale, qui porte un coup dur aux communautés vulnérables, dont les réfugiés syriens et palestiniens.

Selon l’Unrwa, le taux de pauvreté parmi les réfugiés palestiniens du Liban, qui s’élevait à près de 70 % début 2022, atteint désormais 93 %.

Une nouvelle structure de sécurité dans le camp de réfugiés palestiniens d’Ain al-Hilweh, près de la ville côtière de Sidon, dans le sud du Liban, le 21 novembre 2016. (Crédit : AFP/Stringer)

« C’est une crise humanitaire dramatique », a déclaré Mme Stenseth, soulignant que « la quasi totalité » de ces réfugiés est dans l’incapacité d’assurer les besoins les plus élémentaires.

Quelque 210 000 réfugiés palestiniens, dont environ 30 000 Palestiniens venus de Syrie au cours des dix dernières années, vivent dans des camps surpeuplés ou à l’extérieur de ces camps au Liban selon l’Unrwa.

La plupart des réfugiés palestiniens vivent dans les 12 camps du pays, dans des conditions sordides, aggravées par la crise financière, et sont confrontés à diverses restrictions légales, notamment en matière d’emploi.

« Nous savons que les infrastructures au Liban sont vétustes. Evidemment, les camps ne sont pas en meilleur état », a-t-elle déclaré, ajoutant que l’Unrwa travaille sur une campagne de prévention après la flambée de cas de choléra qui a frappé le Liban en septembre.

« Nous avons demandé un financement pour nous préparer à la situation qui vient d’apparaître », liée à l’épidémie, a ajouté la responsable de l’Unrwa.

La crise qui perdure a poussé un grand nombre de réfugiés palestiniens, notamment des camps du nord du Liban, à tenter l’immigration clandestine en Europe à bord de « bateaux de la mort ».

Un grand nombre de réfugiés palestiniens se trouvaient parmi une centaine de personnes tuées lors du naufrage d’une embarcation au large de la Syrie en septembre.

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