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Les représentants juifs démocrates dénoncent les propos anti-Israël de Paul O’Brien

Habituellement très divisés, ils soutiennent une déclaration reprochant au responsable d'Amnesty International de douter de l'existence d'un soutien des Juifs américains à Israël

La représentante Elaine Luria, à droite, suivie par la représentante Abigail Spanberger, à gauche, quitte une rencontre du caucus démocrate de la chambre avec la présidente de la chambre Nancy Pelosi  au capitole, le 24 septembre 2019 (Crédit : J. Scott Applewhite/AP Photo)
La représentante Elaine Luria, à droite, suivie par la représentante Abigail Spanberger, à gauche, quitte une rencontre du caucus démocrate de la chambre avec la présidente de la chambre Nancy Pelosi au capitole, le 24 septembre 2019 (Crédit : J. Scott Applewhite/AP Photo)

WASHINGTON (JTA) – Les 25 Juifs démocrates de la Chambre, un caucus fractionné, rarement d’accord à l’unanimité sur les questions d’intérêt juif, ont signé une déclaration dénonçant les récents commentaires du directeur américain d’Amnesty International, qui a déclaré que, selon lui, les sondages montrant que la majorité des Juifs américains soutiennent Israël sont inexacts.

« En tant que membres juifs de la Chambre des représentants, nous avons des opinions diverses sur un certain nombre de questions relatives à Israël. Cependant, nous sommes entièrement d’accord sur le fait que la tentative condescendante de M. [Paul] O’Brien de parler au nom de la communauté juive américaine est alarmante et profondément offensive », peut-on lire dans la déclaration publiée lundi.

La semaine dernière, dans un discours rapporté par Jewish Insider, Paul O’Brien a défendu le récent rapport d’Amnesty désignant Israël comme un état « d’apartheid ». Une personne présente à l’événement, au Women’s National Democratic Club de Washington DC, l’a interrogé sur un sondage réalisé en 2020 par la Ruderman Family Foundation, selon lequel huit juifs américains sur dix s’identifient comme « pro-Israël ». Les résultats de ce sondage correspondent aux conclusions de multiples sondages effectués au fil des ans.

« Je crois que mon instinct me dit que ce que les juifs de ce pays veulent, c’est savoir qu’il existe un sanctuaire qui est un endroit sûr et durable que les juifs, le peuple juif peut considérer comme sa maison », a-t-il dit, un statut en deçà d’un État juif, chose qui, selon O’Brien dans le même discours, a été rejeté par Amnesty.

« Nous sommes opposés à l’idée – et c’est, je pense, une partie existentielle du débat – qu’Israël doit être préservé en tant qu’État pour le peuple juif », avait déclaré O’Brien plus tôt dans ses commentaires.

O’Brien a tweeté vendredi que ses remarques ont été prises hors contexte, sans toutefois contester le contenu de la citation. « Je n’ai pas pris position, et Amnesty International ne prend pas position, sur la légitimité d’un État, quel qu’il soit », a-t-il déclaré.

Paul O’Brien, directeur d’Amnesty International USA. (Crédit : Capture d’écran/YouTube)

Une telle unanimité est rare chez les démocrates juifs, en particulier sur les questions d’intérêt pour les Juifs. À titre d’exemple, les députés Elaine Luria de Virginie et Dean Phillips du Minnesota ont condamné les commentaires de leur collègue démocrate Ilhan Omar comme étant antisémites, tandis que la représentante Jan Schakowsky de l’Illinois s’est jointe à Omar pour combattre l’antisémitisme. La semaine dernière, Luria et le représentant Josh Gottheimer ont été à l’origine d’une lettre indiquant qu’ils s’opposeraient probablement à toute tentative de l’administration Biden de réintégrer l’accord sur le nucléaire iranien, tandis que les représentants John Yarmuth (Kentucky) et Alan Lowenthal (Californie) ont qualifié de catastrophique le désengagement de l’ancien président américain Donald Trump de l’accord.

Les représentants juifs du Capitole qui ont assisté à la compilation des noms de chaque membre juif dans leur déclaration à Amnesty ont déclaré à Jewish Telegraphic Agency qu’ils étaient stupéfaits de voir les membres surpasser leurs différences, grandes et petites.

Les seuls représentants juifs de la Chambre à ne pas figurer pas dans la déclaration sont les deux républicains, David Kustoff du Tennessee et Lee Zeldin de New York. Les porte-parole de chacun d’entre eux ont déclaré qu’ils n’avaient pas été sollicités pour signer la déclaration.

Un membre du personnel ayant participé à l’élaboration de la déclaration, et qui a demandé à préserver son anonymat pour pouvoir s’exprimer librement, a indiqué que chaque camp devait gérer les infractions relevant de son secteur, et que les déclarations d’un groupe libéral comme Amnesty International se situaient plutôt du côté des démocrates.

Le représentant a aussi déclaré que les républicains devraient s’efforcer d’isoler et de condamner ceux qui, au sein de leur parti, font des déclarations hostiles aux Juifs, en citant notamment Marjorie Taylor Greene (Géorgie) et Paul Gosar (Arizona). Les républicains ont condamné les remarques de Gosar et Greene et d’autres personnes, mais ils ont refusé de les sanctionner.

« Nous essayons de donner l’exemple à nos collègues républicains juifs », a déclaré le représentant.

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