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Amnesty US: Israël ne devrait pas exister « en tant qu’État pour le peuple juif »

Paul O'Brien a déclaré qu'il ne croyait pas aux sondages montrant que la majorité des Juifs américains soutenaient Israël, suscitant des condamnations et des demandes d'excuses

Paul O'Brien, directeur d'Amnesty International USA. (Crédit : Capture d'écran/YouTube)
Paul O'Brien, directeur d'Amnesty International USA. (Crédit : Capture d'écran/YouTube)

WASHINGTON (JTA) – Un responsable d’Amnesty International a déclaré que l’organisation est opposée à ce qu’Israël continue d’exister en tant qu’État juif.

« Nous sommes opposés à l’idée – et je pense qu’il s’agit là d’une partie existentielle du débat – qu’Israël doit être préservé en tant qu’État pour le peuple juif », a déclaré Paul O’Brien, directeur d’Amnesty International pour les États-Unis, lors d’un déjeuner organisé cette semaine par le Women’s National Democratic Club à Washington.

Le Jewish Insider a été le premier à rapporter ces remarques. O’Brien a également déclaré qu’il ne croyait pas aux sondages indiquant que la majorité des Juifs américains soutenaient Israël.

Il est inhabituel que des organisations dont les responsabilités se limitent à surveiller le respect des lois internationales régissant les libertés et les droits de l’Homme prennent position sur la question de savoir si et comment un État établi doit continuer à exister. Les commentaires d’O’Brien ont immédiatement suscité un torrent de condamnations de la part des associations juives.

« S’il y avait encore le moindre doute quant à la crédibilité d’Amnesty en tant que porte-parole légitime, il est maintenant tout à fait clair qu’ils appartiennent résolument au cercle des provocateurs extrémistes anti-Israël », a déclaré vendredi dans une interview William Daroff, le directeur général de la Conférence of Presidents of Major American Jewish Organizations (CoP), qui avait tweeté plus tôt que les remarques d’O’Brien étaient scandaleuses. « Il est clair que leur véritable vision est un Moyen-Orient sans Israël comme État juif. »

Jonathan Greenblatt, le directeur de l’Anti-Defamation League, a demandé à O’Brien de présenter des excuses aux Juifs.

« Votre focalisation obsessionnelle et incessante sur Israël, et la suppression du droit des Juifs à l’autodétermination démontrent un dangereux degré de partialité », a-t-il tweeté.

Des copies du rapport d’Amnesty International « L’apartheid israélien contre les Palestiniens », lors d’une conférence de presse à Jérusalem, le 1er février 2022. (Crédit : AP/Maya Alleruzzo)

O’Brien a déclaré qu’il ne croyait pas les sondages qui montrent que la grande majorité des Juifs américains soutiennent Israël.

« Je crois que mon instinct me dit que ce que les Juifs de ce pays veulent, c’est savoir qu’il existe un sanctuaire qui est un endroit sûr et durable que les Juifs, le peuple juif, peut considérer comme sa maison », a-t-il dit, faisant apparemment référence à une théorie avancée par un petit groupe d’intellectuels qui imagine un État binational judéo-palestinien qui agirait comme un refuge pour les juifs.

Les associations juives, y compris celles qui sont souvent critiques à l’égard d’Israël, ont été particulièrement offensées par les suppositions d’O’Brien sur ce que pensent les Juifs.

« Les sondages montrent que la grande majorité des juifs américains, comme J Street, soutiennent l’avenir d’Israël en tant qu’État démocratique et patrie pour le peuple juif », a déclaré sur Twitter J Street, le groupe de pression juif libéral sur le Moyen-Orient. « Amnesty USA ferait bien de s’en tenir à son expertise en matière de droits de l’homme et droit international – et ne pas essayer d’évaluer l’opinion publique juive. »

Americans for Peace Now a fait l’éloge de la défense des droits de l’homme par Amnesty, mais a également conseillé au groupe de rester dans les limites normatives d’un organisme de surveillance des droits de l’homme.

« Amnesty International joue un rôle important en documentant les violations des droits de l’homme dans le monde entier, et non pas dans l’interprétation de l’opinion publique ou dans la prescription de la conversation collective au sein de la communauté juive américaine », a déclaré Ori Nir, porte-parole du groupe, dans un courriel.

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