Les restrictions sur les manifestations et les prières prolongées d’une semaine
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Les restrictions sur les manifestations et les prières prolongées d’une semaine

La loi limitant les manifestants à un kilomètre de leur domicile a été prolongée jusqu'au 13 octobre ; une marche a été organisée à Tel Aviv en violation des ordres de la police

Rassemblement de manifestants contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Tel-Aviv, le 6 octobre 2020. (Gili Yaari /Flash90)
Rassemblement de manifestants contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Tel-Aviv, le 6 octobre 2020. (Gili Yaari /Flash90)

Les ministres ont approuvé mardi une prolongation d’une semaine d’une loi restreignant fortement les manifestations et les prières à l’intérieur des bâtiments pendant le confinement dû au coronavirus.

La loi a été approuvée la semaine dernière par la commission de la Constitution, du droit et de la justice de la Knesset et est entrée en vigueur jeudi à minuit.

Elle devait initialement rester en vigueur jusqu’à ce mercredi, et le sera désormais au moins jusqu’au 13 octobre. Les responsables ont déclaré qu’ils pourraient prolonger les restrictions d’au moins une semaine supplémentaire.

Les ministres ont approuvé la prolongation, proposée par le ministre de la Santé Yuli Edelstein, lors d’un référendum tenu par téléphone mardi soir.

La résolution soumise à l’approbation des ministres indique que le nombre d’Israéliens atteints de COVID-19 a quadruplé depuis le début du mois de septembre, rapporte la Douzième chaîne.

Elle a également indiqué que le nombre d’enquêteurs traceurs de contact en Israël s’élevait désormais à 1 300, chacun d’entre eux étant capable de mener en moyenne deux enquêtes par jour, plaçant la capacité d’enquête du gouvernement bien en dessous du nombre de nouvelles infections quotidiennes.

Le ministère de la Santé a rapporté mardi 5 680 nouvelles infections confirmées la veille.

Les règles de confinement, mises en œuvre dans le cadre de « l’urgence spéciale coronavirus » déclarée par le gouvernement, interdisent aux Israéliens de se déplacer à plus d’un kilomètre de leur domicile pour manifester, et limitent les manifestations à des groupes de 20 personnes préservant une distanciation sociale, bien qu’elles permettent la réunion de multiples groupes de 20 personnes rassemblées dans des « capsules » dans des zones où l’espace entre les capsules est suffisant pour permettre la distanciation sociale.

La loi limite également les prières à l’intérieur des synagogues et les visites d’autrui pendant la semaine des fêtes de Souccot.

Les partisans de la loi affirment que les manifestations constituent un risque majeur pour la santé et qu’il est nécessaire de les réprimer étant donné le taux d’infection qui monte en flèche en Israël.

La mesure a rencontré une vive opposition. Ses détracteurs affirment qu’elle sape le caractère démocratique d’Israël et sert les intérêts politiques du Premier ministre Benjamin Netanyahu, qui utilise le virus comme couverture.

L’approbation des restrictions a été considérée comme un coup porté aux manifestations hebdomadaires devant la résidence officielle de Netanyahu à Jérusalem.

L’annonce de la prolongation est arrivée peu avant minuit mardi, alors que les protestations contre Netanyahu à Tel Aviv prenaient fin.

Rassemblement de manifestants contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu à Tel Aviv, le 6 octobre 2020. (Gili Yaari /Flash90)

Des centaines de manifestants ont défilé à travers Tel Aviv contre le règlement, après avoir quitté la principale zone de protestation de la place Habima pour se diriger vers le boulevard Rothschild.

La police a annoncé aux manifestants que le rassemblement était illégal et leur a demandé de se disperser, mais ils ont passé un poste de contrôle de la police sans incident majeur, hormis quelques petites échauffourées. Les policiers ont distribué des dizaines d’amendes aux manifestants pour avoir enfreint les règles de confinement, a rapporté le site d’information Ynet.

Contrairement aux annonces habituelles de la police, un officier a informé les manifestants à l’aide d’un mégaphone : « Nous ne sommes pas contre vous, mais vous mettez tous votre santé en danger. »

Un manifestant a été arrêté après avoir ouvert la porte d’une voiture de police et avoir versé une bouteille d’eau à l’intérieur du véhicule, a rapporté Haaretz.

Les manifestants ont accusé à plusieurs reprises la police de force disproportionnée pour contenir les manifestations. Ces dernières semaines, des images ont montré des policiers faisant usage de la force contre des manifestants antigouvernementaux et ultra-orthodoxes.

Mardi soir également, des résidents ultra-orthodoxes de Modiin Illit ont affronté la police qui tentait de faire respecter les restrictions dues au virus. Des centaines de manifestants ont encerclé un véhicule de police dans la ville et ont lancé des pierres et d’autres projectiles en direction de la police, a rapporté Ynet.

Des renforts ont été appelés sur les lieux, trois policiers ont été légèrement blessés et quatre manifestants ont été arrêtés.

Des vidéos de la scène montrent des policiers bousculant les manifestants.

D’autres manifestations ont eu lieu dans le quartier ultra-orthodoxe de Mea Shearim, à Jérusalem, pour la troisième nuit consécutive, avec des manifestants qui ont jeté des pierres et d’autres objets en direction de la police qui tentait de faire respecter les restrictions. Au moins trois manifestants ont été arrêtés.

La police se tient sur ses gardes alors que les manifestants manifestent contre la réglementation due au coronavirus dans le quartier ultra-orthodoxe de Mea Shearim, à Jérusalem, le 5 octobre 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Les critiques à l’encontre de la communauté ultra-orthodoxe se sont renforcées ces derniers jours, avec la multiplication de vidéos montrant un refus continu en son sein de se conformer aux règles de confinement, alors que le reste du pays voit ses libertés fortement réduites.

Les ultra-orthodoxes ont connu des taux d’infection par des coronavirus très élevés. Une évaluation réalisée la semaine dernière a révélé que le taux d’infection dans la communauté était 2,5 fois supérieur à la moyenne nationale.

Alors que la police renforce l’application des règlements, la communauté ultra-orthodoxe ressent une colère croissante contre les policiers, accusés d’employer une force disproportionnée, y compris contre les enfants.

Lors d’autres manifestations antigouvernementales organisées mardi dans des centaines d’endroits du pays, des milliers de personnes ont manifesté en petits groupes et dans un rayon d’un kilomètre autour de leur domicile, conformément aux règles du confinement.

La plupart des manifestants se sont rassemblés sur des ponts et à des carrefours près de chez eux.

En réponse aux nouvelles restrictions, les rassemblements localisés se sont multipliés, ainsi que les applications pour téléphones portables permettant aux utilisateurs de localiser les manifestations près de chez eux.

Les manifestants demandent à Netanyahu de démissionner en raison des accusations de corruption portées contre lui, de la gestion du gouvernement de la pandémie de coronavirus et des retombées économiques qui en découlent.

Les données ont indiqué mardi que la courbe de l’infection avait commencé à s’aplatir, après plusieurs jours de baisse du « taux de positivité » – le pourcentage de tests de virus qui reviennent positifs.

Des employés du Magen David Adom portant des vêtements de protection à l’extérieur de l’unité de coronavirus de l’hôpital Shaare Zedek à Jérusalem, le 6 octobre 2020. (Nati Shohat/Flash90)

Les chiffres du ministère de la Santé ont montré mardi soir que le taux de tests de dépistage du coronavirus positifs était tombé à 10,2 %, le chiffre le plus bas depuis mi-septembre.

Il n’est pas certain que ce taux reste aussi bas, vu qu’il augmente généralement une fois que les chiffres définitifs de toute une journée sont disponibles. Lundi, le taux de positivité s’est élevé à 11,4 %, restant inférieur aux précédents sommets de quelque 15 %.

Mais malgré les signes prometteurs d’un début de baisse du taux d’infection de l’ensemble de la population, la Douzième chaîne a rapporté mardi soir que le taux de tests positifs dans la communauté ultra-orthodoxe restait à 23 %. La chaîne a également déclaré que certaines régions du pays affichaient un taux de positivité de seulement 8 %.

Le responsable de la gestion du coronavirus, le professeur Ronni Gamzu, a déclaré lors d’une conférence de presse mardi après-midi qu’il était trop tôt pour dire si les nouveaux chiffres représentaient une tendance significative.

Netanyahu a déclaré mardi qu’il y avait des raisons d’être « prudemment optimiste » quant au fait qu’Israël était sur le point de sortir de sa deuxième vague du virus, ajoutant toutefois que, malgré les signes positifs, il ne s’empresserait pas de lever confinement national, en place avec des niveaux de restrictions variés, depuis le 18 septembre.

Le ministère de la Santé a déclaré 3 566 nouveaux cas mardi soir, sur un peu moins de 37 000 tests.

Le nombre de patients dans un état grave s’élevait à 880. Dans le même temps, 27 nouveaux décès ont été enregistrés mardi, portant le nombre de décès à 1 797.

Mardi soir, le nombre de cas actifs s’élevait à 63 831, le chiffre le plus bas enregistré depuis le 25 septembre. Cela pourrait être le résultat d’une diminution des tests au cours des derniers jours.

Le nombre de nouveaux cas quotidiens, qui a atteint un record la semaine dernière, avec 9 053 cas mercredi, est tombé à 7 031 vendredi, puis à 2 581 samedi – où les chiffres sont toujours plus bas en raison de la réduction des tests pendant le week-end – et enfin à 2 905 dimanche, selon les chiffres du ministère de la Santé.

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