Les vétérans du raid d’Entebbe boycottent la cérémonie du 50e anniversaire de l’opération
Plusieurs dizaines de ceux qui avaient participé au sauvetage aux côtés du frère assassiné du Premier ministre ont indiqué qu'ils refusaient de "servir de faire-valoir" à Netanyahu, qui "a abandonné les otages" dans les tunnels du Hamas
- Lire d'autres articles du Times of Israël sur Google – ajoutez-nous à vos sources préférées

Plusieurs dizaines d’anciens membres du commando qui avait été chargé de l’opération de sauvetage menée à Entebbe en 1976 ont fait savoir qu’ils boycotteraient la cérémonie officielle organisée la semaine prochaine à l’occasion du 50e anniversaire de ce raid audacieux qui avait été conduit par l’armée israélienne.
Ils entendent ainsi manifester leur opposition au gouvernement actuel.
La cérémonie devrait avoir lieu dimanche à la résidence présidentielle, à Jérusalem, en présence du président Isaac Herzog, du Premier ministre Benjamin Netanyahu et du chef d’état-major de l’armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, ainsi que des otages survivants, des familles des victimes et des vétérans de l’opération.
C’est le frère aîné de Benjamin Netanyahu, Yonatan Netanyahu, qui avait été à la tête de l’unité Sayeret Matkal qui avait été chargée de conduire le raid mené pour libérer les otages israéliens retenus dans un avion détourné en Ouganda. Il avait été tué au cours de l’opération.
Dans une lettre adressée à la résidence présidentielle et rendue publique par le site d’information Ynet, un groupe de vétérans ayant participé à l’opération sous le commandement de Yoni Netanyahu a annoncé qu’il refusait de « servir de faire-valoir à un Premier ministre qui, à maintes reprises, a fait l’éloge du sauvetage des otages à Entebbe alors qu’il a, en même temps, sciemment abandonné des otages dans les tunnels du Hamas, et qu’il favorise également la désobéissance à l’obligation de service militaire au sein de l’armée israélienne ».
Benny Davidson, qui avait 13 ans lorsqu’il avait été enlevé puis sauvé par l’armée israélienne pendant le raid d’Entebbe, a publié un message sur Facebook en début de semaine disant qu’il avait lui aussi décliné l’invitation.
« Je ne veux pas servir de caution à une mise en scène qui cherche à masquer un effondrement des valeurs et du leadership », a-t-il écrit sur Facebook. Davidson a également reproché au Premier ministre d’avoir « traîné les pieds » pour obtenir la libération des otages détenus à Gaza, et il a vivement critiqué Netanyahu pour son comportement qui « porte ouvertement atteinte à la mémoire, à l’héritage et aux valeurs pour lesquelles son frère, Yoni Netanyahu, paix à son âme, a donné sa vie ».
Il y a cinquante ans, un avion d’Air France, sur le trajet Tel Aviv-Paris via Athènes, avait été détourné et conduit à l’aéroport d’Entebbe, en Ouganda. Plus de 240 passagers se trouvaient à bord, parmi lesquels 83 Israéliens. Les pirates avaient exigé 5 millions de dollars ainsi que la libération de 53 terroristes pro-palestiniens.
Les auteurs du détournement avaient laissé partir la presque totalité des passagers non israéliens, ne retenant en captivité qu’un groupe de 106 personnes dans un ancien terminal. Une semaine après le détournement, quatre avions de transport israéliens de type C-130 Hercules avaient atterri à l’aéroport. En l’espace de quelques heures, l’opération de sauvetage, désormais légendaire, avait été menée à bien. Au final, quatre otages avaient perdu la vie, ainsi que Netanyahu, seule victime militaire israélienne de cette mission.
Ce n’est pas la première fois que les vétérans de cette audacieuse opération de l’armée israélienne critiquent publiquement Netanyahu. En 2023, au plus fort des manifestations contre la refonte du système judiciaire, plusieurs membres du commando d’élite d’Entebbe avaient publié une lettre accusant le Premier ministre de « sacrifier délibérément et en toute connaissance de cause l’État et le peuple d’Israël au profit de ses propres intérêts ».
En 2024, plusieurs amis de Yoni Netanyahu, dont certains avaient servi à ses côtés, avaient organisé une cérémonie commémorative parallèle sur sa tombe, accusant le Premier ministre « d’agir exactement à l’opposé des enseignements que [Yoni] nous avait transmis ».
la Communauté du Times of Israël !







