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Le commando d’élite d’Entebbe reproche à Netanyahu de « sacrifier le pays »

Les vétérans ont cité le leadership du frère du Premier ministre, tué au cours de l'opération, tout en critiquant Netanyahu pour ses tactiques visant à "diviser pour mieux régner"

Retour des otages après l'opération Entebbe, avec Michel Bacos marchant sur la passerelle, à gauche, le 4 juillet 1976. (Crédit : Archives de l'armée israélienne)
Retour des otages après l'opération Entebbe, avec Michel Bacos marchant sur la passerelle, à gauche, le 4 juillet 1976. (Crédit : Archives de l'armée israélienne)

Le commando d’élite qui a sauvé les otages d’Entebbe en 1976 a publié samedi une lettre reprochant au Premier ministre Benjamin Netanyahu de « sacrifier l’État d’Israël et le peuple d’Israël pour ses intérêts personnels ».

Le frère du Premier ministre, Yoni Netanyahu, a été tué alors qu’il dirigeait la force Sayeret Matkal dans l’opération.

« Nous avons eu le privilège de faire partie de la poignée de combattants qui ont pénétré dans Entebbe, sous la direction de notre commandant courageux et rempli de sang-froid, Yoni Netanyahu, qui s’est sciemment, et les yeux grands ouverts, sacrifié pour l’État d’Israël et le peuple d’Israël », ont écrit les anciens combattants.

« C’est triste, mais vous, Bibi, sacrifiez sciemment et les yeux grands ouverts, l’État d’Israël et le peuple d’Israël pour vos propres intérêts », ont-ils écrit, utilisant le surnom de Netanyahu dans une référence apparente à son procès en cours, qui, selon certains, est l’une des raisons principales de la refonte judiciaire soutenue par la coalition.

À lire – État d’Israël vs. Netanyahu : détails de l’acte d’accusation du Premier ministre

L’opération du 4 juillet 1976 avait permis de sauver 98 otages capturés le 27 juin 1976 par des terroristes palestiniens et allemands qui avaient détourné un avion d’Air France reliant Tel Aviv à Paris. L’avion avait été détourné vers l’Ouganda, où les pirates de l’air avaient été accueillis par le dictateur Idi Amin.

Quatre otages, et Yoni Netanyahu, ont été tués pendant l’opération.

Les anciens combattants ont également critiqué le Premier ministre et ses alliés pour leurs efforts visant à dénigrer les manifestants contre la réforme du système judiciaire en les qualifiant « d’anarchistes et de terroristes ».

« Pendant des années, vous avez délibérément pratiqué la stratégie de ‘diviser pour mieux régner’, en séparant et en dressant les Israéliens les uns contre les autres. Le public israélien qui ne vous soutient pas est désormais qualifié de ‘petit’, ‘faible’, ‘traître’ et ‘anarchiste’. »

« Vous nous avez comparés à ceux qui ont perpétré le pogrom de Huwara, et votre fils, qui n’a jamais tenu un fusil de sa vie, nous qualifie de ‘terroristes' », ont-ils rappelé.

Yoni Netanyahu, peu avant sa mort à Entebbe en 1976. (Crédit : Bureau du Premier ministre/Wikimedia)

Netanyahu est revenu sur ses propos jeudi, affirmant qu’il voulait simplement dire que l’émeute des partisans extrémistes du mouvement pro-implantation la semaine dernière et le blocage des routes à Tel Aviv lors des manifestations de mercredi étaient tous deux des exemples de violation de la loi.

Revenant sur un discours enflammé du député David Amsalem (Likud), dans lequel les manifestants étaient dépeints comme des privilégiés portant des Rolex et conduisant des Mercedes, les vétérans ont fait référence à l’utilisation de voitures allemandes haut de gamme dans l’opération de sauvetage des otages.

« Oui, [nous avons effectué le sauvetage] avec une Mercedes [pour ressembler à la voiture d’Amin], à 4 000 kilomètres de chez nous. Nous n’avions pas de Rolex, nous avions des kalachnikov, et pas de gilets de protection, car nous devions nous habiller comme des soldats ougandais. Mais nous avons pris ce risque car nous avions un objectif : sauver 105 Juifs – ashkénazes, mizrahim, laïcs et religieux – chacun faisant partie de notre nation et de notre pays », ont-ils écrit.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu condamnant la candidature nouvellement déclarée de son rival Naftali Bennett à la formation d’un gouvernement d’union avec Yaïr Lapid qui mettrait fin à ses 12 années en tant que Premier ministre, le 30 mai 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Pool via AP)

Les anciens combattants ont comparé le succès de divers éléments de l’establishment sécuritaire à l’unité observée parmi les divers éléments de la société lors des manifestations. « Tout comme aujourd’hui, tout le monde est uni dans les manifestations. »

« Vous nous avez qualifiés de ‘sionistes conditionnés’. Vous, dont le père, a quitté Israël en 1939 et n’est revenu qu’en 1949, à la fin de la Guerre d’Indépendance. Et puis une deuxième fois, qui a quitté le pays en 1962 pour ne revenir qu’après la mort de son fils [à Entebbe]. Avec nos frères d’armes et beaucoup d’autres merveilleux Israéliens, nous continuerons à protester et à lutter pour l’Israël de la Déclaration d’Indépendance et contre la dictature », ont-ils écrit.

Une vue aérienne montrant des Israéliens manifestant contre le projet de loi très controversé du gouvernement sur la refonte du système judiciaire, à Tel Aviv, le 4 mars 2023. (Crédit : Jack Guez/AFP)

Malgré les protestations et les appels au dialogue, le gouvernement continue d’aller de l’avant avec ses nouveaux projets de loi.

Pour la neuvième semaine consécutive, samedi soir, des centaines de milliers de manifestants ont protesté dans tout le pays contre les propositions du gouvernement visant à réduire le système judiciaire du pays.

Les réformes radicales, qui ont été adoptées « par la force » à la Knesset ces dernières semaines, prévoient que le gouvernement s’octroie un contrôle total sur la nomination des juges de la Haute Cour, qui éliminerait pratiquement toute possibilité pour la Cour d’examiner et d’annuler des lois et qui autoriserait les hommes politiques à nommer – et à limoger – leurs propres conseillers juridiques.

Selon ses détracteurs, ce projet portera profondément atteinte au caractère démocratique d’Israël en bouleversant son système d’équilibre des pouvoirs, en accordant presque tous les pouvoirs à la coalition et en laissant les droits individuels sans protection et les minorités sans défense.

Les partisans assurent qu’il s’agit d’une réforme indispensable pour mettre un frein à l’activisme de la Haute Cour.

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