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Regev compare les manifestants qui ont encerclé Sara Netanyahu à des « terroristes »

Selon l’élue du Likud, les manifestants avaient "de la haine dans les yeux" ; la sécurité autour de la famille du Premier ministre sera renforcée suite à la hausse des menaces

La ministre des Transports Miri Regev s'exprimant lors d'une célébration pré-Pourim, à Rishon Lezion, le 4 mars 2023. (Crédit : Twitter)
La ministre des Transports Miri Regev s'exprimant lors d'une célébration pré-Pourim, à Rishon Lezion, le 4 mars 2023. (Crédit : Twitter)

Samedi soir, la ministre des Transports, Miri Regev, a assimilé certains manifestants – contre le remaniement du système judiciaire du gouvernement – à des « terroristes ». C’est la deuxième personnalité proche du Premier ministre Benjamin Netanyahu à utiliser un tel langage pour désigner les centaines de manifestants qui se sont rassemblés mercredi dernier autour d’un salon de coiffure de Tel Aviv où Sara, l’épouse du Premier ministre, se faisait coiffer.

Sara Netanyahu a assuré jeudi que l’altercation survenue la veille devant son salon de coiffure de Tel Aviv aurait pu se terminer par un meurtre. Certains manifestants ont contesté l’affirmation selon laquelle l’épouse du Benjamin Netanyahu a réellement été en danger de mort. Les vidéos de la scène semblent montrer des manifestants restant à distance du salon de coiffure.

Lors d’une célébration à Rishon Lezion, samedi, à l’approche de la fête de Pourim, qui sera célébrée cette semaine, Regev, une très proche alliée du Premier ministre, a vivement critiqué les manifestants. « Des centaines de manifestants avaient de la haine dans les yeux, comme si c’était une casbah (forteresse) du terrorisme. »

« Je ne pense pas qu’il y ait une seule personne sensée en Israël qui n’ait pas été choquée par la vue de la femme d’un Premier ministre élu secourue par des centaines de policiers », a déclaré Regev.

« L’anarchie est le fait de privilégiés qui pensent que tout leur est dû et qu’ils sont les seuls à avoir le droit d’agir », a déclaré Regev à propos de la manifestation qui s’est déroulée devant le salon de coiffure fréquenté par la femme du Premier ministre dans l’un des quartiers les plus chics du pays.

Regev, déguisée en statue de la Liberté, a expliqué qu’elle voulait « la liberté et l’égalité » pour ce qu’elle a décrit comme des Israéliens marginalisés de droite, probablement en référence à un argument commun aux partisans de la refonte judiciaire selon lequel la Haute Cour de justice n’a pas suffisamment défendu les droits de ces groupes et a agi pour entraver les actions des gouvernements de droite.

Samedi, plusieurs médias ont également rapporté que le Bureau du Premier ministre cherche à renforcer la sécurité de l’épouse et des enfants du Premier ministre, en confiant cette responsabilité à l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet.

Des policiers montant la garde pendant que des personnes manifestent contre l’épouse du Premier ministre, Sara Netanyahu, devant un salon de coiffure à Tel Aviv, le 1er mars 2023. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

La Treizième chaîne et le site d’information Ynet ont déclaré que cette mesure était envisagée en raison de l’augmentation des incitations et des menaces contre la famille Netanyahu. Selon Ynet la demande serait approuvée.

Cette mesure nécessite l’approbation d’une commission ministérielle sur les questions liées au Shin Bet, qui doit se réunir dimanche. Le Premier ministre – qui préside normalement la commission – ne devrait pas y assister en raison d’un conflit d’intérêts, a rapporté la Treizième chaîne. Le ministre de la Justice, Yariv Levin, et le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, y assisteront.

Le premier à qualifier de « terroristes » les manifestants qui ont encerclé le salon de coiffure a été le fils de Netanyahu, Yaïr, qui a écrit jeudi sur Twitter que « ce ne sont pas des manifestants. Ce ne sont pas non plus des anarchistes. Ce sont des terroristes ! Un mouvement clandestin violent a vu le jour ici (avec des milliards de dollars de financement provenant de criminels et de personnes malveillantes). Il est ici question de terrorisme intérieur ». Il a par la suite supprimé son tweet.

Yaïr Netanyahu a ensuite accusé, sur Telegram, les manifestants d’essayer de « lyncher » sa mère et a déclaré qu’ils devraient être arrêtés, jugés et jetés en prison.

« La limite, nous menant à un violent coup d’État, a été franchie ce soir. Aux États-Unis, ce se serait terminé par des raids massifs du FBI sur les maisons des personnes impliquées », a-t-il déclaré.

Yaïr Netanyahu et Sara Netanyahu dans la galerie de la Knesset lors de la prestation de serment du nouveau gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu à la Knesset à Jérusalem, le 29 décembre 2022. (Crédit : Amir Cohen/POOL/AFP)

Une manifestante, Inbal Orpaz, a déposé plainte à la police contre Yaïr Netanyahu vendredi. « Je ne laisserai pas mon sang être dévalorisé, ainsi que le sang des manifestants – mes parents bien-aimés et des centaines de milliers de citoyens concernés », a-t-elle écrit sur Facebook.

« Il est temps de mettre fin à l’incitation à la violence contre les manifestants », a-t-elle ajouté. « Je viens de déposer une plainte auprès de la police suite à un post dans lequel il assimilait les manifestants à des terroristes, et je vous encourage à faire de même. »

Yaïr Netanyahu a un (très) long passif de commentaires incendiaires sur les réseaux sociaux et s’en prend fréquemment à ceux qui, selon lui, ont fait du tort à lui-même ou à sa famille, ce qui lui a valu de nombreuses poursuites pour diffamation.

Des policiers montant la garde alors que des personnes manifestent contre l’épouse du Premier ministre, Sara Netanyahu, devant un salon de coiffure à Tel Aviv, le 1er mars 2023. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Après que le tweet de Yaïr Netanyahu a commencé à attirer l’attention des médias et à susciter l’indignation du public vendredi, il a écrit un autre message pour expliquer que son choix du mot « terroriste » faisait « uniquement référence à ceux qui ont agi violemment entre les années 2016 et 2023 » – faisant ostensiblement référence aux manifestations de masse à l’encontre son père.

Les organisateurs des manifestations ont publié une déclaration pour fustiger le fils du Premier ministre.

« Il s’agit d’une incitation dangereuse contre tous les citoyens. Ce pays n’est pas prêt à vivre dans une dictature. Dimanche, nous déposerons une plainte pour que les forces de l’ordre enquêtent et poursuivent cet incitateur », ont déclaré aux médias les leaders du mouvement de protestation.

L’incident du salon de coiffure est survenu alors que le Premier ministre faisait une déclaration à la nation, comparant les manifestants de Tel Aviv aux résidents d’implantations qui avaient saccagé une ville palestinienne plus tôt dans la semaine. Jeudi, il a tenté de minimiser cette comparaison.

Les manifestations de mercredi ont coïncidé avec une réunion de la commission de la Constitution, du Droit et de la Justice de la Knesset, qui a approuvé pour sa première lecture en plénière un projet de loi soutenu par le gouvernement visant à restreindre radicalement la capacité de la Haute Cour de justice à annuler des lois.

Ce projet de loi est l’une des nombreuses mesures très controversées que le gouvernement fait passer à la Knesset et qui, selon la plupart des experts, causera un préjudice fondamental au système de gouvernance démocratique d’Israël en concentrant le pouvoir entre les mains de la coalition au pouvoir et en supprimant la capacité de la Cour à agir comme un frein. Les partisans du plan assurent qu’il permettra de remédier à une situation dans laquelle un système judiciaire non élu a sapé la volonté des politiciens élus.

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