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Netanyahu rétropédale sur sa comparaison entre Huwara et les manifestations

Le Premier ministre a déclaré que, dans les deux cas, les citoyens ne pouvaient pas rendre justice eux-mêmes, Gantz l'a appelé à s'excuser devant les manifestants

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu à la Knesset, le 1er mars 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu à la Knesset, le 1er mars 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a tenté, jeudi, de minimiser la comparaison qu’il avait faite hier entre le déchaînement de violence de partisans extrémistes du mouvement pro-implantation dans une ville palestinienne et les manifestations qui ont eu lieu à Tel Aviv contre le plan de réforme radicale du système judiciaire du pays.

« Contrairement aux affirmations faites par les médias, la seule comparaison faite par le Premier ministre entre Huwara et Tel Aviv est qu’il est interdit de se rendre justice soi-même », a dit un communiqué émis par son bureau.

Netanyahu avait fait cette comparaison dans une déclaration en direct, depuis son bureau, dans les journaux télévisés diffusés en prime-time, mercredi soir, après une journée de manifestations nationales contre le projet de refonte judiciaire – une journée particulièrement dure et remplie de violences policières.

Des rassemblements ont eu lieu dans tout Israël, mercredi, entraînant onze blessés et plus de 50 arrestations alors que les manifestants se heurtaient à la police. A Tel Aviv, des protestataires qui tentaient de bloquer l’autoroute d’Ayalon ont ont été traités de manière particulièrement agressive par les forces de l’ordre qui ont utilisé des canons à eau et des grenades incapacitantes – c’était la première fois que de tels moyens étaient utilisés dans le cadre du mouvement de protestation contre le système de la justice israélien.

Dimanche, des partisans extrémistes du mouvement pro-implantation avaient saccagé Huwara en représailles à un attentat terroriste qui avait tué deux Israéliens dans la ville, dans la même journée. Ils avaient incendié des habitations, des voitures et des magasins, agressant les résidents et faisant des blessés.

Un Palestinien a été tué à cette occasion dans des circonstances encore indéterminées.

« Nous n’accepterons pas les violences à Huwara et nous n’accepterons pas les violences à Tel Aviv », avait expliqué Netanyahu.

Voitures brûlées par des résidents d’implantations lors d’émeutes à Huwara, près de Naplouse, en Cisjordanie, le 27 février 2023. (Crédit : Erik Marmor/Flash90)

Le Premier ministre avait ajouté que dans les deux cas, les manifestants avaient franchi les limites – qui, selon lui, étaient la violence et l’anarchie.

Suite à la déclaration de suivi de Netanyahu, jeudi matin, Benny Gantz, le chef du parti HaMahane HaMamlahti lui a demandé de présenter ses excuses.

« Netanyahu, au lieu de faire volte-face et de mentir, présentez donc vos excuses aux manifestants et retirez votre comparaison criminelle qui apporte un soutien moral au terrorisme », a-t-il écrit sur Twitter.

Gantz avait fait partie des leaders de l’opposition qui avaient fait part de leur indignation après la comparaison faite dans le discours de Netanyahu.

« Excusez-moi, mais commettre un pogrom dans une ville, l’incendier, tuer quelqu’un, faire une pause pendant la prière du soir puis recommencer ensuite à propager le chaos – cela ne ressemble en rien au blocage d’une route », avait-il dit.

Des soldats israéliens se tenant à côté d’un bâtiment palestinien endommagé dans la ville de Huwara, près de la ville de Naplouse, en Cisjordanie, le 27 février 2023. (Crédit : AP/Ohad Zwigenberg)

Le leader de l’opposition Yair Lapid, député et chef du parti Yesh Atid, qui avait accordé une interview en studio à la Treizième chaîne immédiatement après la déclaration de Netanyahu, avait évoqué « une série de propos choquants ».

« C’est une déclaration terrible qui aggrave le conflit et qui est faite par un homme faible et dangereux », avait-il commenté devant les caméras.

« Huwara a été un pogrom commis par des terroristes », avait-il ajouté. « Est-ce que vous allez comparer ça avec… ces gens qui sont descendus dans les rues aujourd’hui, les meilleurs citoyens dans notre pays, des patriotes. »

Pour sa part, la responsable d’Avoda, Merav Michaeli, s’était elle aussi aussi insurgée contre cette comparaison « entre des patriotes qui se battent pour la démocratie et des anarchistes qui incendient des maisons à Huwara ».

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