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Refonte judiciaire : retour sur la 9e manifestation massive en Israël

Une ex-élue du Likud a exhorté les députés à s'opposer à la réforme ; une nouvelle "Journée nationale de perturbations" est prévue pour ce jeudi

  • Des dizaines de milliers d'Israéliens protestant contre les projets du gouvernement de refonte du système judiciaire, à Tel Aviv, en Israël, le 4 mars 2023. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
    Des dizaines de milliers d'Israéliens protestant contre les projets du gouvernement de refonte du système judiciaire, à Tel Aviv, en Israël, le 4 mars 2023. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
  • Des dizaines de milliers d'Israéliens manifestant contre les projets du nouveau gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu de refonte du système judiciaire, à Tel Aviv, Israël, le 4 mars 2023. (Crédit : AP/Tsafrir Abayov)
    Des dizaines de milliers d'Israéliens manifestant contre les projets du nouveau gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu de refonte du système judiciaire, à Tel Aviv, Israël, le 4 mars 2023. (Crédit : AP/Tsafrir Abayov)
  • Des Israéliens brandissant une pancarte alors qu'ils manifestent contre les plans très controversés de refonte du système judiciaire du gouvernement, à Tel Aviv, le 4 mars 2023. (Crédit : Jack Guez/AFP)
    Des Israéliens brandissant une pancarte alors qu'ils manifestent contre les plans très controversés de refonte du système judiciaire du gouvernement, à Tel Aviv, le 4 mars 2023. (Crédit : Jack Guez/AFP)
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Des Israéliens protestant contre la refonte du système judiciaire prévue par le gouvernement, à Tel Aviv, le 4 mars 2023. (Crédit : Harel Roper)
    
Des Israéliens protestant contre la refonte du système judiciaire prévue par le gouvernement, à Tel Aviv, le 4 mars 2023. (Crédit : Harel Roper)
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Des manifestants affrontant à la police israélienne lors d'une manifestation contre le projettrès controversé de refonte du système  du gouvernement, à Tel Aviv, le 4 mars 2023. (Crédit : Jack Guez/AFP)
    
Des manifestants affrontant à la police israélienne lors d'une manifestation contre le projettrès controversé de refonte du système du gouvernement, à Tel Aviv, le 4 mars 2023. (Crédit : Jack Guez/AFP)
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La police israélienne arrêtant un manifestant lors d'une manifestation contre le projet de loi très controversé du gouvernement sur la réforme du système judiciaire, à Tel Aviv, le 4 mars 2023. (Crédit : Jack Guez/AFP)
    
La police israélienne arrêtant un manifestant lors d'une manifestation contre le projet de loi très controversé du gouvernement sur la réforme du système judiciaire, à Tel Aviv, le 4 mars 2023. (Crédit : Jack Guez/AFP)
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Des manifestants marchant le long de l'autoroute Ayalon à Tel Aviv, le 4 mars 2023. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
    
Des manifestants marchant le long de l'autoroute Ayalon à Tel Aviv, le 4 mars 2023. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)
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Des Israéliens protestant contre le projet de refonte du système judiciaire du gouvernement, à Tel Aviv, le 4 mars 2023. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)
    
Des Israéliens protestant contre le projet de refonte du système judiciaire du gouvernement, à Tel Aviv, le 4 mars 2023. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)
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Une vue aérienne montrant des Israéliens manifestant contre le projet de loi très controversé du gouvernement sur la refonte du système judiciaire, à Tel Aviv, le 4 mars 2023. (Crédit : Jack Guez/AFP)
    
Une vue aérienne montrant des Israéliens manifestant contre le projet de loi très controversé du gouvernement sur la refonte du système judiciaire, à Tel Aviv, le 4 mars 2023. (Crédit : Jack Guez/AFP)
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Des Israéliens manifestant contre la réforme du système judiciaire prévue par le gouvernement, à Tel Aviv, le 4 mars 2023. (Crédit : Erik Marmor/Flash90)
    
Des Israéliens manifestant contre la réforme du système judiciaire prévue par le gouvernement, à Tel Aviv, le 4 mars 2023. (Crédit : Erik Marmor/Flash90)

Des centaines de milliers de personnes se sont rassemblées samedi soir dans tout Israël pour le neuvième week-end consécutif de protestations contre la réforme largement controversée du système judiciaire voulue par le Premier ministre Benjamin Netanyahu et qu’ils jugent anti-démocratique, avec environ 160 000 personnes à Tel Aviv et des dizaines de milliers d’autres à travers le pays.

Les organisateurs affirment qu’il y avait environ 400 000 manifestants au total, bien que cela n’ait pu être confirmé de manière indépendante. D’autres parlent de 250 000 en tout.

À la fin du principal rassemblement de Tel Aviv, des affrontements ont à nouveau éclaté entre la police et certains manifestants, ces derniers ayant franchi des barrières pour se rendre sur l’autoroute Ayalon – une action que la police et le ministre de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir avaient promis d’empêcher.

La police a utilisé des officiers de la garde montée et des canons à eau contre les manifestants alors qu’elle cherchait à les disperser. Le site d’information Haaretz a rapporté que cela s’était produit alors que les manifestants étaient déjà en train de quitter l’autoroute et qu’ils n’avaient eu recours à aucune violence. Des responsables ont déclaré qu’au moins quatre personnes avaient été arrêtées. L’autoroute a finalement été rouverte à la circulation après environ une heure de fermeture.

Dans le même temps, les leaders de la contestation ont annoncé que le jeudi 9 mars serait la prochaine « Journée nationale de perturbations » dans le pays – une répétition des événements de mercredi dernier, lorsque des manifestations et des blocages de routes ont eu lieu dans tout le pays, avec des affrontements entre la police et certains manifestants à Tel Aviv.

S’exprimant plus tôt lors du rassemblement de Tel Aviv, l’ancienne ministre du Likud, Limor Livnat, a salué en plaisantant les manifestants en leur donnant les noms dont ils ont été affublés par Ben Gvir et d’autres opposants, dont Mii Regev et le fils de Benjamin Netanyahu, Yair. « Bonsoir les ‘anarchistes‘, bonsoir les ‘terroristes’, bonsoir les patriotes. »

S’en prenant au Premier ministre Benjamin Netanyahu pour avoir, selon elle, abandonné les valeurs libérales sur lesquelles ils ont tous deux été élevés, Livnat a qualifié la refonte de « coup d’État » et a exhorté les députés du Likud à s’exprimer. « Vous entendez tout, vous voyez tout, vous savez et comprenez où tout cela nous mène. Pourquoi restez-vous silencieux ? »

L’historien de renommée mondiale Yuval Noah Harari s’est également adressé aux manifestants de Tel Aviv, affirmant que les membres du gouvernement « ne savent pas à qui ils s’en prennent ». Il a déclaré que le combat actuel sur la refonte « est un test historique pour les Israéliens, et il n’y a pas de répétition ». Il a appelé les établissements scolaires à cesser toute étude académique « et à ne parler que de démocratie, de droits de l’Homme et de liberté ».

« La démocratie est un accord selon lequel les citoyens doivent respecter les décisions du gouvernement – à condition que le gouvernement maintienne les libertés fondamentales des citoyens », a-t-il déclaré. « Lorsqu’une partie rompt le contrat, l’autre partie n’est plus obligée de le respecter. »

Arrivé à un centre de Commandement de la police près de la manifestation, Ben Gvir a une fois de plus qualifié les manifestants « d’anarchistes ».

Des dizaines de milliers d’Israéliens protestant contre les projets du gouvernement de refonte du système judiciaire, à Tel Aviv, en Israël, le 4 mars 2023. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

« Je suis venu ici pour exercer ma politique. Je n’ai pas l’intention de m’excuser auprès de qui que ce soit, et certainement pas auprès des anarchistes qui veulent mettre le feu à l’État depuis Tel Aviv », a-t-il déclaré.

Ben Gvir a déclaré que le droit de manifester était « intouchable » mais qu’il n’autoriserait pas le blocage des routes principales ni le recours à la violence.

Le chef de l’opposition Yaïr Lapid a réagi en accusant Ben Gvir d’essayer d’intensifier la violence lors des manifestations.

« Le dangereux clown de TikTok continue à inciter et à encourager la violence », a écrit Lapid sur Twitter. « Il n’y a jamais eu de ministre du gouvernement qui ait ouvertement cherché à créer des affrontements violents entre la police et les citoyens. »

La Douzième chaîne a rapporté que le chef de la police Kobi Shabtaï avait proposé de laisser les manifestants bloquer un peu Ayalon, mais le commandant du district de Tel Aviv, Amichaï Eshed, a affirmé qu’il ne voulait pas les laisser faire.

De grands rassemblements ont été observés samedi à Jérusalem, Herzliya, Netanya, Beer Sheva, Haïfa et plus encore, les informations indiquant que les chiffres continuent à augmenter de semaine en semaine. Les organisateurs ont déclaré que des rassemblements ont eu lieu dans près de 100 endroits au total.

À Ashdod, le chef du parti Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, a participé à sa première manifestation, déclarant qu’en l’espace de deux mois après sa formation, « le gouvernement a mené le pays tout entier au chaos ».

Liberman a déclaré qu’en quelques semaines, le pays pourrait être confronté à « une crise constitutionnelle sans précédent » si les projets de loi sur la réforme du système judiciaire sont adoptés et que la Haute Cour les déclare illégaux.

Il a ajouté que si cela devait se produire, le président Isaac Herzog « devrait se tenir devant tous les citoyens israéliens et dire clairement que toutes les institutions nationales et leurs dirigeants doivent adhérer avant tout aux décisions de la Cour suprême ».

À Modiin, des milliers de personnes ont manifesté près du domicile du ministre de la Justice Yariv Levin, principal instigateur du plan de refonte judiciaire.

Quelque 250 personnes ont pris part à une manifestation dans l’implantation d’Efrat, en Cisjordanie, dont le nombre a plus que doublé par rapport aux semaines précédentes. Des contre-manifestants se sont rassemblés de l’autre côté de la route.

À Tel Aviv, la manifestation principale a débuté au centre Dizengoff à 18h par une marche vers la rue Kaplan. La police a fermé un certain nombre de rues de Tel Aviv à partir de 17h.

L’ancien ministre du parti Avoda, Yuli Tamir, était à la tête du rassemblement devant la résidence présidentielle, à Jérusalem. La cheffe du parti Avoda, Merav Michaeli, a pris la parole lors du rassemblement de Haïfa, ainsi que l’ancienne juge de la Cour suprême Ayala Procaccia et l’ancienne députée du Meretz, Gaby Lasky. Lapid et la juge à la retraite Hila Gerstel ont pris la parole lors du rassemblement de Herzliya, tandis que le chef du parti HaMahane HaMamlahti, Benny Gantz, s’est exprimé à Beer Sheva.

Des Israéliens protestant contre la refonte du système judiciaire prévue par le gouvernement, à Tel Aviv, le 4 mars 2023. (Crédit : Harel Roper)

La conduite de la police a été surveillée pendant les rassemblements de samedi. Les forces de l’ordre ont été critiquées pour leur traitement brutal des manifestants à Tel-Aviv mercredi dernier, notamment pour un officier qui a lancé une grenade assourdissante dans une foule de personnes. Le Département des enquêtes internes de la police du ministère de la Justice a ouvert une enquête sur cet incident.

Avant les rassemblements de samedi, Shahar Mor, le manifestant dont l’oreille a été mutilée par une de ces grenades lors des manifestations de mercredi dernier, a accusé la police de brutalité et de hooliganisme.

S’adressant à Walla news depuis l’hôpital Ichilov de Tel Aviv où il est toujours soigné, Shahar Mor a déclaré qu’il se tenait à l’écart des affrontements et de la violence lorsqu’il a été touché par la grenade.

https://twitter.com/Miriambendavid/status/1631480294904561667

« J’étais sûr qu’on m’avait tiré dessus. J’étais abasourdi… Elle a explosé juste sur ma tête. La police s’est comportée de manière brutale, au mépris des vies humaines », a-t-il déclaré. « Elle a fracassé mon oreille. Elle aurait pu exploser dans mon œil. Je m’en suis bien tiré. À côté de moi, il y avait une mère et sa fille de 14 ans. Comment peut-on lancer une grenade dans une foule ? »

https://twitter.com/bigboldman/status/1630977903352479755?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E1630977903352479755%7Ctwgr%5Ef21d7cf9eef0699b22a8e07e8530bd439ae2d9d0%7Ctwcon%5Es1_c10&ref_url=https%3A%2F%2Ffr.timesofisrael.com%2Fshabtai-solidaire-du-policier-qui-a-lance-une-grenade-incapacitante-sur-la-foule%2F

« Le commandant, sur place, s’est comporté comme un barbare, un hooligan, en lançant des grenades sur des gens qui n’étaient même pas violents… La police fait ça tout le temps. J’y étais juste pour filmer », a-t-il ajouté.

Jeudi, le célèbre chanteur Shlomo Artzi a rompu des semaines de silence lors d’un concert à Tel-Aviv, après que beaucoup l’ont exhorté à s’exprimer sur la crise actuelle.

Le chanteur israélien Shlomo Artzi donnant un concert au parc Hayarkon à Tel Aviv, le 2 juillet 2015. (Crédit : Moshe Shai/Flash90)

« Depuis une semaine, j’entends des questions de toutes parts pour savoir si j’ai peur de faire entendre ma voix », a déclaré Artzi à la foule. « J’ai toujours pensé que mes opinions étaient profondément exprimées dans mes chansons. Mais nous sommes dans une situation où j’ai sincèrement peur de ce qu’il va advenir de nous, de la vitesse à laquelle cela se passe, des changements, que cela nous prive de ce que nous sommes. »

« J’ai peur de ce qui se passe dans le pays, qui est en train d’en changer de visage », a-t-il ajouté, en référence à des paroles écrites par le défunt auteur-compositeur Ehud Manor.

Les manifestations hebdomadaires ont commencé peu après que le ministre de la Justice, Yariv Levin, a annoncé les propositions visant à remanier radicalement le système judiciaire israélien.

Malgré les protestations et les appels au dialogue, le gouvernement continue d’aller de l’avant avec ses nouveaux projets de loi.

Les réformes radicales, qui ont été adoptées « par la force » à la Knesset ces dernières semaines, prévoient que le gouvernement s’octroie un contrôle total sur la nomination des juges de la Haute Cour, qui éliminerait pratiquement toute possibilité pour la Cour d’examiner et d’annuler des lois et qui autoriserait les hommes politiques à nommer – et à limoger – leurs propres conseillers juridiques.

Selon ses détracteurs, ce projet portera profondément atteinte au caractère démocratique d’Israël en bouleversant son système d’équilibre des pouvoirs, en accordant presque tous les pouvoirs à la coalition et en laissant les droits individuels sans protection et les minorités sans défense.

Les partisans affirment qu’il s’agit d’une réforme indispensable pour mettre un frein à l’activisme de la Haute Cour.

Netanyahu a repoussé les critiques et balayé d’un revers de la main les prédictions, assurant encore une fois que les propositions renforceront plutôt qu’elles n’affaibliront la démocratie, et que son gouvernement se contente d’appliquer la volonté du peuple.

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