Israël en guerre - Jour 196

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Cartier au poignet, Amsalem tacle les manifestants « élitistes » porteurs de Rolex

Le député a qualifié les gens de gauche de « pires menteurs et voyous », responsables du désengagement de Gaza en 2005, en fait mis en œuvre par Ariel Sharon, Premier ministre Likud

Le député du Likud David Amsalem s’adresse à la Knesset à Jérusalem, le 13 février 2023. (Capture d’écran de Twitter : Utilisé conformément à l’article 27a de la Loi sur les droits d’auteur)
Le député du Likud David Amsalem s’adresse à la Knesset à Jérusalem, le 13 février 2023. (Capture d’écran de Twitter : Utilisé conformément à l’article 27a de la Loi sur les droits d’auteur)

Lors d’un discours enflammé à la Knesset, le député du Likud David Amsalem s’en est pris aux manifestants opposés au projet de réforme judiciaire, qu’il a qualifiés de privilégiés et d’élitistes, affirmant qu’ils avaient des Mercedes et portaient des Rolex hors de prix… tout en portant lui-même une montre Cartier.

« Les gens de gauche sont les pires menteurs et les pires voyous qui soient », a affirmé Amsalem à la tribune lundi.

« Cette réforme [judiciaire] ira à son terme, coûte que coûte, et ceux qui enfreignent la loi iront en prison. »

« Regardez le chaos que vous provoquez, espèces de voyous, vous incitez à la rébellion », a-t-il ajouté.

« Ce remue-ménage n’a rien à voir avec les lois : il s’agit pour cette élite, cette noblesse, de continuer à diriger le pays en nous cantonnant au rôle de vassaux. »

Ce discours a été prononcé après l’adoption en première lecture, par la commission de la Constitution, du Droit et de la Justice de la Knesset, du projet de loi destiné à assurer le contrôle politique sur les nominations judiciaires ainsi qu’à empêcher l’examen par la Cour Suprême des lois fondamentales quasi constitutionnelles.

La session houleuse de la Commission s’est déroulée dans le contexte de manifestations de grande ampleur dans tout le pays et de grèves contre les projets du gouvernement.

Amsalem s’est fait l’écho des propos de certains politiciens de droite selon lesquels les manifestations sont organisées par des privilégiés, désireux de continuer à exercer le pouvoir aux dépens des couches les plus faibles de la société, supposées selon eux soutenir la réforme.

Des Israéliens agitent des drapeaux lors d’une manifestation contre le projet du gouvernement du Premier ministre Benjamin Netanyahu visant à réformer le système judiciaire, devant la Knesset à Jérusalem, le 13 février 2023 (Crédit : AP Photo/Ohad Zwigenberg)

« La plupart d’entre nous travaillons chez vous et nettoyons vos jardins. J’ai vu, étonné, beaucoup de reflets lors de la manifestation, avant de comprendre que c’étaient les Rolex des manifestants. Regardez combien de voitures Mercedes il y avait », a-t-il ajouté.

Sur les réseaux sociaux, les internautes ont fait remarquer qu’Amsalem portait lui-même une montre Cartier d’une valeur de 25 000 shekels.

Des sources proches du député ont déclaré au site d’information Ynet que la montre lui a été offerte par son frère, avant sa mort.

« Vous avez expulsé 8 000 familles et arrêté 8 000 personnes. Il y a eu pas moins de 700 actes d’accusation, même contre des jeunes filles âgées de 16 ans », a-t-il dit, accusant la gauche de s’être désengagée de Gaza en 2005.

Pourtant, le retrait a été mis en œuvre par le Premier ministre de l’époque, Ariel Sharon, alors à la tête du Likud.

Amsalem a également apostrophé des personnalités opposées au projet de réforme, comme David Hodek, avocat et vétéran de la guerre du Kippour, qui a déclaré ce mois-ci qu’il « n’hésiterait pas à tirer à balles réelles » si le gouvernement poursuivait sur sa lancée.

« Qui voulez-vous tuer ? Moi ? Mes enfants ? », a dit Amsalem.

Le député, connu pour ses provocations, a par ailleurs qualifié l’ex-chef d’état-major de Tsahal, Dan Halutz, de « chef d’état-major le plus nul de toute l’histoire d’Israël ».

Halutz fait partie des 1 000 anciens officiers supérieurs de l’armée de l’air israélienne qui ont alerté les plus hauts juristes du pays, en décembre dernier, sur le fait que le nouveau gouvernement religieux de droite de Netanyahu « allait mettre à bas » la démocratie pour laquelle ils s’étaient tous battus.

L’ancien chef d’état-major de Tsahal, Dan Halutz, s’exprimant lors d’une conférence le 14 juillet 2016. (Crédit : Flash90)

Halutz avait démissionné de son poste de chef d’état-major en 2007, assumant la responsabilité de la piètre performance de l’armée lors de la deuxième guerre du Liban.

Il a également fait l’objet de critiques après avoir admis avoir vendu des actions juste avant le conflit.

« Il devrait faire l’objet d’une enquête rien que pour ça », a déclaré Amsalem, évoquant le portefeuille d’actions de Halutz.

Amsalem a reproché à la Cour Suprême de ne pas fonctionner conformément à la loi, l’accusant d’outrepasser son autorité en utilisant le critère du caractère raisonnable.

Ce principe, employé par la Cour pour examiner les décisions gouvernementales et administratives, est également sur la sellette au titre du projet de réforme.

« Ils violent la loi tous les jours. Mais s’ils veulent le principe du caractère raisonnable, pourquoi avons-nous besoin de lois ? », a ajouté Amsalem, qui pourrait se voir confier un portefeuille au sein du ministère de la Justice.

« Prenez un juge et il pourra juger du caractère raisonnable d’absolument tout. »

Réagissant aux affirmations d’Amsalem sur les Rolex et Mercedes des manifestants, la député Avoda Naama Lazimi a traité Amsalem de menteur.

« Montrez-moi où ils étaient garés. Les gens qui aiment Israël sont venus en train ou en bus pour manifester en faveur de la démocratie », a-t-elle déclaré, rappelant les images de trains ou de bus bondés de manifestants en route pour les manifestations de lundi.

Un train reliant Tel Aviv à Jérusalem bondé de manifestants qui se rendent à la Knesset, le 13 février 2023. (Crédit : Eric Marmon/FLASH90)

« Contrairement à a situation des manifestants, j’en connais qui ne manquent pas d’argent. Comme par exemple [le ministre du Logement et de la Construction Yitzhak] Goldknopf avec ses sacs Vuitton, [le ministre de la Défense Yoav] Gallant, qui a construit illégalement, [le président du Shas Aryeh] Deri et sa maison de vacances, ou encore Netanyahu et sa maison à Césarée que nous avons tous financée », a-t-elle ajouté.

Le président Isaac Herzog s’adressant à la nation israélienne depuis son Bureau à Jérusalem, le 12 février 2023. (Crédit : Haim Zach/Bureau du Premier ministre)

Dimanche, le président Isaac Herzog a présenté une proposition en cinq points pour parvenir à un compromis.

Les principaux architectes de la réforme judiciaire, le ministre de la Justice Yariv Levin et le président de la Commission de la Knesset chargée de la Constitution, du Droit et de la Justice, le député Simcha Rothman, se sont déclarés lundi prêts à rencontrer l’opposition sans conditions préalables, et sans tenir compte de la demande du président de suspendre le processus législatif lors des débats.

Les dirigeants de l’opposition ont refusé leur proposition, disant qu’il était parfaitement malhonnête de proposer des négociations tout en continuant à avancer à marche forcée vers ce qu’ils considèrent être un sabordage de la démocratie israélienne.

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