L’Espagne et le Portugal naturalisent près de 5 000 Juifs sépharades
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L’Espagne et le Portugal naturalisent près de 5 000 Juifs sépharades

Les dossiers des descendants des Juifs chassés il y a des siècles sont approuvés sous les termes du « droit au retour »

Les fidèles prient dans la synagogue Kadoorie – Mekor Haim à Porto, au Portugal, en mai 2014. (Crédit : communauté juive de Porto/JTA)
Les fidèles prient dans la synagogue Kadoorie – Mekor Haim à Porto, au Portugal, en mai 2014. (Crédit : communauté juive de Porto/JTA)

Ce sont près de 5 000 personnes qui sont devenues citoyennes d’Espagne ou du Portugal dans le sillage du passage de lois dans les deux pays visant la naturalisation des descendants des Juifs sépharades.

Au Portugal, où un processus de naturalisation selon les termes de la législation est devenu effectif l’année dernière, 292 candidats ont vu leur naturalisation approuvée, a indiqué mercredi Catarina Madeira, porte-parole du ministère portugais de la Justice.

L’Espagne a quant à elle procédé à la naturalisation de 4 538 Juifs sépharades depuis l’adoption de la loi l’année passée. Toutefois, le pays n’aura octroyé la citoyenneté qu’à trois candidats, a annoncé dimanche le quotidien ABC. Les autres ont été naturalisés par décret royal et non par le biais de la procédure d’obligation mise au point par la loi.

Selon ABC, le gouvernement espagnol a en effet bloqué cette procédure obligatoire pour éviter une immigration de masse de la part d’un grand nombre de descendants non-juifs de la communauté sépharades susceptibles de bénéficier de la législation, un nombre estimé à 30 millions.

Dans le pays, l’adoption de la législation en faveur des Sépharades a été qualifiée de tentative d’expiation face au souvenir des expulsions, des dépossessions, de la torture et des conversions de force des Juifs au christianisme menées par l’Etat et l’Eglise durant l’Inquisition – une période qui a commencé au 15e siècle et s’est achevée avec la disparition et la dispersion de ce qui fut dans l’Histoire une des plus grandes communautés juives dans le monde.

Dans les deux pays, la loi de naturalisation a suivi une période de récession économique qui avait entraîné un taux de chômage élevé et des initiatives vigoureuses de la part de Lisbonne et Madrid, désireuses d’attirer de riches investisseurs, résidents et touristes.

Contrairement à la législation illimitée au Portugal, la loi espagnole établit une limite de trois ans aux candidatures. La loi espagnole est également plus stricte que son équivalent portugais, imposant aux candidats de passer des examens attestant de liens culturels ou de langue avec l’Espagne.

Les autorités espagnoles sont actuellement en train de traiter 3 000 dossiers de demandes de naturalisation sous les termes de la législation.

Les autorités portugaises ont approuvé seulement 7,5 % des dossiers soumis depuis mars 2015, a expliqué Madeira. Un blocage bureaucratique qui avait entraîné des retards dans le processus a été levé au mois de février, a-t-elle ajouté.

Au Portugal et en Espagne, chaque candidature est examinée par les institutions des communautés juives de ces pays, qui font des recommandations au gouvernement.

« La différence entre les candidatures approuvées et celles qui restent en attente sont dues au fait que chaque requête de citoyenneté exige une évaluation rigoureuse des documents soumis », a poursuivi Madeira.

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