L’espion présumé, blessé à la frontière israélo-libanaise, retourne au Liban
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L’espion présumé, blessé à la frontière israélo-libanaise, retourne au Liban

Selon l'armée, le suspect - un Syrien - a été blessé après avoir agi de manière suspecte lors de son arrestation ; son retour au Liban a été arrangé par la Croix rouge

Judah Ari Gross est le correspondant militaire du Times of Israël.

Une vue du Liban depuis le côté israélien de la frontière situé à proximité de Rosh Hanikra, dans le nord-ouest d'Israël, le 10 novembre 2016. (Crédit : Doron Horowitz/Flash90)
Une vue du Liban depuis le côté israélien de la frontière situé à proximité de Rosh Hanikra, dans le nord-ouest d'Israël, le 10 novembre 2016. (Crédit : Doron Horowitz/Flash90)

Un ressortissant syrien qui avait été blessé par balle après avoir traversé la frontière israélienne depuis le Liban, le mois dernier, apparemment pour faire un travail de reconnaissance pour le compte du groupe terroriste du Hezbollah, est retourné mardi au Liban, a fait savoir l’armée.

Le 17 mai, ce berger était entré dans le secteur de Har Dov, ou fermes de Shebaa – une zone contestée située le long de la frontière israélo-libanaise sous contrôle israélien – avec un talkie-walkie. Il se livrait apparemment à une mission de surveillance pour le Hezbollah, ont annoncé les militaires.

Les soldats de la brigade Golani sont arrivés sur les lieux pour le placer en détention, lançant des coups de semonce pour l’enjoindre à s’arrêter. L’homme, qui n’était pas armé, aurait réagi de manière suspecte et un soldat aurait alors ouvert le feu, le blessant grièvement, selon l’armée.

L’homme a été pris en charge au centre médical Rambam de Haïfa. Il a été interrogé par la police alors qu’il se trouvait à l’hôpital.

« Le suspect a été soigné en Israël et il a été placé en liberté après avoir été interrogé », a fait savoir Tsahal dans un communiqué, mardi.

Selon les militaires, la Croix rouge internationale l’a ramené au Liban en empruntant le poste-frontière de Rosh Hanikra, qui n’est que rarement utilisé.

« L’armée israélienne prend au sérieux toutes les tentatives visant à violer la souveraineté du pays », ont noté les militaires.

Cet incident survient dans un contexte où les tentatives de trafic et d’infiltration, le long de la frontière israélo-libanaise, sont en recrudescence. L’armée estime que le Hezbollah détourne intentionnellement le regard de ce périmètre, permettant aux crimes de se développer, ou qu’il a perdu son contrôle sur la frontière.

Le 17 avril, les soldats de Tsahal avaient trouvé la clôture endommagée à trois endroits, le long de la frontière. Vingt-quatre heures après, Israël avait officiellement accusé le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, soutenu par l’Iran, de cet acte de vandalisme qui avait été considéré comme une menace pour l’Etat juif. Le ministre des Affaires étrangères, Israel Katz, avait donné pour instruction à son ministère de déposer plainte devant le conseil de Sécurité des Nations unies.

Au mois d’avril également, les soldats israéliens et les troupes libanaises s’étaient faits face aux abords de la frontière au cours d’un incident hautement inhabituel, des photos montrant les deux parties brandissant des armes en direction l’une de l’autre et des personnels de l’ONU les séparant. Cet incident avait eu lieu entre le village du sud du Liban d’Adissah et la ville israélienne de Metulla, dans le nord du pays, avait déclaré le porte-parole de la FINUL, Andrea Tenenti, au Times of Israel, ajoutant que si la zone se trouvait au sud de la Ligne bleue – la frontière officieuse mais largement reconnue entre les deux pays – le Liban estimait que le périmètre pouvait être contesté.

Israël a combattu deux guerres au Liban, une en 1982 contre les terroristes palestiniens et l’autre en 2006 contre le Hezbollah libanais, et a également mené de nombreuses opérations contre des groupes terroristes dans le pays.

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