L’Etat va financer la surveillance des constructions palestiniennes illégales
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L’Etat va financer la surveillance des constructions palestiniennes illégales

Le ministère des Implantations annonce qu'il consacrera 6 millions de dollars à un nouveau programme dans la zone C, notamment pour des patrouilleurs, des véhicules et des drones

Un bulldozer israélien démolit un hangar agricole palestinien dans le village de Masafer en Cisjordanie, dans la zone C, en février 2020. (Wisam Hashlamoun/Flash90)
Un bulldozer israélien démolit un hangar agricole palestinien dans le village de Masafer en Cisjordanie, dans la zone C, en février 2020. (Wisam Hashlamoun/Flash90)

Le gouvernement a annoncé qu’il financera les efforts des implantations pour surveiller les constructions palestiniennes illégales dans la zone C – régions contrôlées par Israël dans le cadre des Accords d’Oslo – en utilisant des patrouilles et des drones.

Le ministère des Affaires des implantations a annoncé jeudi qu’il consacrerait 20 millions de NIS à la mise en place du nouveau programme.

« Avec l’approbation du Premier ministre [Benjamin] Netanyahu, nous nous engageons à fond dans la campagne contre la prise de contrôle hostile de la zone C », a déclaré le ministre des Affaires des implantations, Tzachi Hanegbi.

Les conseils locaux de Cisjordanie pourront demander des fonds pour financer des patrouilleurs, des véhicules, des drones, des clôtures et des solutions électroniques pour surveiller les constructions palestiniennes. Les conseils pourront également engager des conseillers extérieurs pour les patrouilles et la collecte de données.

Le ministre Tzachi Hanegbi à la Knesset, le 9 juillet 2017. (Yonatan Sindel/Flash90)

Les conseils ne seront pas autorisés à prendre des mesures contre toute construction illégale, mais pourront en revanche informer les autorités israéliennes chargées de faire respecter la loi.

Le quotidien de gauche Haaretz a déclaré que l’administration civile, qui supervise ces questions, n’a pas été consultée lors de cette décision.

Selon Haaretz, plusieurs conseils locaux gèrent déjà de telles équipes de manière indépendante.

La majorité des implantations et des avant-postes sont situés sur des terres définies par l’accord d’Oslo II de 1995 comme la zone C, ce qui signifie qu’Israël est responsable des questions civiles et de sécurité dans cette zone. La zone C constitue environ 60 % de la Cisjordanie.

On estime qu’entre 200 000 et 300 000 Palestiniens vivent dans la zone C, bien qu’un recensement précis n’ait pas été effectué. Si certaines localités palestiniennes de la zone C sont reconnues par l’État, la plupart ne le sont pas, car le gouvernement militaire israélien approuve rarement leurs plans ou délivre des permis de construire.

Selon l’ONG israélienne pro-palestinienne de défense des droits de l’homme Bimkom, 98,6 % des demandes de permis de construire présentées par des Palestiniens de Cisjordanie entre 2016 et 2018 ont été rejetées.

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