France: Emploi perdu, ils brûlent du papier pour billets de banque étrangers
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France: Emploi perdu, ils brûlent du papier pour billets de banque étrangers

Les salariés ont brûlé du papier pour billets de banque destiné à leurs clients israélien, indonésien et mexicain, pour interpeller l'Etat et obtenir une indemnité de licenciement

Les salariés d'une papeterie d'Arjowiggins brûlent des planches de bois à le 28 janvier 2019 à Jouy-sur-Morin. (Crédit : Sarah BRETHES / AFP)
Les salariés d'une papeterie d'Arjowiggins brûlent des planches de bois à le 28 janvier 2019 à Jouy-sur-Morin. (Crédit : Sarah BRETHES / AFP)

Les salariés d’une papeterie à l’arrêt depuis la mi-janvier ont brûlé mercredi en Seine-et-Marne du papier pour billets de banque mexicains, indonésiens et israéliens, dans l’espoir de provoquer une réaction de l’Etat et obtenir une indemnité de 50 000 euros par employé, a constaté une journaliste de l’AFP.

Plus de cent personnes avaient formé un cercle autour du feu, où ont été jetées des bobines et des feuilles de papier pour passeports, cartes grises, chèques et billets de banque.

Les salariés occupent le site de Jouy-sur-Morin depuis la liquidation judiciaire le 16 janvier de l’entreprise d’Arjowiggins Security, ancienne filiale du groupe papetier Sequana vendue l’an dernier à un fonds d’investissement suisse, Blue Motion Technologies Holding.

Ils n’espèrent plus la reprise de l’activité, mais une prime de licenciement « extra-légale » de 50 000 euros pour chacun des 240 salariés.

Pour interpeller le gouvernement, les salariés avaient déjà brûlé une partie de leur stock de papier pour cartes grises, passeports et chèques de banque.

Mais, selon le délégué CGT Patrice Schaafs, l’Etat « fait mine de s’en désintéresser totalement ».

Les salariés ont donc franchi une nouvelle étape mercredi en jetant au feu du papier pour billets de banque destiné à leurs clients en Israël, en Indonésie et au Mexique, selon M. Schaafs. Ils comptent également des clients en Belgique, en Chine, en Allemagne, en Inde et au Royaume-Uni.

Le délégué syndical espère maintenant que les ambassades des pays clients de l’usine vont « s’adresser à l’Etat pour lui demander des comptes ».

Nombre de salariés observaient le brasier, l’air abattu. « C’est triste. Je pense que c’est nos dernières cartouches », a commenté Marie-Line, 60 ans, dont 12 dans cette usine. Plusieurs membres de sa famille y travaillent aussi : « Il n’y avait que ça dans la région. »

« C’est foutu pour nos emplois, maintenant on veut partir dignement. Comme tout le monde, on a des crédits, un frigo à remplir », a souligné Rémy, 36 ans, se disant prêt à se battre « jusqu’au bout ».

Devant « le fruit de notre travail qui part en fumée », « on a tous les larmes aux yeux », a lancé Patrice Schaafs. Le syndicaliste a annoncé la mise en place d’une cellule d’aide psychologique. « Parmi vous, il y en a qui vont très, très mal. C’est pas une honte », a-t-il insisté.

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