L’expulsion de 2 enfants nés en Israël et de leurs mères philippines annulée
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L’expulsion de 2 enfants nés en Israël et de leurs mères philippines annulée

Un juge de la Cour d'appel de Tel Aviv reproche aux autorités de l'immigration de ne pas avoir organisé d'audience avant l'émission de l'ordonnance d'expulsion

Photo d'illustration : Des enfants israéliens et des employés philippins et leurs enfants lors d'une manifestation contre l'expulsion des enfants philippins lors d ela rentrée des classes, aux abords de l'école Balfour de Tel Aviv, le 1er septembre 2019 (Crédit : Avshalom Shoshoni/Flash90)
Photo d'illustration : Des enfants israéliens et des employés philippins et leurs enfants lors d'une manifestation contre l'expulsion des enfants philippins lors d ela rentrée des classes, aux abords de l'école Balfour de Tel Aviv, le 1er septembre 2019 (Crédit : Avshalom Shoshoni/Flash90)

La Cour d’appel de Tel Aviv a annulé dimanche l’expulsion de deux enfants nés en Israël de travailleurs étrangers et de leurs mères philippines.

Dans son verdict, le juge a déclaré que l’Autorité de la population et de l’immigration n’a pas organisé d’audience préliminaire à l’expulsion pour évaluer si l’expulsion prend en compte les intérêts des enfants. Maureen Mariano et son fils de 10 ans, Ralph, ainsi que Gena Antigo, 13 ans, et sa mère Beraly, avaient été libérés sous caution vendredi, d’un montant de
30 000 shekels, payés par chaque famille.

Les familles ont pu rassembler l’argent grâce à des parents d’amis qui étudient avec les enfants dans des écoles de Tel Aviv, a rapporté le site d’information Ynet.

Les enfants et leurs mères étaient détenus depuis quelques jours dans la prison Givon de Ramle en vue d’une possible expulsion.

Jeudi, des centaines d’élèves, leurs enseignants et des parents ont manifesté devant la prison pour appeler à leur libération.

Ils auraient été placés en détention malgré un accord avec le ministère de l’Intérieur selon lequel les autorités de l’immigration ne cibleraient pas les enfants à l’école ou en chemin vers leur école.

Aucune audience n’a été organisée pour les enfants et leurs mères.

Les arrestations sont intervenues dans le cadre d’une politique de répression de l’Autorité de l’immigration et des frontières sur les travailleurs étrangers qui restent dans le pays après la fin de leur visa de travail.

Plus tôt cette année, Israël a expulsé pour la première fois des enfants nés en Israël.

L’expulsion de travailleurs étrangers, consentie ou forcée, a été très critiquée en raison des répercussions sur les enfants qui sont nés dans le pays. Certains ont passé des années dans le système scolaire israélien.

Des travailleurs philippins et leurs enfants protestent contre leur expulsion imminente devant la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 11 juin 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

La réglementation stipule que les travailleuses étrangères qui tombent enceinte doivent envoyer leur bébé dans leur pays d’origine afin de pouvoir faire renouveler leur visa. Mais beaucoup ne le font pas et restent dans le pays illégalement, occupant des petits boulots afin de garantir une vie meilleure à leur enfant.

Environ 60 000 travailleurs étrangers – des femmes pour la plupart – sont actuellement employés en Israël, selon la Ligne rouge pour les travailleurs étrangers, une organisation de protection de leurs droits. La moitié des travailleurs sont des Philippins, 15 % viennent du Népal, 10 % d’Inde, du Sri Lanka et de la Moldavie. Le reste est originaire de différents pays d’Europe de l’Est.

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