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Deux enfants nés en Israël et leurs mères philippines libérés sous caution

Les deux familles avaient été arrêtées en vue d'une possible expulsion, mais le tribunal a accepté de les libérer après que des amis ont réuni les fonds nécessaires

Des manifestants protestent contre la détention avant expulsion de deux enfants nés en Israël, à Ramle, el 31 octobre 2019. 
(Capture d'écran : Vidéo)
Des manifestants protestent contre la détention avant expulsion de deux enfants nés en Israël, à Ramle, el 31 octobre 2019. (Capture d'écran : Vidéo)

Vendredi, deux enfants de travailleurs philippins, nés en Israël et menacés d’expulsion, ont été libérés sous caution avec leurs deux mères. Chaque famille a dû verser 30 000 shekels de caution (7 500 euros).

Les familles ont pu rassembler l’argent grâce à des parents d’amis qui étudient avec les enfants dans des écoles de Tel Aviv, a rapporté le site d’information Ynet.

Les enfants et leurs mères étaient détenus depuis quelques jours dans la prison Givon de Ramle en vue d’une possible expulsion. Aucune décision finale concernant n’avait été encore prise en la matière.

Alors que le tribunal se prononçait en faveur de la libération sous caution des familles, plusieurs dizaines de personnes manifestaient pour leur libération.

Jeudi, des centaines d’élèves, leurs enseignants et des parents ont manifesté devant la prison pour appeler à la libération de Gena Antigo, âgée de 13 ans, et Ralph Harel, âgé de 10 ans.

Ils auraient été placés en détention malgré un accord avec le ministère de l’Intérieur selon lequel les autorités de l’immigration ne cibleraient pas les enfants à l’école ou en chemin vers leur école.

Aucune audience n’a été organisé pour les enfants et leurs mères.

« Nous allons à l’école ensemble depuis des années, nous allons dans la maison l’une de l’autre, nous sommes comme des sœurs, a déclaré à Haaretz Sivan, la meilleure amie de Gena. J’ai peur qu’elle ne reste plus avec moi. Je ne sais pas pourquoi ils veulent l’expulser, c’est une fille géniale. Je vais manifester avec tous mes amis pour qu’ils la libèrent ».

Les arrestations sont intervenues dans le cadre d’une politique de répression de l’Autorité de l’Immigration et des Frontières sur les travailleurs étrangers qui restent dans le pays après la fin de leur visa de travail.

Plus tôt cette année, Israël a expulsé pour la première fois des enfants nés en Israël.

L’expulsion de travailleurs étrangers, consentie ou forcée, a été très critiquée en raison de l’impact que cela peut avoir sur les enfants qui sont nés dans le pays. Certains ont passé des années dans le système scolaire israélien.

Des travailleurs philippins et leurs enfants protestent contre leur expulsion imminente devant la résidence du Premier ministre à Jérusalem, le 11 juin 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

La réglementation stipule que les travailleuses étrangères qui tombent enceinte doivent envoyer leur bébé dans leur pays d’origine, afin de pouvoir faire renouveler leurs visas. Mais beaucoup ne le font pas et restent dans le pays illégalement, occupant des petits boulots afin de garantir une vie meilleure à leur enfant.

Environ 60 000 travailleurs étrangers – des femmes pour la plupart – sont actuellement employés en Israël, selon la Ligne rouge pour les travailleurs étrangers, une organisation de protection de leurs droits. La moitié des travailleurs sont des Philippins, 15 % viennent du Népal, 10 % viennent de l’Inde, du Sri Lanka et de la Moldavie. Le reste vient de différents pays d’Europe de l’Est.

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