Liban : arrestation d’une activiste anti-Hezbollah et opposante au pouvoir
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Liban : arrestation d’une activiste anti-Hezbollah et opposante au pouvoir

Les autorités libanaises l’accuseraient de collaboration avec Israël suite à un retweet du porte-parole de Tsahal ; un sit-in de soutien a été organisé

Kinda el-Khatib. (Crédit : Twitter)
Kinda el-Khatib. (Crédit : Twitter)

Kinda el-Khatib, activiste libanaise de 23 ans opposée au groupe terroriste chiite du Hezbollah et au président Michel Aoun, a été interpellée par la Sûreté générale jeudi, a rapporté le journal francophone libanais L’Orient-Le Jour.

Les autorités sécuritaires libanaises l’accuseraient de collaboration avec Israël. Elle a été arrêtée avec son frère, qui a depuis été libéré, et risquerait d’être conduite dans un tribunal militaire ce lundi.

« Kinda et son frère ont été arrêtés par la Sûreté générale à Beyrouth. On accuse Kinda de collaboration avec Israël, lors d’un voyage en Jordanie en 2019, mais tout cela est faux. C’était un voyage d’agrément avec son frère », a assuré un proche de la famille auprès de L’Orient-Le Jour.

Cette accusation serait liée à un message sur son compte Twitter qui compte 28 000 abonnés – un retweet du porte-parole arabophone de l’armée israélienne dans lequel il menaçait le Hezbollah.

Selon un militant, son compte aurait été piraté et elle pourrait donc ne pas être à l’origine de la republication du message.

« Il s’agit d’accusations hâtives. Attendons que la justice prenne son cours. Si la jeune femme a réellement collaboré avec l’État hébreu, il faut des preuves. Et si c’est par rapport à une critique adressée au chef de l’État, je pense qu’on en fait un peu trop », a affirmé Walid Baarini, député libanais.

Un autre militant hostile au pouvoir, Michel Chamoun, a également été arrêté jeudi, avant d’être relâché dans la soirée.

Kinda el-Khatib fait depuis son arrestation l’objet d’un important lynchage sur les réseaux sociaux par des partisans du Hezbollah, qui l’accusent de travailler pour Israël. D’autres internautes lui ont exprimé leur soutien et un sit-in a été organisé vendredi soir devant le Grand Serail, QG du Premier ministre Hassane Diab, à Beyrouth, pour réclamer sa libération. Les manifestants ont également coupé la circulation sur une large artère, à proximité d’une tente de contestation montée dans le quartier.

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