Liban : l’anti-terrorisme au menu d’une rencontre Trump-Hariri mardi
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Liban : l’anti-terrorisme au menu d’une rencontre Trump-Hariri mardi

L'ambassadrice américaine à l'ONU, Nikki Haley, a récemment dénoncé l'accumulation d'armes par le Hezbolllah

Saad Hariri, le 14 février 2013. (Crédit : capture d'écran Youtube/mtvlebanon)
Saad Hariri, le 14 février 2013. (Crédit : capture d'écran Youtube/mtvlebanon)

La lutte contre le terrorisme et le sort des réfugiés au Liban seront au coeur d’une rencontre mardi à la Maison Blanche entre le président Donald Trump et le Premier ministre Saad Hariri, a annoncé vendredi la présidence américaine.

« Les deux dirigeants parleront de sujets communs de préoccupation, notamment la lutte contre le terrorisme, l’économie et les réfugiés », a indiqué la Maison Blanche dans un bref communiqué.

Il s’agit pour Washington et Beyrouth de « consolider leur relation bilatérale et d’encourager d’autres partenaires internationaux et régionaux à soutenir le Liban, confronté à nombre de défis ».

La Maison Blanche ne mentionne pas le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, mais, mercredi, l’ambassadrice américaine à l’ONU Nikki Haley avait dénoncé l’accumulation d’armes par cette puissante organisation, que Washington considère comme un groupe terroriste.

« L’ambassadrice Haley a tiré la sonnette d’alarme concernant l’accumulation d’armements par le Hezbollah, une situation qui exige l’attention de la communauté internationale pour empêcher une escalade supplémentaire des tensions régionales », a indiqué une déclaration de la mission américaine.

Elle a également souligné que la communauté internationale devait « exercer davantage de pression sur le Hezbollah pour que le groupe se désarme et mette un terme à son comportement de déstabilisation, en particulier envers Israël ».

Et d’après des analystes, l’aide militaire des Etats-Unis au Liban sera également au menu des discussions entre MM. Trump et Hariri.

Nikki Haley, ambassadrice américaine aux Nations unies, à la Maison Blanche, le 24 avril 2017. (Crédit : Brendan Smialowski/AFP)
Nikki Haley, ambassadrice américaine aux Nations unies, à la Maison Blanche, le 24 avril 2017. (Crédit : Brendan Smialowski/AFP)

Les législateurs américains ont présenté jeudi une législation visant à renforcer les sanctions contre le groupe terroriste libanais du Hezbollah.

La proposition de loi, qui est un amendement aux sanctions déjà existantes, a été présentée par des démocrates et des républicains à la Chambre et au Sénat, a fait savoir l’agence de presse Reuters.

Cette nouvelle loi imposerait des sanctions aux banques et aux institutions qui travaillent avec l’organisation terroriste, et limiterait sa capacité à recruter et à collecter de l’argent.

Les sanctions réexaminées « interdiraient à ceux dont il s’avère qu’ils soutiennent le groupe, d’entrer aux Etats-Unis, exigeraient du président qu’il s’en rapporte au Congrès sur l’éventuelle facilitation des transactions des institutions financières iraniennes et imposeraient des sanctions de blocage au groupe pour ses activités criminelles », a fait savoir Reuters.

« Ces sanctions limiteront sérieusement le réseau financier et les activités criminelles transnationales du Hezbollah et réprimeront ses partisans, l’Iran plus particulièrement », a expliqué le président de la Commission des Affaires étrangères de la Chambre, le représentant Ed Royce, républicain de Californie et l’un des auteurs de la législation.

Mardi, l’armée israélienne a diffusé deux vidéos qui, selon elle, montraient les combattants du Hezbollah opérant dans le sud du Liban, ce qui est interdit sous les termes de la résolution de l’ONU qui avait mis fin à la guerre de 2006.

Selon les évaluations israéliennes, le Hezbollah a augmenté ses armements de manière significative depuis la guerre de 2006 et a modernisé son arsenal, détenant dorénavant plus de 100 000 missiles.

Le Hezbollah est une milice libanaise que les Etats-Unis considèrent comme un groupe terroriste et mandataire de l’Iran. Il a été fondé avec le soutien de l’Iran après l’invasion du Liban par Israël en 1982 et le Hezbollah et l’Iran aident dorénavant à appuyer le régime d’Assad en Libye, un pays encore déchiré par la guerre civile aujourd’hui.

« La Maison Blanche a clairement l’intention de réduire le budget en arguant que le programme d’aide militaire américaine au Liban, depuis 2006, n’a pas rempli l’objectif assigné : que les forces armées libanaises contrecarrent le Hezbollah », estime ainsi Joe Macaron, du cercle d’analyse Arab Center de Washington.

En outre, Washington et Beyrouth devraient parler du fardeau socio-économique provoqué par la présence d’un million de réfugiés syriens au Liban, soit un quart de la population de ce pays miné par des institutions très fragiles.

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