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Liban : Najib Mikati jure de récupérer les terres « occupées par Israël »

Le nouveau Premier ministre estime que les citoyens libanais ont le droit de s'opposer à "l'occupation israélienne" et de répondre à "ses attaques"

Le Premier ministre libanais Najib Makiti pendant une session du parlement confirmant le nouveau gouvernement dans un théâtre de Beyrouth connu sous le nom de Palais de l'UNESCO, le 20 septembre 2021. (Crédit : AP/Bilal Hussein)
Le Premier ministre libanais Najib Makiti pendant une session du parlement confirmant le nouveau gouvernement dans un théâtre de Beyrouth connu sous le nom de Palais de l'UNESCO, le 20 septembre 2021. (Crédit : AP/Bilal Hussein)

Le Premier ministre libanais Najib Mikati a juré, lundi, de récupérer les territoires qui, selon lui, sont « occupés par Israël », avertissant que son pays avait le droit de riposter à toute agression.

Les députés libanais se sont réunis, lundi, lors de la confirmation du nouveau gouvernement. Une panne d’électricité et un groupe électrogène défaillant avaient retardé l’ouverture de cette session du Parlement.

Pendant la session, Mikati a déclaré que « les citoyens libanais ont le droit de s’opposer à l’occupation israélienne et de riposter à ses attaques », a fait savoir la chaîne publique Kan.

Mikati a promis que son gouvernement continuerait à œuvrer à « libérer » les territoires qui, selon lui, sont occupés par Israël, a noté le reportage.

Les Fermes de Sheba – connues en hébreu sous le nom de mont Dov – sont une parcelle de terre qui avait été capturée par Israël à la Syrie en 1967. Le Liban maintient que cette bande de terre fait partie intégrante de son territoire, même si elle avait été placée sous contrôle syrien depuis le début des années 1950 – avant sa capture et son annexion en tant que partie du plateau du Golan par l’État juif, en 1981.

Ni Israël, ni la Syrie, ni les Nations unies ne considèrent le mont Dov comme un territoire libanais.

En même temps, Mikati a expliqué que son nouveau gouvernement soutenait la FINUL, la force de maintien de la paix des Nations unies qui est présente au sud du Liban. Il a ajouté qu’il lui demanderait de « mettre un terme à l’invasion israélienne et aux violations par Israël de la souveraineté libanaise – sur terre, sur la mer et dans les airs ».

Une patrouille de la FINUL à la frontière israélo-libanaise. Illustration. (Crédit : Hamad Almakt/Flash90)

Mikati a précisé qu’il souhaitait la reprise des négociations indirectes avec Israël concernant les conflits maritimes qui opposent les deux pays, des pourparlers où les États-Unis tiennent un rôle de médiation.

Les discussions avaient commencé au mois d’octobre mais elles avaient cessé quelques semaines plus tard, reprenant pour la dernière fois au mois de mai. Au cours de cette pause, le Liban a fait part de revendications maritimes plus agressives.

Ce petit pays méditerranéen, en proie à une crise financière majeure, veut pouvoir résoudre le conflit frontalier avec l’État juif, ce qui ouvrirait la voie à des accords pétroliers et gaziers potentiellement lucratifs.

La semaine dernière, Mikati a promis de prendre le contrôle de cet effondrement économique – l’un des pires connus au niveau mondial – et il a déclaré qu’il était prêt à coopérer avec tous les pays, à l’exception d’Israël.

Mikati, l’un des hommes les plus riches du pays, a déclaré le 10 septembre qu’il reconnaissait la douleur des mères libanaises qui ne peuvent nourrir leurs enfants ou trouver de l’aspirine pour soulager leurs maux, ainsi que celle des étudiants dont les parents n’ont plus les moyens de les envoyer à l’école.

« La situation est difficile mais pas impossible à gérer si nous coopérons », avait déclaré Mikati aux journalistes au palais présidentiel.

Interrogé au cours d’une conférence de presse sur sa volonté de coopérer avec la Syrie pour faire face à la crise économique, Mikati avait répondu que le gouvernement « traitera avec n’importe qui dans l’intérêt du Liban, à l’exception d’Israël, bien sûr ».

Les remarques de Mikati reflètent celles du porte-parole des talibans, Suhail Shaheen, qui a déclaré au début de la semaine à la chaîne russe Sputnik que le groupe islamiste radical qui a pris le contrôle de l’Afghanistan est prêt à nouer des relations avec tout pays intéressé, y compris les États-Unis. « Oui, bien sûr, dans un nouveau chapitre, si l’Amérique veut avoir une relation avec nous, ce qui pourrait être dans l’intérêt des deux pays et des deux peuples, et s’ils veulent participer à la reconstruction de l’Afghanistan, ils sont les bienvenus », a déclaré Shaheen. « Bien sûr, nous n’aurons aucune relation avec Israël. Nous voulons avoir des relations avec d’autres pays, Israël ne fait pas partie de ces pays », a déclaré Shaheen.

« J’espère que nous pourrons répondre aux aspirations des gens et au moins arrêter l’effondrement », avait encore ajouté Mikati, précisant que le gouvernement allait lancer un plan de sauvetage pour le pays.

Salem Zahran, journaliste et analyste politique libanais, a déclaré qu’un nouveau gouvernement apportait une « dose d’oxygène » aux Libanais dont la vie a été bouleversée par la crise. « Un choc positif s’est produit, mais nous devons voir comment le gouvernement va travailler, et comment il va négocier avec le FMI », a déclaré Zahran.

Alain Aoun, député représentant le plus grand bloc chrétien proche du président libanais, a déclaré que la pression internationale et les « signaux » des Américains et des Iraniens indiquant qu’ils n’ont aucune condition ou réserve sur la forme du gouvernement ont accéléré la conclusion d’un accord entre les parties rivales internes.

« Le message américain poussait vraiment en avant pour que le gouvernement soit formé », a-t-il dit, alors que le même message est venu du président iranien lors d’un appel téléphonique avec le président français Emmanuel Macron.

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