Liban : Paris exhorte le nouveau gouvernement à prendre des « mesures d’urgence »
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Liban : Paris exhorte le nouveau gouvernement à prendre des « mesures d’urgence »

Le président Emmanuel Macron a déclaré mercredi que la France ferait "tout" pour "aider" le Liban

Le président libanais Michel Aoun, à gauche, reçu par son homologue français Emmanuel Macron à l'Elysée, à Paris, le 25 septembre 2017. (Crédit : Michel Euler/Pool/AFP)
Le président libanais Michel Aoun, à gauche, reçu par son homologue français Emmanuel Macron à l'Elysée, à Paris, le 25 septembre 2017. (Crédit : Michel Euler/Pool/AFP)

La France a exhorté jeudi le nouveau Premier ministre libanais Hassan Diab à prendre « les mesures d’urgence à même de rétablir la confiance » au Liban où la rue ne décolère pas contre les élites politiques en place.

« La situation difficile que connaît le Liban exige que son nouveau gouvernement prenne en priorité les mesures d’urgence à même de rétablir la confiance », a déclaré la porte-parole du ministère français des Affaires étrangères dans un communiqué.

« Le temps est venu pour l’ensemble des responsables libanais d’agir de manière collective et dans l’intérêt général de tous les Libanais », a souligné Agnès von der Mühll.

Après plusieurs semaines de crise politique, le Liban s’est finalement doté mardi d’un nouveau gouvernement qui a la lourde tâche de relancer une économie en chute libre et de convaincre des manifestants hostiles à la classe politique.

Le président libanais Michel Aoun, au centre, rencontre le nouveau Premier ministre libanais, Hassan Diab, à droite, et le président du Parlement, Nabih Berri, à gauche, au palais présidentiel de Baabda, à l’est de Beyrouth, au Liban, le 19 décembre 2019. (Crédit : AP Photo/Hussein Malla)

Mais pour les manifestants mobilisés depuis le 17 octobre, les nouveaux ministres sont des personnalités affiliées à cette classe politique qu’ils accusent de corruption et d’incompétence. Des heurts avec la police antiémeutes ont fait 22 blessés mercredi à Beyrouth.

Le gouvernement a été formé par un seul camp politique, celui du puissant mouvement armé du Hezbollah pro-iranien et de ses alliés, majoritaires au Parlement, dont la formation Amal et le Courant patriotique libre fondé par le président Michel Aoun.

Des manifestants antigouvernementaux s’affrontent avec la police anti-émeute, lors d’une manifestation près de la place du Parlement, au centre de Beyrouth, au Liban, le 15 décembre 2019. (Crédit : AP Photo/Hussein Malla)

Le président Emmanuel Macron a déclaré mercredi que la France ferait « tout » pour « aider » le Liban. Il a aussi souligné qu’il resterait « vigilant » sur des « activités terroristes » à partir de ce pays qui menaceraient non seulement les Libanais, mais Israël, pays voisin en conflit avec le mouvement chiite libanais Hezbollah.

Le secrétaire d’Etat américain, Mike Pompeo, a aussi exhorté mercredi le nouveau gouvernement à réaliser des réformes « tangibles » pour « rétablir la confiance des investisseurs et débloquer l’aide internationale au Liban ».

Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo s’exprime au département d’Etat de Washington, le 11 décembre 2019 (Crédit : AP Photo/Alex Brandon)

Au cours d’une réunion en décembre à Paris, les principaux soutiens internationaux du Liban ont lié toute aide financière à ce pays à la mise en place d’un gouvernement « efficace et crédible », qui engage rapidement des réformes « d’urgence ».

« Comme l’ont souligné les partenaires du Liban lors de la réunion du Groupe international de soutien (GIS) à Paris le 11 décembre 2019, des réformes profondes et ambitieuses seront nécessaires, notamment en matière de transparence de l’économie, de soutenabilité économique et financière, de lutte contre la corruption et d’indépendance de la justice », a rappelé la porte-parole de la diplomatie française.

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