Libération d’une Israélienne ayant contribué au meurtre de son mari violent
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Libération d’une Israélienne ayant contribué au meurtre de son mari violent

Après 22 ans derrière les barreaux, Simona Mori a pu bénéficier d'une libération anticipée après une modification de l'échelle de peines pour les victimes de violences domestiques

Simona Mori (centre) à sa sortie de la prison de Neve Tirza à Ramle, le 25 septembre 2019. (Avshalom Shoshoni/Flash90)
Simona Mori (centre) à sa sortie de la prison de Neve Tirza à Ramle, le 25 septembre 2019. (Avshalom Shoshoni/Flash90)

Mercredi, une Israélienne condamnée à la prison à vie pour avoir contribué au meurtre de son mari violent, a bénéficié d’une libération anticipée, après 22 ans passés derrière les barreaux.

Le Comité de libération anticipée de l’Administration pénitentiaire israélienne a autorisé la libération de Simona Mori, âgée de 53 ans, sur la recommandation du Bureau du procureur de l’Etat, qui a évoqué des « circonstances spéciales » entourant l’affaire.

Elle a ainsi quitté la prison pour femmes de Neve Tirza à Ramle mercredi après-midi, a annoncé la chaîne publique Kan.

« Nous sommes si contents, nous pleurons tous », a déclaré sa fille, Bat El Mori, à des médias israéliens après l’annonce de la décision. « Je ne pense pas que je pourrais y croire tant que je ne pourrai pas la regarder dans les yeux ».

« En tant que personne ayant grandi avec un père psychopathe et une mère qui a tout fait pour nous protéger de lui, je peux vous dire que personne ne devrait avoir à subir ce que ma mère a vécu », a ajouté Bat El Mori à la chaîne d’information Kan.

« Chaque jour où il ne l’a pas tuée était un vrai miracle, a-t-elle dit. Quand mon père est mort, je n’étais pas triste, je n’ai même pas pleuré ».

Simona Mori a été condamnée à la prison à vie pour avoir aidé son amant à assassiner son mari, Shalom Rehavi, en novembre 1996.

Lors de son procès, ses avocats avaient expliqué au tribunal qu’elle avait rencontré son mari alcoolique quand il était adolescent. Elle avait supporté des années de violence avant qu’elle et son amant, un homme appelé John Valancia, décident de le tuer.

Lors du procès, elle avait admis qu’elle avait procuré le couteau à son amant. Elle avait ensuite attiré son mari dans la cave de l’appartement de Jaffa où John Valencia l’attendait. Ce dernier l’a ensuite poignardé à 14 reprises sous les yeux de Simona Mori.

Une femme détenue à la prison de Neveh Tirza à Ramle. (Crédit: Moshe Shai/Flash90)

Les deux amants ont été reconnus coupables d’avoir prémédité le meurtre de Shalom Rehavi et condamnés à la prison à vie. Ils avaient fait appel de leur condamnation en 2001, mais leur demande avait été rejetée.

En 2019, de nouvelles directives sont entrées en vigueur, redéfinissant l’échelle des peines pour les condamnés dans des circonstances spéciales. Elles recommandaient une peine de 15 ans de prison pour les meurtres commis en réaction directe à des violences domestiques et « violences mentales et émotionnelles graves ».

Les nouvelles directives s’appliquaient rétroactivement aux détenus ayant été condamnés au crime moins grave d’homicide (contrairement au meurtre) qui ne s’appliquait pas à l’origine à Simona Mori.

L’année dernière, cette dernière a entamé un programme de réinsertion afin d’améliorer son dossier en vue d’une libération anticipée. Elle a obtenu un emploi dans la cuisine d’un restaurant de Rishon Lezion, plusieurs jours par semaine.

En avril, elle a alors déposé une demande pour une libération anticipée avec le soutien du Comité pour la prévention des violences domestiques, du ministère des Affaires sociales et de l’Autorité de réinsertion des prisonniers. Sa demande a cependant été refusée à cause d’une infraction au règlement de la prison. (Plus tôt cette semaine-là, elle avait acheté une carte sim pour une autre détenue de Neveh Tirza)

Mercredi, cette décision a néanmoins été revue, des procureurs ont indiqué réévaluer le dossier, prenant particulièrement en compte les recommandations des travailleurs sociaux et des autorités pénitentiaires. Ils ont attesté que Simona Mori avait achevé sa réinsertion et que ces chances de récidives étaient faibles.

Dalal Daoud, droite, après sa sortie de prison à Ramle, le 20 juin 2019. (Flash90)

Plus tôt cette année, le Comité de libération anticipée de l’Administration pénitentiaire a accordé une libération anticipée à Dalal Daoud, une femme ayant passé 18 ans à Neve Tirza pour le meurtre de son mari violent.

Le président Reuven Rivlin a commué sa peine de prison à vie en 2017. Pourtant, plus tard dans l’année, le comité a rejeté sa demande de libération anticipée, affirmant qu’elle devait fournir plus d’efforts pour se réinsérer.

En juin de cette année, après avoir suivi des programmes de réinsertion et obtenu le soutien du Bureau du Procureur de l’Etat et du Comité pour la prévention des violences domestiques, la demande de libération de Dalal Daoud a été approuvée par le comité.

Des militants de la lutte contre les violences domestiques faisaient pression depuis longtemps pour la libération des deux détenues, affirmant que les femmes étaient des victimes de violences physiques et mentales de la part de leur mari et qu’elles avaient reçu peu, voire aucun, soutien de la part des services sociaux.

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