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Liberman a demandé une injonction pour forcer les enseignants à retourner au travail

Les pourparlers, qui visent à éviter une grève du syndicat des enseignants israéliens au début de l'année scolaire à venir jeudi, sont dans l'impasse depuis des mois

Capture d'écran d'une vidéo du ministre des Finances Avigdor Liberman lors de l'ouverture d'une réunion du comité socio-économique ministériel, le 15 février 2022. (Crédit: YouTube)
Capture d'écran d'une vidéo du ministre des Finances Avigdor Liberman lors de l'ouverture d'une réunion du comité socio-économique ministériel, le 15 février 2022. (Crédit: YouTube)

Le ministre des Finances, Avigdor Liberman, a déclaré dimanche à la presse que son ministère avait demandé au bureau du procureur général une injonction qui obligerait les enseignants à reprendre le travail à la rentrée qui est prévue ce jeudi.

Les pourparlers, qui visent à éviter une grève du syndicat des enseignants israéliens au début de l’année scolaire à venir jeudi, sont dans l’impasse depuis des mois.

« Nous avons été contraints de contacter le parquet et de demander une injonction pour que l’année scolaire commence sans perturbation », a déclaré Liberman, ajoutant espérer que le ministère de l’Éducation rejoigne le Trésor dans sa demande.

La ministre de l’Éducation Yifat Shasha-Biton a de son côté condamné le comportement de Liberman, arguant que la demande de ce dernier d’une injonction forçant les enseignants à reprendre le travail pendant les négociations en cours indique qu’il n’est pas intéressé à parvenir à un compromis.

« Ceux qui demandent une injonction, au moment où des équipes de tous bords se réunissent pour négocier des accords qui conduiront à une rentrée scolaire ordonnée, prouvent qu’ils ne sont pas intéressés à trouver un accord et ne sont pas investis dans l’avenir du système d’éducation et l’avenir des enfants », dit-elle.

« Il s’agit d’une crise nationale », a déploré Shasha-Biton. « Il est temps de convoquer le gouvernement pour le résoudre. »

Le Premier ministre Yair Lapid a pour sa part rencontré Liberman et lui aurait demandé de donner une chance aux négociations en cours avec le syndicat des enseignants d’Israël plutôt que de réclamer une injonction forçant le personnel de l’éducation à reprendre le travail alors que l’année scolaire commence plus tard cette semaine.

Liberman aurait dit qu’il avait été « obligé » de demander l’injonction, après que le ministère de l’Éducation « a choisi de ne pas en demander une en raison de ses propres considérations ».

Alors que les écoles devraient ouvrir plus tard cette semaine, les dirigeants politiques ont joué un rôle actif dans la question, Lapid ayant eu des entretiens la semaine dernière avec Liberman, Shasha-Biton, la cheffe du syndicat des enseignants israéliens Yaffa Ben David et l’Association nationale des parents présidée par Merom Shiff dans le but de trouver une solution à la crise qui dure déjà depuis des mois.

Les négociations pour un nouvel accord seraient bloquées en raison d’une demande du syndicat. Celui-ci veut que les augmentations de salaire en fonction du rang et de l’ancienneté reste en place, au lieu d’un système qui transférerait certaines de ces augmentations aux nouveaux enseignants et à ceux qui excellent dans leur travail.

Le ministère des Finances propose que les nouveaux enseignants reçoivent une augmentation de 35 %, tandis que les enseignants avec de l’expérience ne recevraient qu’une augmentation de 3 %.

Le projet de Liberman comprend également une hausse du nombre de jours de travail pour les enseignants, ceci dans le but d’aider les parents qui travaillent. Il souhaite également offrir plus de flexibilité aux directeurs d’école en leur permettant d’offrir des augmentations aux bons enseignants afin d’encourager l’excellence au sein de la profession.

« Le syndicat des enseignants met l’accent sur l’ancienneté, et au ministère des Finances, l’accent est mis sur l’excellence », a déclaré Liberman la semaine dernière.

Le syndicat, qui représente les responsables des garderies et les enseignants des maternelles et des écoles élémentaires, a rejeté toutes les propositions, accusant à un moment donné le ministère de « manipuler les chiffres » en sa faveur et d’aggraver la crise. Avec le ministère de l’Éducation, il a averti que le plan salarial entraînerait un exode massif d’enseignants d’ici cinq à six ans.

Des enseignants israéliens manifestent, exigeant de meilleurs salaires et conditions de travail, lors d’une conférence de presse du ministre des Finances Avigdor Liberman au ministère des Finances à Jérusalem, le 17 août 2022. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Liberman a publiquement critiqué l’intervention du Premier ministre dans cette crise, suggérant que cela était de nature politique – des élections sont prévues pour le 1er novembre et les parents ne pouvant envoyer leurs enfants à l’école pourraient exprimer leurs frustrations dans les urnes –, et affirmant que les politiciens devraient « laisser la gestion des négociations aux seuls rangs professionnels ».

« J’ai précisé lors d’une réunion avec le Premier ministre et la ministre de l’Éducation que seule la personne en charge des salaires au ministère des Finances était celle qui gérait les négociations sur les accords salariaux », a-t-il déclaré dans un communiqué la semaine dernière.

Le gouvernement a une marge de manœuvre limitée dans ce qu’il peut offrir aux enseignants. En tant que gouvernement intérimaire, le procureur général a plafonné ce que le ministère des Finances peut offrir aux enseignants à 4 milliards de shekels à l’approche des élections.

Ben David, quant à elle, a mis en garde contre le « chaos » qui menace le 1er septembre si les pourparlers venaient à échouer.

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